À environ trois heures de route de Chiang Mai, Pai est devenue l’une des étapes les plus fréquentées du nord de la Thaïlande. La ville reste de taille modeste, mais ses environs concentrent temples, sources chaudes, cascades, rizières et quelques beaux points de vue sur les montagnes.
Souvent présentée comme une alternative plus « authentique » à Chiang Mai, Pai traîne aussi une image un peu fabriquée de refuge bohème. C’est justement ce que je voulais confronter à la réalité. Je n’y ai passé qu’une journée complète et deux nuits au cours de la boucle de Mae Hong Son : c’est peu, mais assez pour parcourir plusieurs sites autour de la ville et me faire une première idée de ce qui explique son succès.
Pai : une étape vers Mae Hong Son
Ça faisait déjà quelques années que j’en entendais parler, mais je n’étais pas pressé de m’y rendre parce que je savais la bourgade déjà prisée. J’estimais qu’elle n’allait pas devenir beaucoup plus défigurée à moyen terme, disons dans les trois à cinq ans. En gros, le « mal était fait » selon mon raisonnement.
Je n’avais jamais eu non plus la motivation de faire spécifiquement l’aller-retour depuis Chiang Mai, puisqu’il faut tout de même compter trois heures de route et pas moins de 762 virages.

En revanche, Pai s’intègre parfaitement dans la boucle de Mae Hong Son. Ce parcours passe justement par la ville avant de se poursuivre, dans mon cas, vers Mae Lana, Mae Hong Son, Mae Chaem et le parc national du Doi Inthanon, puis de remonter vers Chiang Mai.
L’occasion s’est finalement présentée, malheureusement pas à une période optimale pour les paysages puisque c’était en plein mois de mars… Le pays était également encore en phase de réouverture après le Covid, ce qui explique l’ambiance parfois très calme évoquée plus loin. Mais au moins, j’ai pu découvrir Pai et m’en faire ma propre idée.
Que faire et voir à Pai ?
Je liste ci-dessous ce que j’ai concrètement eu le temps de voir, dans l’ordre de ma journée. Avec une journée complète et deux nuits, autant dire que j’ai assez survolé l’endroit. Histoire d’être un peu plus complet, je vous indique aussi quelques spots supplémentaires si jamais vous passez plus de temps sur place.
Cafés avec vue autour de Pai
Je démarrais les visites avant même d’arriver à Pai, un peu par hasard d’ailleurs. L’hôtel (voir plus bas) étant de l’autre côté de la rivière, cela me faisait passer à l’écart de la route principale, en longeant la montagne.
On était en fin de journée et on pouvait voir le soleil couchant directement sur la gauche. Dans un premier temps, je n’avais pas prévu de m’arrêter, mais étant un poil photographe compulsif, je me suis dit que ce serait dommage de louper le « spectacle ».
Je venais justement d’apercevoir ce qui semblait être un restaurant ou un café avec une vue semblant parfaitement adéquate pour cet instant « sunset ». Ni une ni deux, je fais demi-tour et me gare sur le parking, bien occupé par les nombreux scooters des touristes déjà sur place.
En sortant de la voiture, odeur de beuh bien présente, je me dis « bienvenue à Pai ! », ça met dans l’ambiance directe…

En plus des tables dans le bâtiment principal, il y a plusieurs tables et chaises en bois ou bambou réparties sur un terrain aplani en contrebas du café. L’endroit a bonne réputation pour ses bons cocktails et l’ambiance est clairement chill. Et clairement, le coucher de soleil était chouette.
C’était le Two Huts Pai, à 5 km au sud de Pai. Si je ne le nomme pas dans le titre et ajoute même un (s), c’est pour souligner que vous trouverez plein de cafés ou de restaurants de ce genre autour de Pai, tous avec le même objectif : offrir une vue privilégiée. Ils sont souvent prisés le soir pour admirer le coucher de soleil (ça dépendra évidemment de leur orientation).
Je peux citer en vrac le petit restau simplement repéré par « Sunset near the white buddha », Charming pai homemade, le Noodle Hill ou un des plus connus, indiqué par Yun Lai Viewpoint.
Pai Walking Street : le marché de nuit
Comme j’arrivais en soirée, c’est donc par le marché de nuit que je me plongeais dans l’atmosphère de Pai. Évidemment comme on était en période de réouverture du pays, y’avait des touristes, mais finalement très peu par rapport à la normale. Du coup, ça donnait une ambiance un peu particulière.
On sent que c’est très touristique d’habitude, car, sur le marché lui-même, en dehors des touristes, je ne voyais presque aucun local y déambuler. Par contre, y’avait des moments où la rue était carrément vide, ça faisait bizarre.
