Lors de notre premier séjour à Hong Kong, nous avons consacré une journée à l’île de Lantau. Notre programme combinait deux visites très différentes : le grand Bouddha de Tian Tan et le monastère de Po Lin à Ngong Ping, puis le village de pêcheurs de Tai O et ses maisons sur pilotis.
Ces deux étapes peuvent se combiner dans la même journée. Voici notre parcours, avec les informations pratiques actualisées pour organiser le vôtre.
Le grand Bouddha de Tian Tan (Big Buddha)
Du haut de ses 26,4 m (34 m avec le socle de trois étages), l’imposante statue de Tian Tan a changé la vie du monastère de Po Lin, situé juste à côté. Les travaux ont demandé douze ans : la dernière pièce a été posée en 1989, avant l’inauguration officielle en 1993. Le tranquille monastère implanté au milieu de la forêt est alors devenu une attraction incontournable.
Composée de 202 pièces de bronze assemblées, la statue pèse 250 tonnes. Elle est orientée vers le nord, en direction de la Chine continentale. Son visage s’inspire du Bouddha Vairocana des grottes de Longmen, tandis que ses vêtements reprennent les lignes d’une représentation de Bouddha des grottes de Dunhuang.
Pour nous y rendre, on voulait faire au plus simple. On a donc pris le métro de la ligne Tung Chung (ligne orange) jusqu’à son terminus pour ensuite prendre le téléphérique. Malheureusement, ça tombait en période de maintenance, donc exit le téléphérique…
Du coup, on était un peu comme des cons sans savoir où aller. Là encore, voulant faire au plus simple, on a finalement pris un taxi pour faire les 22 km restants. Le comble, c’est qu’au final, cela nous revenait moins cher que deux billets de téléphérique.
Le bus 23 permet aussi de rejoindre Ngong Ping depuis Tung Chung en environ 45 minutes.
On arrive directement au pied de la porte en pierre indiquant l’entrée du complexe du monastère, où se trouve donc le grand Bouddha. L’avantage, c’est qu’on est en semaine, donc il y a quand même moins de monde que le week-end.
Des statues en bronze bordent l’allée menant à la place au pied du Bouddha. Il y en a douze, comme les signes du zodiaque chinois. Leur rôle est de protéger les lieux. Comme, dans l’absolu, c’est à « surveiller » 24 h/24 et qu’elles sont douze, je vous laisse faire le calcul : chaque statue se doit de protéger le site deux heures par jour !

Petite surprise aussi, des vaches en liberté traînent là sans trop savoir pourquoi, et manifestement, elles s’accommodent très bien du passage des touristes, nombreux en ces lieux.
Après nous être familiarisés avec les lieux en observant la statue et ses alentours depuis le bas, sur la place Ngong Ping Piazza, on se décidait à entamer la montée des 268 marches pour aller voir ça de plus près.

Au pied de ce géant, on sent la ferveur des locaux venus se recueillir. Autour du Bouddha se trouvent six statues de Deva offrant des fleurs, de l’encens, une lampe, de l’onguent, des fruits et de la musique. Chacune représente l’une des six perfections nécessaires pour atteindre l’illumination.
En plus de voir la statue de plus près, vous aurez une belle vue sur les montagnes environnantes, le monastère de Po Lin et la baie de Tong Wan au sud, derrière la statue. Une fois le tour terminé, on redescendait pour aller jeter un œil au temple.



Le monastère de Po Lin
Fondé en 1906 par trois moines venus de Chine continentale, ce qui n’était au départ qu’un simple lieu de prière s’est véritablement développé dans les années 1920. C’est en 1924 que le monastère a pris son nom actuel, qui signifie « précieux lotus », un symbole important dans le bouddhisme.

Dans la cour, pas mal de monde se trimbale avec de l’encens pour prier. Après avoir franchi la porte en pierre, on se retrouvait face au grand hall.
Le grand hall principal abrite trois statues dorées de Bouddha ainsi que de nombreuses peintures où le rouge prédomine. Les photos étant interdites à l’intérieur, et comme je ressentais aussi une certaine lassitude ce jour-là à force de voir des temples, je n’ai même pas pris la peine de jeter un œil. Mes pensées étaient plutôt tournées vers la suite de notre programme : rejoindre le village de Tai O.
Ce que l’on fit peu de temps après, juste le temps de terminer notre visite en regardant les couleurs chatoyantes des toits, en admirant quelques sculptures sur les murs extérieurs et en jetant un coup d’œil au Bouddha de Tian Tan, puis en sortant par une porte différente, histoire de voir une autre zone.

