Après une première balade autour du lac et dans le centre de Kandy, nous avions prévu une journée plus culturelle, articulée autour de trois visites très différentes.
Nous commencions par le temple de la Dent, l’un des hauts lieux du bouddhisme au Sri Lanka, avant de rejoindre le grand Bouddha blanc de Bahiravokanda pour prendre un peu de hauteur sur la ville. En fin de journée, nous retournions au bord du lac pour assister à un spectacle de danses traditionnelles kandyanes.
Un programme assez complet pour découvrir plusieurs facettes de cette ancienne capitale royale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le temple de la Dent
L’histoire de la Dent sacrée
Le temple de la Dent est au cœur de l’identité de Kandy et du classement de la ville au patrimoine mondial de l’UNESCO. La relique y fut installée à la fin du XVIe siècle, sous le règne de Vimaladharmasuriya Ier, puis le complexe fut agrandi et remanié par plusieurs souverains kandyiens.
Comme son nom l’indique, le sanctuaire abrite une dent attribuée au Bouddha historique. Selon la tradition, elle aurait été recueillie après sa crémation à Kushinagar, en Inde, avant d’être transportée au Sri Lanka au IVe siècle.
La relique suivit ensuite les déplacements successifs du pouvoir royal, notamment à Anuradhapura et Polonnaruwa, avant d’arriver à Kandy en 1595. Elle est conservée dans le sanctuaire intérieur au sein d’un ensemble de sept reliquaires emboîtés.
La dent elle-même n’est pas montrée aux visiteurs. Lors de l’Esala Perahera, c’est le reliquaire cérémoniel associé à la relique qui est porté en procession dans les rues de Kandy.
Je vous conseille de lire l’excellent article de mes amis belges d’Un sac sur le dos, qui ont eu la chance d’assister à cette fête exceptionnelle.



Visiter Sri Dalada Maligawa
Sri Dalada Maligawa est le nom cinghalais du temple. En 2013, nous avions payé 1 000 roupies chacun et Jitima avait dû louer un sarong pour 200 roupies parce que ses genoux étaient visibles.
En septembre 2026, le tarif officiel est de 3 000 Rs pour la plupart des visiteurs étrangers, donc notamment pour un voyageur français. Les ressortissants des pays de la SAARC ainsi que de Thaïlande et du Myanmar bénéficient d’un tarif de 2 500 Rs. Le temple est ouvert tous les jours de 5 h 30 à 20 h. Une tenue couvrant épaules et genoux est demandée et les chaussures doivent être laissées à l’entrée.
L’entrée se fait après un contrôle de sécurité. Ces mesures ont notamment été renforcées après l’attentat commis contre le temple en 1998 par les Tigres tamouls (LTTE).
Arrivé dedans quelques marches donnent accès à un couloir devant lequel se trouve le sanctuaire de la relique. A l’étage se trouve l’autel où les fidèles déposent des fleurs et viennent prier chaque jour en nombre, souvent en famille.


Jitima, prise par l’ambiance du lieu et surtout en tant que bouddhiste elle-même, est restée un moment en méditation / prière, me laissant le temps d’observer la scène de dévotion autour de moi et de m’imprégner du lieu.
Après ce moment de sérénité, nous poursuivions notre découverte du temple. D’abord en prenant le temps d’observer les détails des sculptures décorant les différents bâtiments qui composent le temple, puis en nous rendant vers le « nouveau palais » (new palace).
Après cela, nous rejoignions une cour. Située derrière le sanctuaire, on y trouvent une salle d’audience et un ancien tribunal, car l’enceinte du temple était avant tout un palais royal.
Il y a également le musée national de Kandy (que nous n’avons pas visité), qui comporte des outils, bijoux et armes datant du Royaume de Kandy (compris entre sa fondation en 1469 et 1815 avec l’arrivé des Britanniques) et de l’ère coloniale par les Britanniques.


La place royale et sacrée
Juste à côté du complexe du temple de la dent se trouve se la place royale et sacrée qui comporte un petit temple avec un Bouddha couché, une sorte de préau ou se retrouve essentiellement des femmes, toutes de blanc vêtues.
Plusieurs d’entre elles me sollicitèrent pour avoir une photo d’elle. Ça fait toujours bizarre d’avoir ces demandes de portraits, et comme toujours dans ces cas, j’essaye de demander l’adresse pour pouvoir envoyer les photos, ce qui est mieux que de « juste » prendre la photo, autant aussi la recevoir !
Il y a aussi un arbre de bodhi, symbole du bouddhisme par excellence, pour rappel, c’est sous un arbre de la bodhi, aussi appelé figuier des pagodes, que le Bouddha a atteint la bodhi, c’est-à-dire l’Éveil ou connaissance suprême.
À quelques pas se trouve aussi l’église anglicane Saint-Paul. Sa construction débuta en 1843 pour répondre aux besoins du personnel britannique et de la garnison installée à Kandy ; elle fut consacrée en 1853.




Après cette visite du temple de la dent, nous étions en mode impro… car rien de vraiment prévu. C’est dans ces moments-là que l’on apprécie notre guide papier, un petit coup d’œil nous permettra de choisir notre prochaine étape de ce jour, le grand Bouddha blanc que l’on aperçoit bien depuis le lac.
Situé au sommet de la petite colline de Bahirawakanda, ce Bouddha offre une chouette vue sur le lac et une bonne partie de la ville de Kandy.
Pause-déjeuner et balade en centre-ville
Avant d’aller faire cette visite du Bouddha, nous prenions le temps de déjeuner. Nous avions choisi le Bake House, qui propose des genres de petits en-cas pour pas cher, une bonne assiette pour moi dont en voici une illustration made by Jitima ci-dessous :
Comme indiqué sur le croquis, mon repas ne m’avait coûté que 169 roupies en 2013, tandis que Jitima, qui avait pris un plat à part, en avait eu pour 616 roupies. Appréciant l’endroit, nous y retournerons d’ailleurs pour le dîner, qui nous coûtera cette fois 750 roupies pour deux.