Concrètement, le marché s’étale sur 300 m le long de la rue Chai Songkhram qui donne sur la rivière, au nord de Pai. Il y a bien sûr le long de la Walking Street elle-même quelques bars et restaurants, mais le gros de l’animation est situé dans une rue perpendiculaire, juste à côté du pont en bambou.
Après, ce que l’on peut qualifier de centre-ville reste petit : à tout casser, un carré de 500 m par 500 m. En vous baladant un peu, vous aurez donc tout le loisir de croiser d’autres établissements. Dans mon cas, un peu par flemme, mais aussi par manque de choix (encore beaucoup de lieux fermés à ce moment-là), c’est au Pai Siam Bar & Bistro que j’atterrissais. Correct, mais pas ouf non plus.
Les temples du centre de Pai
En supposant que c’est votre première fois en Thaïlande et que vous n’avez pas encore vu beaucoup de temples, vous pouvez en voir deux le long de la Walking Street. J’y étais allé en matinée avant d’entamer les visites du jour, c’était calme.
Le premier est le Wat Pa Kham, avec un grand bâtiment sur pilotis et des façades en bois. Derrière, vous y verrez un ensemble de chedis dorés. Je ne m’attardais pas car je devais repartir à l’hôtel bientôt et bon, on va pas se mentir, c’est pas mon premier temple non plus.
À peine plus loin, vous avez le Wat Klang, avec une configuration similaire. Je m’aventurais un peu plus longuement dans ce dernier, allant faire un tour à l’intérieur du hall, également sur pilotis et tout en bois.
J’assistais discrètement à une cérémonie ordinaire, alors que deux femmes venaient apporter des offrandes pour les moines, scène classique dans un temple, mais appréciable en cette matinée paisible.
Ces deux temples, comme beaucoup dans cette région, sont de style architectural birman, et plus précisément shan, les Shan étant aussi appelés Tai Yai par les Thaïlandais.
C’est un style bien distinctif de ce que vous pourriez croiser dans les temples plus classiques des régions centrales, par exemple, de par l’évidente proximité géographique avec son voisin la Birmanie (ou Myanmar officiellement).
C’était aussi l’occasion d’avoir un aperçu de Pai en journée (enfin, en matinée pour le coup), qui est assez déserte, car à cette heure matinale, soit les gens sont déjà partis explorer, soit ça dort encore. Mais c’est pas déplaisant du coup.
Wat Phra That Mae Yen et son grand Bouddha blanc
Première étape, le grand Bouddha blanc, qui se trouve à flanc de colline au sud de Pai au sein du Wat Mae Yen. Vous ne devriez pas le louper car il se voit de loin.
C’est probablement l’un des spots les plus connus de Pai. La statue trône fièrement sur son piédestal, avec une vue imprenable sur la vallée et les montagnes en face. Si vous n’avez pas vu de grande statue de ce genre, nul doute que ça pourrait vous impressionner. Pour moi, ça reste une statue parmi d’autres mais il faut admettre que la vue est pas mal.
350 marches vous attendent pour atteindre la plateforme où se trouve la statue. La première série donne l’impression d’un site monumental, gardé par deux lions, avec une largeur d’escalier assez imposante en comparaison de la taille modeste du temple lui-même, qui se résume à un petit viharn et à un chedi doré accolé.
L’avantage du site, c’est que c’est gratuit. Par contre à cette saison impossible de voir les montagnes en face, trop brumeux…
Les sources chaudes de Sai Ngam
La visite suivante n’était pas optimale en termes de gestion, car, en soi, il aurait été plus logique de la faire au début du trajet entre Pai et Mae Lana, puisqu’elle se trouve à 17 km au nord de Pai. Il s’agit d’une source d’eau chaude, comme on en trouve plusieurs dans la région. Il y en a par exemple une autre au sud, près du canyon : Tha Pai Hot Spring.
Mais l’avantage de Sai Ngam, c’est d’avoir une série de bassins naturels, seulement délimités par une rangée de pierres. Si la source originelle atteint les 80 °C, assez pour cuire des œufs, ses bassins intermédiaires ont une température plus propice à un bain prolongé, comme une piscine chauffée mais naturellement… C’est surtout une eau minérale, pure et limpide.
Si d’habitude, je ne suis pas fan des sites de sources chaudes tellement aménagés qu’on dirait juste des piscines chauffées, là l’aspect naturel est de mise, c’est agréable. En revanche, le site fait partie d’une zone naturelle protégée, donc l’entrée est payante (qui a doublé depuis ma visite…).