À vrai dire, au-delà de cette certaine lassitude, on était aussi un peu « pressés », car on avait vérifié avant de partir les horaires du bus pour Tai O, affichés près de l’entrée : il n’y en avait qu’un toutes les heures en semaine.
En attendant le bus 21, comme il restait quelques minutes, on passait vite fait dans le « village » de Ngong Ping, qui sert de base d’arrivée au téléphérique et qui est surtout un ensemble de boutiques de souvenirs, pas un véritable village.


Le « Wisdom Path », ou sentier de la sagesse, constitue normalement une autre promenade à proximité du monastère. Lors de cette mise à jour, il est encore fermé pour rénovation ; sa réouverture est annoncée pour le dernier trimestre 2026. Vérifiez la situation sur le site officiel avant votre visite.
Le village de pêcheurs de Tai O
Le village et ses maisons sur pilotis
Le bus nous déposait sur le parking jouxtant le village, avec la mer juste devant nous. Chouette, un peu d’air marin ! Nous nous enfonçons dans la petite rue principale de Tai O. Comme nous sommes en semaine, c’est plutôt calme. Pour autant, les marchands sont quand même ouverts et leurs étals sont, pour beaucoup, remplis de poissons séchés.
À l’origine, on avait prévu de faire un tour en bateau pour avoir une vue différente de celle à pied, mais entre le budget serré et surtout le timing, on a préféré zapper. En arrivant, on vous proposera sûrement une sortie.
Après à peine 100 m, on arrivait au pont levant de Tai Chung, qui relie la partie principale du village à une autre zone installée sur une île. Un canal traverse en effet Tai O et rejoint la mer à ses deux extrémités.
Je parle de « voyage dans le temps » car, avant son développement, Hong Kong comptait surtout des villages dont les habitants vivaient essentiellement de la pêche.


Or, c’est toujours le cas à Tai O, et les habitations contrastent particulièrement avec le reste de Hong Kong. Le long de l’artère principale, on n’y fait pas trop attention, mais en marchant un peu, on s’aperçoit vite que les maisons ont ici un style bien à part.
C’est après avoir passé le petit marché couvert de Tai O qu’on croisait ces maisons sur pilotis à l’aspect plutôt rustique. Les murs sont en effet composés de plaques de métal, pour certaines bien entamées par la rouille — en bord de mer, tu m’étonnes.


Certaines maisons sont bien en dur, mais contrastent quand même parfois avec le lieu, comme celle-ci, que l’on qualifierait de townhouse en Thaïlande, sorte de « maison-immeuble » puisque tout est en hauteur.
Certains arbres sont en fleurs et ajoutent au charme du moment. On croise pas mal de chats dans les environs ; avec tout le poisson qui doit traîner, ça doit être le paradis pour eux. On a d’abord longé la baie. C’était marée basse, on pouvait donc admirer le fond vaseux du coin : pas étonnant qu’on y croise des mangroves.

Plus loin, on croisait un fabricant de « shrimp paste », un produit également connu et très utilisé en Thaïlande. Il s’agit d’une pâte à base de crevettes qu’ils utilisent comme ingrédient dans les pâtes de curry — pas pâte « nouille », hein.
Le Tai O Heritage Hotel
Trois cents mètres plus loin, on arrivait au niveau d’un quai, au bout de cette promenade le long de la baie. On trouve ici une petite plage — pas vraiment exploitable — et un hôtel. Celui-ci est un vestige du passé puisqu’il s’agissait auparavant d’un commissariat.








On peut se demander ce que faisait un commissariat aussi loin du centre, surtout lors de sa construction en 1902. Son rôle était notamment de lutter contre la piraterie alors présente dans les eaux voisines et de renforcer la présence policière sur l’île de Lantau.
Avec la baisse de la criminalité, le commissariat a cessé de fonctionner comme tel en 1996 et a servi de simple poste de patrouille jusqu’en 2002. Sa restauration a débuté en 2009 dans le cadre d’un programme de réhabilitation des bâtiments historiques. Il est depuis devenu le Tai O Heritage Hotel, un hôtel de neuf chambres dont la restauration a reçu une distinction de l’Unesco en 2013.
Plutôt luxueux, je dirais, et avec vue sur mer, pas trop mal, mais il faut aimer être isolé car, à part Tai O, il n’y a rien à proximité.
Ensuite, on faisait demi-tour. C’est à ce moment-là que le soleil décida de pointer le bout de son nez. Et il n’y a pas à dire, mais cela changeait complètement l’atmosphère, qui avait un côté très tristoune avec le ciel gris.
À l’aller, environ 500 m avant l’hôtel, on avait aperçu un carrefour et des panneaux indiquant différentes « attractions ». Sur le moment, on avait décidé de poursuivre sur ce qui semblait être le chemin principal.