Ce fut l’occasion aussi de nous re-balader un peu dans les rues de la ville, avant de dénicher un tuk tuk pour nous rendre au point de vue, comprenant après vérification, que ça ferait un peu loin à pied.
Enfin, loin, pour moi ça l’aurait fait, puisqu’il y avait à peine plus d’1 km, mais une bonne partie étant en montée (point de vue oblige!), ça aurait été un peu trop dur pour Jitima ( (pour rappel, elle pâtit encore un peu de son opération récente).


Le Bouddha blanc de Bahiravokanda
En 2013, nous avions payé 500 roupies pour l’aller-retour en tuk-tuk jusqu’à Bahiravokanda, puis 400 roupies pour deux pour accéder au temple et monter au pied du Bouddha.
Le grand Bouddha blanc mesure environ 27 m et domine Kandy depuis le sommet de la colline. Le nom Bahiravokanda est lié à Bhairava, une figure de la tradition locale parfois décrite comme une divinité ou un démon protecteur.
Plusieurs légendes sont associées à la colline, dont celle de sacrifices destinés à apaiser cette figure. La plus connue raconte qu’une jeune femme promise au sacrifice aurait finalement été sauvée par son amoureux. Difficile évidemment de séparer ici l’histoire du folklore transmis autour du lieu.
Une fois au sommet, la vue sur Kandy vaut clairement le déplacement. Lors de notre visite, l’endroit était surtout beaucoup plus calme que le temple de la Dent, ce qui rendait la pause plutôt agréable.





Spectacle de danses traditionnelles à Kandy
Pour terminer cette journée, nous allions comme prévu voir un spectacle de danses traditionnelles, à quelques minutes du temple de la Dent, après notre passage par le grand Bouddha blanc.


Lors de notre visite en 2013, le spectacle commençait à 17 h 30 et nous avions payé 500 roupies par personne au Kandyan Art Association Hall, au 72 Sangaraja Mawatha.
Le lieu fonctionne toujours aujourd’hui. En septembre 2026, le programme public indique une représentation quotidienne de 17 h à 18 h. Les tarifs ayant beaucoup évolué depuis notre passage, mieux vaut les vérifier directement avant de s’y rendre.
Nous étions arrivés suffisamment en avance pour avoir des places devant. La salle comporte de nombreux sièges et, à l’époque, certaines places étaient déjà réservées avec des cartons posés sur les chaises. On nous remettait également un programme disponible dans plusieurs langues, dont le français.

Traditional Kandyan and Low Country Dances
Le spectacle se composait de plusieurs types de danses, dont la troupe, composée d’hommes et femmes, se partage les rôles (sous entendu les danseurs dansent plusieurs styles chacun).
Le tout se fait sous fond de rythmes de tambours et de chants selon les danses. A noter qu’ici, le titre du spectacle était « Traditional Kandyan and Low Country Dances« .
Il faut savoir qu’il y a 3 types d’écoles de danses au Sri Lanka, le style de Kandy (appelé Kandyan, plutôt dans les collines), celui du sud (Low Country) et le centre (Sabaragamuwa). Les danses de Kandy sont devenues typiquement Cinghalaises, dans le sens de réprensentant le style du pays entier à part entière.
À ce spectacle, il y avait dans l’ordre :
- Danse de Pooja : Les danseuses, gracieuses, portant des lampes à huile font une offrande (Pooja) de leurs compétences en danses pour les divinités (Natuma signifie simplement « danse »)


- Panteru Natum : Le nom de cette danse viens du nom de l’instrument l’accompagnant, le panteru, qui est une percussion similaire à un tambourin.

- Danse du Cobra : Une danse se voulant recréer les mouvements d’ondulations du célèbre serpent.

- Danse du masque : Aussi appelé danse diabolique (devil danse), cette danse fait partie d’un cérémonial toujours utilisé pour conjurer le mauvais sort s’abattant sur une personne ou une famille.

- Mayura wannama : Appelé la danse du paon, c’est tout de bleue vêtue que les danseuses illustrent la séduction telle un paon.


- Danse de Raban : là encore le nom provient du nom de la percussion accompagnant les danseurs, la danse étant en elle même proche d’un numéro de cirque puisque consistant à faire tourner des disques en bout de tiges.



- Danse de Ves : Exclusivement masculine, cette danse est la plus ancienne et faisait partie d’un rituel de purification.


Ensuite, les artistes se regroupent pour saluer la foule, tout le monde se lève alors que retentit l’hymne national. Après cela, le spectacle est presque terminé, le clou étant la marche sur les braises.
Avant la marche sur les braises, les performeurs effectuaient un court rituel de bénédiction. Les traditions liées à ces démonstrations de feu sont notamment associées à Kataragama. Puis venaient les numéros avec les flammes, dont la torche passée sur la langue, avant le final sur les braises…
Impressionnant, rien à dire. Chapeau à tous les artistes de cette soirée !


Après cela, nous allions au Queen’s Hotel, juste à côté du temple de la Dent, pour nous renseigner sur le bus vers Dambulla, notre prochaine étape dans le Triangle culturel.























