Une autre raison qui m’a amené à faire cette visite, c’est la proximité avec un village ethnique, jouxtant une rivière à seulement 2 km des sources. Manque de bol, c’était pas un super plan… Je ne sais pas si c’était parce qu’on était encore en période « covid », mais on ne se sentait pas vraiment les bienvenus…
En dehors d’une éventuelle peur liée au Covid, j’ai notamment été gêné par la situation où une dame me réclamait des sous pour la prendre en photo. Du coup j’y suis clairement pas resté très longtemps, mais si jamais vous êtes curieux, libre à vous d’y faire un tour, peut-être que l’accueil y sera meilleur.
La cascade de Pam Bok
Quand je dis que mon organisation pour cette journée n’était pas optimale, c’est d’autant plus vrai que la prochaine étape était cette fois au sud de Pai, à 24 km de Sai Ngam… Toujours est-il que vous avez plusieurs cascades autour de la ville : Mo Pang Waterfall, une petite cascade à l’ouest, ou encore Mae Yen Waterfall. Cette dernière est plus compliquée d’accès : comptez plus de 12 km, soit de 4 à 6 heures de marche aller-retour. Vous pouvez lire ici une description détaillée de la randonnée (en anglais).
Comme on était en mars, période avec peu d’eau, c’était pas une priorité de les voir, mais à en choisir une, je jetais mon dévolu sur Pam Bok, qui a l’avantage d’être facile d’accès et surtout, à proximité d’une autre attraction, le pont en bambou, comme quoi mon organisation n’était pas foireuse jusqu’au bout.
Vu la période, y’avait littéralement personne lors de ma visite, après l’intérêt était évidemment limité vu qu’il n’y avait pas d’eau… La seule surprise, ce fut d’y croiser un genre de caméléon, en mode « tu m’as pas vu », calé contre un rocher. D’ordinaire, c’est une cascade assez populaire pour se rafraîchir.
Depuis peu, Pam Bok est moins populaire car elle a fait les frais des « travers » de la Thaïlande… Pendant longtemps, la chute, qui se trouve au bout d’un joli petit canyon, était accessible gratuitement. Elle a dans un premier temps été rendue payante, à 40 bahts. Jusque-là, pourquoi pas, si ça peut aider à garder le site propre.
Au moment de mon passage, elle était déjà intégrée au sanctuaire faunique de Lum Nam Pai, dont l’entrée revenait alors à 200 bahts. Alors oui, c’est bien aménagé avec un chemin bétonné pour accéder facilement au pied de la cascade, mais depuis, le tarif a doublé pour passer à 400 bahts !!! On est passé de 0 à 400 bahts entre octobre 2019 et 2023. Il n’y a qu’à lire les critiques incendiaires, ça ne passe pas…

Certes, ce tarif donne droit à tous les autres sites de cette zone protégée, dont une autre cascade, Susa Waterfall (plus proche de Mae Hong Son), le gouffre de Nam Bo Phi Cave (un peu au milieu de nulle part) ou encore la fameuse grotte de Lod Cave notamment. Sauf que les sites sont éloignés les uns des autres alors que la validité du ticket n’est que d’une seule journée !
Je peux comprendre qu’un droit d’entrée serve à l’entretien et à la protection d’un site naturel. En revanche, le passage de la gratuité à 400 bahts en quelques années me paraît franchement excessif, d’autant plus pour une cascade aussi modeste.
Ce problème est aussi accentué par la différence de tarification : l’entrée revient à 30 bahts pour un visiteur thaïlandais, contre 400 bahts pour un étranger, soit plus de treize fois le tarif local ! Même en tenant compte des différences de pouvoir d’achat, un tel écart me paraît juste abusif. Bref, ce genre de pratique continue à me déplaire…
Le pont en bambou (Kho Ku So Bamboo Bridge)
À peine 2 km plus loin, on arrivait à hauteur de l’entrée du village de Ban Phaem Bok, où se trouve le pont en bambou. Enfin, l’essentiel est construit en bambou, mais, pour assurer sa durabilité, les poteaux qui le soutiennent sont en béton. Ce n’est clairement pas le seul du genre car depuis quelques années, ce genre de pont traversant des rizières, souvent associé à des cafés, est devenu légion.
Contrairement aux apparences, le but premier n’était pas d’attirer les touristes. Même s’il est récent, le pont a été construit par les habitants afin de relier le temple situé de l’autre côté à flanc de montagne, le Wat Pa Huai Khai Khiri, afin que les moines rejoignent plus rapidement le village le matin.
L’idée est que, même s’il existe bien une route, le trajet pour descendre au village est un peu plus long. De plus, cette route peut parfois être inondée par la rivière pendant la saison des pluies.
