Les règles de visa en Thaïlande changent régulièrement et il est parfois difficile de s’y retrouver entre exemption de visa, prolongations, formulaires numériques et nouveaux dispositifs. Cette page fait le point, de manière aussi claire que possible, sur les conditions d’entrée en Thaïlande pour un séjour touristique, mais aussi sur les principaux visas de long séjour (retraite, DTV, études, famille…).
Les informations ci-dessous sont mises à jour en 2026. Elles s’adressent avant tout aux voyageurs francophones qui prévoient un séjour touristique ou un long séjour en Thaïlande, sans entrer dans les cas très spécifiques ou professionnels complexes.
1. Ai-je besoin d’un visa pour voyager en Thaïlande ?
Pour un voyage purement touristique, la question se résume le plus souvent à :
- Votre nationalité est-elle éligible à l’exemption de visa ?
- Combien de temps souhaitez-vous rester sur place ?
Si vous êtes Français, Belge, Suisse, Luxembourgeois ou Canadien (entre autres), vous bénéficiez d’une exemption de visa de 30 jours pour les arrivées à compter du 15 septembre 2026, contre 60 jours auparavant. À l’arrivée, l’immigration appose simplement un tampon avec une date limite de séjour (jour d’arrivée inclus). Vous n’avez pas de visa collé dans le passeport, mais vous êtes légalement autorisé à rester en Thaïlande pendant cette durée.
Cette exemption est destinée aux séjours touristiques de courte durée. Elle ne permet pas de travailler, d’étudier, ni de résider en Thaïlande à long terme. Si vous rentrez dans un autre cas (retraite, télétravail, études, famille…), il faut un visa adapté, dont on reparle plus bas.
Pour les nationalités qui ne sont pas éligibles à cette exemption, il existe d’autres dispositifs (visa touristique classique, visa à l’arrivée, etc.). Dans ce cas, une demande préalable sera nécessaire auprès de l’ambassade ou via la plateforme de e-visa.
2. TDAC : la carte d’arrivée numérique (obligatoire)
Le papier bleu TM6 à remplir dans l’avion ou à l’aéroport appartient au passé. Il a été remplacé par le TDAC (Thailand Digital Arrival Card), un formulaire d’arrivée 100 % numérique.
2.1 Qui doit remplir le TDAC ?
- Tous les voyageurs étrangers non thaïlandais qui entrent en Thaïlande, par avion, par voie terrestre ou maritime.
- Sauf quelques exceptions : personnes en simple transit sans passer l’immigration, ou certains passages de frontière avec Border Pass locaux.
2.2 Quand et comment remplir le TDAC ?
- Le TDAC se remplit en ligne, via le site officiel des autorités thaïlandaises.
- Vous devez le remplir dans les trois jours précédant votre arrivée en Thaïlande. Faites-le avant votre départ pour éviter une démarche supplémentaire pendant le voyage.
- Un nouveau TDAC est nécessaire à chaque entrée, même si vous ne quittez la Thaïlande que quelques jours pour visiter un pays voisin.
- On vous demandera notamment : vos informations de passeport, vos dates de voyage, votre premier lieu d’hébergement en Thaïlande et quelques questions de santé / sécurité.
Concrètement, le TDAC remplace la TM6 : vos informations d’entrée sont désormais déjà connues à l’arrivée, ce qui permet à l’immigration de croiser les données avec d’autres systèmes (contrôle des séjours répétés, sécurité, santé publique, etc.).
3. Séjours de moins de 30 jours : le cas le plus simple
Si vous faites partie des nationalités éligibles et que votre séjour ne dépasse pas 30 jours, c’est le cas le plus simple :
- Vous remplissez le TDAC avant le départ.
- Vous arrivez avec un passeport valide et un billet de sortie de Thaïlande dans les 30 jours.
- À l’arrivée, l’immigration vous appose un tampon d’exemption de visa 30 jours.
En pratique, beaucoup de voyageurs en tour du monde ou en itinérance en Asie arrivent d’abord en Thaïlande puis repartent vers un pays voisin par voie terrestre.
Si c’est votre cas, vérifiez auprès de votre compagnie aérienne les justificatifs acceptés avant le départ. Un billet de bus ou de train international n’est pas accepté partout : certaines consignes exigent un billet d’avion de sortie.
4. Prolonger son séjour : l’extension de 30 jours
Si 30 jours ne vous suffisent pas, vous pouvez demander une prolongation de 30 jours sur place, pour atteindre un total de 60 jours consécutifs dans le pays. Son accord reste à la discrétion de l’immigration.
4.1 Où et comment faire l’extension ?
La prolongation se demande auprès d’un bureau de l’immigration. On en trouve dans la plupart des grandes villes et zones touristiques (Bangkok, Chiang Mai, Phuket, Krabi, Pattaya, etc.).
En résumé :
- Formulaire TM7 dûment rempli.
- Photo d’identité (format 4×6 cm, souvent possible sur place).
- Passeport + photocopie de la page principale et du tampon d’entrée.