La promenade vers le point de vue de Fu Shan
Cette fois-ci, on s’engouffrait dans l’autre embranchement. On arrive alors dans une cour, avec à droite un petit temple chinois et, tout droit, quelques marches menant à un centre culturel consacré aux moines Shaolin. En regardant bien, juste au pied des marches, on voit un sentier qui part vers la nature.
Comme j’avais lu qu’il y avait un point de vue, et surtout parce qu’un panneau indiquait la possibilité d’y observer des dauphins, j’étais curieux de voir ce que cela donnait. On s’engageait donc fissa sur le chemin. On croisait peu après quelques tombes : un cimetière chinois occupe en effet tout le flanc de la petite montagne formant l’île où nous nous trouvions.



La vue devient alors intéressante puisqu’on commence aussi à monter. On croise une statue représentant justement des dauphins. Une part de moi pensa alors : « Ah, c’est juste ça, leurs dauphins… »
On poursuivait la marche le long du sentier, avec la baie de Tai O d’un côté et, de l’autre, les travaux de ce qui allait devenir le pont Hong Kong-Zhuhai-Macao, ouvert en 2018, dont le tracé passe au large de l’aéroport.
Je me mis alors, sans trop d’espoir, à observer la mer afin d’apercevoir des dauphins, en l’occurrence des dauphins à bosse du Pacifique, et plus précisément ici des dauphins blancs de Chine. Je voyais alors des bateaux circuler en contrebas.




Déduisant qu’il s’agissait probablement de bateaux partis observer les cétacés, je gardais l’œil rivé autour d’eux et… BINGO !
J’aperçois alors une bosse, puis une queue, tandis que l’un des dauphins venait de reprendre sa respiration. Je m’empresse de prendre ma caméra et de zoomer au maximum, en espérant capturer l’instant. Vu la distance, elle me servait aussi de jumelles.

Et là, gros coup de bol, j’ai réussi à avoir un cliché ! Satisfait, je me disais que c’était bon, on pouvait rentrer maintenant. Ce que je ne savais pas, c’est qu’on aurait pu poursuivre sur ce même sentier et faire une boucle complète autour de Tai O, en bleu foncé sur la carte que je vous ai concoctée ci-dessous :
Finalement, on s’est contentés de revenir sur nos pas, par le chemin orange sur la carte, afin de rejoindre notre point d’arrivée, indiqué en jaune.
Nous étions arrivés vers 14 h 30 au niveau du parking. Le temps de faire tout ce petit tour, il était 17 h et le soleil était toujours là, avec une belle lumière de fin d’après-midi.

Retour à Hong Kong
Pour revenir, on avait pris le bus jusqu’au quai de Mui Wo, puis le ferry vers Central, sur l’île principale de Hong Kong. Le terminal se trouve près de la grande roue et offre une belle vue sur la ville de nuit. De retour dans notre quartier et après un peu de repos, on avait rendez-vous à une sortie de métro avec une connaissance de Jitima, rencontrée lorsqu’elle vivait en Australie.

Cela faisait plus de dix ans qu’elles ne s’étaient pas vues. Son amie nous a emmenés dans un restaurant un peu caché au cœur de Tsim Sha Tsui, le Mui Kee Cookfood Stall, installé à l’étage du Carnarvon Plaza lors de notre visite.
L’endroit avait l’air populaire auprès des personnes venant manger un morceau après le travail, avec une ambiance plutôt détendue.
Je goûtais une bière chinoise, ma foi excellente, la Harbin, qu’on dégustait ici dans un bol et non dans un verre. Niveau repas, la cuisine chinoise n’est pas ce que je préfère, j’ai donc eu du mal à choisir, d’autant qu’il y avait beaucoup de plats à base de fruits de mer (que je ne mange pas…). J’ai finalement commandé un plat à base de bœuf et c’était très bon. Tellement que, lorsque nous sommes revenus à Hong Kong seulement deux mois plus tard — hasard du calendrier —, nous avons cherché à y retourner. Heureusement que j’ai un bon sens de l’orientation !


Après ce bon repas et une petite balade digestive, c’était l’heure des au revoir. On rentrait dans notre quartier, toujours aussi animé à cette heure de la soirée — vers 22 h 30 —, sachant qu’il ne commence à se calmer qu’après minuit. Cela clôturait cette journée sur l’île de Lantau.

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