L’autre raison avancée est que ce raccourci permet aux habitants d’offrir l’aumône aux moines, puis de se rendre directement aux champs, plutôt que d’attendre leur venue au village devant chez eux.
Une part de moi ne peut s’empêcher de penser que cette histoire est une forme de « prétexte » pour ajouter une dimension culturelle au lieu, alors que le raccourci n’enlève qu’à peine 300 m de trajet et que tout est clairement aménagé pour que le touriste fasse ses petites photos. Après, les deux ne sont pas incompatibles.
Nul doute qu’à la belle saison, le cadre est agréable, puisqu’on est entouré de montagnes et que les rizières bien vertes produisent toujours leur petit effet waouh. Là, en saison sèche, autant dire que cet effet tombait à l’eau, comme celle qui manquait cruellement.

Comptez environ 30 bahts de participation en glissant un petit billet dans la boîte placée à cet effet au niveau du point d’entrée. Un point positif, c’est le village à côté qui s’avère bien plus accueillant que celui proche de la source d’eau chaude visitée plus tôt.
En y faisant un petit tour, je tombais sur une petite mamie en train de trier des légumes puis, en revenant vers la voiture, sur un groupe de femmes affairées à trier des haricots rouges. Dans les deux cas, j’étais accueilli par des sourires.
Pai Canyon
J’ai par la suite voulu trouver un café non loin avec vue justement pour en tester un. Je me rendais au Baandoi cafe and eatery, qui a de bonnes critiques et en effet une belle vue sur les montagnes. Malheureusement, avec cette période de covid, pas de cuistot présent donc pas possible de manger… Du coup on est repassé en ville pour se trouver quelque chose avant de se rendre à la dernière étape du jour, car on s’approchait déjà de la fin d’après-midi.
Et LE truc en fin de journée à Pai, c’est de se rendre au canyon afin d’assister au coucher de soleil. On était en fait un poil trop tôt puisqu’il n’était même pas 17 h. L’avantage, c’est d’avoir pu profiter du site dans un premier temps sans personne ou presque. Situé à 8 km au sud de la ville, le canyon est une curiosité géologique.
Ce n’est pas un canyon au sens strict du terme, mais plutôt une zone où l’érosion a sculpté la terre pour former des ravines que l’on peut parcourir, un peu à nos risques et périls, car rien n’est balisé. Certains passages sont assez étroits et pentus, donc pas trop recommandés pour les jeunes enfants, sauf à se contenter du plateau supérieur, juste pour regarder le soleil descendre au loin.
J’ai vraiment apprécié cet endroit, même s’il était sec et marqué par les brûlis caractéristiques de cette saison. C’était photogénique et le cadre ajoutait une belle ambiance au coucher de soleil. Vers 18 heures, de plus en plus de personnes arrivaient pour assister au spectacle et trouver un bon spot pour voir les derniers rayons de soleil disparaître derrière l’horizon.

Autres sites dans les environs de Pai
Histoire de compléter, voici un peu en vrac d’autres visites possibles dans les environs de Pai que je n’ai pas pu faire.
- Côté sources chaudes, à 20 km au sud-ouest de Pai, vous avez le Mueang Rae Pai Geyser Hot Springs, un spot à même le bord de route.
- Pour combiner chute d’eau et randonnée, vous avez à l’est Mae Yen Waterfall.
- Isolé au nord, vous avez une petite ruine au milieu des rizières, le Phrathat Mueang Noi.
- Proche du Yun Lai Viewpoint mentionné plus haut, il y a une petite chute avec bassin pour la baignade, Mo Pang Waterfall.
- Le village « chinois » Santichon Village. Je ne l’ai pas visité, car on est clairement plus dans une attraction destinée aux Thaïlandais et aux adeptes d’Instagram.
- Enfin au sud, proche du canyon et des sources chaudes de Tha Pai, le Tha Pai Memorial Bridge rappelle le passage de l’armée japonaise dans la région pendant la Seconde Guerre mondiale.

Reste évidemment l’option simple de vadrouiller à travers la campagne. Après tout, en dehors de Pai même, ça reste essentiellement des villages dont l’activité principale tourne autour de l’agriculture, même si, çà et là, on trouve aussi des activités touristiques comme des camps d’éléphants (pas recommandables ici, en revanche) ou du tubing.
Conseils pratiques pour Pai
Se rendre à Pai
L’un des principaux transporteurs de la région est Prem Pracha, qui propose des liaisons en minibus entre Chiang Mai, Pai, Mae Hong Son et Mae Sariang. Pour le trajet Chiang Mai – Pai, comptez 250 bahts et autour de 4 h de trajet (selon le service et la circulation, généralement avec des arrêts parce que les virages, ça épuise).