- Frais de dossier de 1 900 THB, en espèces.
Il existe désormais un système d’e-Extension, permettant de déposer le dossier en ligne (via une plateforme officielle), puis de se rendre au bureau uniquement pour la prise du tampon. Cela ne dispense pas du passage à l’immigration, mais permet de réduire le temps passé sur place.
4.2 Les nouvelles limites sur les extensions
Dans le contexte actuel de durcissement des contrôles, les autorités thaïlandaises rappellent qu’une extension reste une faveur et qu’il n’est plus vraiment possible de “chaîner” plusieurs prolongations pour rester de longs mois en simple statut touristique. Attendez-vous donc à une lecture plus stricte des règles, surtout si vous avez déjà un historique de séjours répétés ou d’extensions successives.
Pour un voyageur qui vient une fois, ou même de façon occasionnelle, une prolongation de 30 jours sur une exemption standard reste toutefois un cas courant et accepté.
4.3 Prévoir un visa touristique TR avant le départ
Si vous savez déjà que votre voyage dépassera 30 jours, vous pouvez demander un visa touristique TR à entrée unique avant de partir. Il permet de séjourner 60 jours à compter de votre arrivée, avec une prolongation possible de 30 jours auprès de l’immigration, pour 1 900 THB.
Pour une demande auprès de l’ambassade de Thaïlande à Paris, les frais sont de 35 € et le délai annoncé est d’environ quatre semaines, parfois davantage si le dossier est incomplet. La démarche s’effectue en ligne sur le site officiel Thai e-Visa.
Pour un voyage de 45 ou 60 jours, cela évite de devoir demander une prolongation sur place. Pour un séjour de 75 à 90 jours, il faudra en revanche prévoir cette démarche avant l’expiration des 60 jours accordés à l’arrivée.
Consultez les conditions et documents demandés par l’ambassade à Paris avant de déposer votre demande.
5. Visa runs et multi-séjours : ce qui change en 2026
Pendant longtemps, de nombreux voyageurs utilisaient les visa runs : sortir du pays pour y revenir dans la foulée, afin de déclencher une nouvelle exemption de visa. Dans un cadre purement tourisme et ponctuel (par exemple, une boucle en Asie du Sud-Est), cela reste possible. En revanche, les autorités ont très clairement décidé de resserrer la vis pour les entrées répétées sans motif clair.
5.1 Entrées terrestres et maritimes
La limite de deux entrées par année civile par voie terrestre ou maritime reste mentionnée dans les consignes de plusieurs ambassades pour les voyageurs bénéficiant de l’exemption de visa, dont les Français, Belges, Suisses et Canadiens. Elle ne garantit toutefois pas l’admission : les conditions d’entrée et l’historique des séjours restent examinés à chaque passage.
5.2 Multi-séjours « classiques »
Une arrivée en Thaïlande, suivie d’un séjour au Laos puis d’un retour à Bangkok pour prendre son vol international, correspond à un itinéraire touristique courant. Gardez vos réservations et billets à portée de main pour pouvoir expliquer votre parcours si nécessaire. Chaque retour reste soumis aux conditions d’entrée applicables et à l’appréciation de l’immigration.
6. Cas particuliers : nationalités non exemptées et séjours au-delà de 90 jours
Si votre nationalité n’est pas éligible à l’exemption de visa de 30 jours, ou si vous savez que vous aurez besoin de plus de 90 jours consécutifs en Thaïlande, il faudra vous tourner vers un ou plusieurs visas spécifiques.
Pour les nationalités non exemptées, les options les plus fréquentes sont :
- le visa touristique demandé en amont (e-visa ou via l’ambassade) pour un séjour déterminé ;
- le visa à l’arrivée pour certaines nationalités, avec des conditions spécifiques (durée souvent plus courte que l’exemption).
Dès que l’on sort du schéma “séjour touristique court”, il est en général plus pertinent de regarder la catégorie de visas adaptés à votre projet : retraite, télétravail / DTV, études, famille, travail, etc.
7. Les principaux visas de long séjour en Thaïlande
La liste des visas possibles est longue. Plutôt que de faire un catalogue indigeste, voici un tour d’horizon des cas les plus courants, pour vous aider à identifier vers quel type de visa vous tourner. Pour chaque dossier, il faudra ensuite consulter les exigences précises sur le site de l’ambassade dont vous dépendez, car les détails (documents, preuves financières) peuvent varier.
7.1 Visa Retraite (Non-Immigrant O / O-A)
Destiné aux personnes de 50 ans et plus qui souhaitent vivre en Thaïlande sans travailler. On trouve principalement :
- Non-Immigrant O (Retirement) : souvent délivré pour 90 jours au départ, puis prolongeable sur place en séjour d’un an renouvelable, sous conditions.
- Non-Immigrant O-A (Long Stay) : visa de retraite d’un an, parfois délivré directement en ambassade, avec exigences renforcées (notamment en assurance santé).
Les grandes lignes communes :
- avoir au moins 50 ans ;
- justifier d’un niveau de ressources minimum (par exemple : ~800 000 THB sur un compte ou un mix revenus / épargne, selon le type de visa) ;
- fournir divers justificatifs (relevés bancaires, extraits de casier, certificats médicaux selon les cas) ;
- pour le O-A, une assurance santé avec un montant de couverture minimal est demandée.
Il existe également d’autres dispositifs liés à la retraite ou au long séjour (comme certains visas “long stay” sur 10 ans) qui répondent à des conditions financières plus élevées. Ils s’adressent à un public assez spécifique.
7.2 Visa DTV (Destination Thailand Visa)
Le Destination Thailand Visa (DTV) s’adresse notamment aux travailleurs à distance et aux freelances, ainsi qu’aux personnes participant à certaines activités en Thaïlande : cours de Muay Thai, cours de cuisine ou soins médicaux, par exemple. Le conjoint et les enfants de moins de 20 ans peuvent également être éligibles.
Les principaux points à retenir :
- Visa à entrées multiples valable 5 ans.
- 180 jours maximum par entrée, avec une prolongation possible une fois sur place auprès de l’immigration.
- Des justificatifs financiers et des documents correspondant au motif du séjour sont nécessaires.
- Pour le télétravail, il concerne une activité exercée à distance pour des employeurs ou clients hors de Thaïlande. Il ne permet pas de prendre un emploi local.
Pour une demande auprès de l’ambassade de Thaïlande à Paris, les pièces actuellement demandées comprennent notamment un solde bancaire disponible d’au moins 15 000 € sur chacun des trois derniers mois, un casier judiciaire vierge datant de moins de trois mois et les justificatifs de votre activité ou du motif de séjour. Il s’agit d’une somme disponible sur le compte, pas d’un revenu mensuel de 15 000 €.
Les exigences peuvent varier selon l’ambassade compétente. Consultez la liste officielle des documents pour une demande à Paris avant de constituer votre dossier.
7.3 Visa Éducation (ED)
Le visa ED s’adresse aux personnes qui viennent en Thaïlande pour étudier (par exemple, apprendre le thaï dans une école reconnue, suivre des études universitaires, etc.).
En théorie, il permet de rester sur de longues périodes en renouvelant régulièrement votre statut. En pratique, il est de plus en plus encadré : les autorités traquent les “fausses écoles” ou les dossiers purement administratifs sans cours suivis. Il est donc important de passer par des institutions sérieuses, sous peine de voir le visa refusé ou non renouvelé.
7.4 Visa O (famille, conjoint, etc.)
Le visa Non-Immigrant O couvre plusieurs situations familiales : conjoint de ressortissant thaïlandais, regroupement familial, certaines situations de dépendance, etc.
Il permet en général d’obtenir un séjour plus long qu’un simple statut touristique, avec possibilité de renouvellement. Là encore, les preuves à fournir (mariage, liens familiaux, moyens financiers) sont examinées de manière stricte.
7.5 Visa B (travail)
Le visa Non-Immigrant B est le visa “classique” pour travailler légalement en Thaïlande. Il doit être préparé avec votre employeur, qui fournit une partie des documents nécessaires. Il est couplé au Work Permit, l’autorisation de travail, sans laquelle l’activité professionnelle reste illégale.
Si votre projet est de venir travailler en Thaïlande, c’est à ce type de visa (ou à des variantes plus récentes de visa long séjour pour investisseurs, cadres, etc.) qu’il faut vous intéresser, jamais à une simple exemption de visa ou à des visa runs.
7.6 Re-entry permit
Pour les visas de long séjour (retraite, travail, famille…), une sortie du territoire peut annuler votre statut si rien n’a été prévu. C’est là qu’intervient le re-entry permit (autorisation de retour).
- Il permet de sortir de Thaïlande sans perdre votre visa de long séjour.
- On le demande soit en bureau d’immigration, soit parfois directement dans certains aéroports internationaux.
- Il peut être délivré pour une entrée simple ou pour entrées multiples, avec des frais variables.
Si vous avez un visa retraite, travail ou autre long séjour et que vous prévoyez des allers-retours, pensez à vérifier ce point avant de quitter le pays.
8. Obtenir facilement son visa : passer par une agence spécialisée ?
Entre les plateformes en ligne, les formulaires à remplir, les scans de documents et les règles qui évoluent, beaucoup de voyageurs préfèrent déléguer les démarches à une agence habituée aux dossiers de visas thaïlandais.
Concrètement, une bonne agence va :
- vérifier votre situation et vous orienter vers le visa adapté (quand un visa est nécessaire) ;
- vous aider à rassembler et vérifier les pièces demandées ;
- suivre la procédure en ligne sur les plateformes officielles ;
- vous éviter les allers-retours inutiles en cas de dossier incomplet ou mal formaté.
Si vous n’avez pas envie de vous plonger dans les subtilités des visas, c’est une solution confortable, à condition de choisir un intermédiaire sérieux, qui travaille bien avec les services officiels.
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