- Vous pouvez réserver sur 12Go si vous voulez soutenir le blog en cliquant ici : Minibus Prem Pracha
Vous pouvez également consulter directement le site officiel de Prem Pracha, les horaires et les tarifs pouvant évoluer.
Se déplacer autour de Pai
Le centre de Pai se parcourt facilement à pied, mais la plupart des sites présentés dans cet article sont dispersés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres.
La voiture convient très bien si vous voyagez à plusieurs ou si Pai constitue une étape de la boucle de Mae Hong Son.
Le scooter reste le moyen le plus populaire, mais je tiens à rappeler les règles de base :
- Assurez-vous de disposer du permis moto (A), du permis international et d’une assurance valable.
Quel que soit votre moyen de locomotion, je vous invite à lire mon article consacré à la conduite en Thaïlande avant de prendre la route.
Si vous ne souhaitez pas conduire, plusieurs agences du centre proposent des excursions à la journée regroupant les principaux sites autour de Pai. Il est également possible de réserver un chauffeur privé, une solution plus souple mais forcément plus coûteuse.
Où dormir à Pai
Je ciblais la zone située juste de l’autre côté de la rivière au bout de la Walking Street. L’avantage est de rester proche de l’animation, tout en restant à l’écart pour être au calme.
Et pour ça, j’avais porté mon choix sur cette guesthouse :
Le petit resort est à peine à 100 m de la rue du marché de nuit grâce au petit pont en bambou enjambant la rivière. Les chambres sont spacieuses bien qu’assez sommaires et situées dans des bungalows sur pilotis. On avait aussi droit à un balcon avec hamac dont j’ai pu profiter un peu.
La gérante est adorable et propose un excellent petit déj, qui se prend sur une terrasse avec vue sur la rivière. D’ailleurs à cet endroit, vous avez aussi un café, le Daddy Chill Cafe’, avec la possibilité de prendre une bière et profiter de la vue. Globalement super impression pour ce petit paradis entouré par la nature.
Il y avait d’autres guesthouses autour du nôtre et si jamais vous préférez une option plus dans le centre, vous trouverez votre bonheur ici :
Mes impressions sur Pai : le charme authentique ?
Je voulais conclure cet article par une petite réflexion et essayer de répondre à cette question : pourquoi Pai attire-t-elle autant de visiteurs ?
Le terme « authentique » revient souvent lorsqu’il est question de Pai. C’est pourtant un mot assez fourre-tout et quelque peu paradoxal pour une destination devenue l’une des plus touristiques du nord de la Thaïlande.
Le centre de Pai concentre les guesthouses, les restaurants proposant une cuisine internationale, les bars et les boutiques de souvenirs, ce qui montre à quel point le tourisme a refaçonné la ville. Même lors de mon passage, alors que la fréquentation n’avait pas encore retrouvé son niveau habituel, l’influence était évidente autour de la Walking Street, du canyon ou des cafés fréquentés au coucher du soleil.

La vie nocturne paraît également très développée pour une ville de cette taille. Entre les bars et les rues presque désertes au petit matin, Pai donne parfois l’impression d’une petite Khao San Road au lendemain d’une soirée. Ce n’est pas forcément un défaut, mais cela cadre assez mal avec l’image d’un lieu encore préservé du tourisme.
Je peux aussi ajouter l’apparition d’activités typiquement touristiques comme le « tubing », où l’on se laisse dériver au fil de l’eau sur une bouée, souvent avec un bucket d’alcool ou une bière à la main… C’est une pratique à la base popularisée à Vang Vieng au Laos, devenue une mode dans plusieurs destinations se réclamant de la vibe « slow life ».
Pour autant, tout n’y est pas artificiel. Les temples à l’architecture shan, les villages environnants et les paysages de la vallée appartiennent bien à l’identité locale. Dès qu’on s’éloigne du centre, on retrouve une campagne essentiellement tournée vers l’agriculture, avec des rencontres sincères encore possibles, même si les cafés avec vue et autres lieux destinés aux visiteurs se sont multipliés autour de Pai.
Au final, je comprends parfaitement ce qui attire à Pai. La ville reste facile à parcourir, suffisamment animée et entourée de beaux paysages que l’on peut explorer librement.
Mais la présenter comme la quintessence de la Thaïlande « authentique » me paraît exagéré. Je la vois plutôt comme une sorte de Ko Phangan du Nord : une destination touristique à l’ambiance détendue, déjà profondément influencée par ses visiteurs, mais sans être pour autant complètement dénaturée.

































































