Thaïlande Mae Salong : un petit bout de chine au cœur des montagnes thaïlandaises Chiang Rai, Mae Salong, Provinces du Nord, Voyage en Thaïlande 4.6 (9)Mae Salong, voilà un nom qui ne dit peut-être pas grand-chose, même à ceux qui voyagent régulièrement en Thaïlande. Et si vous préparez votre premier séjour, il y a peu de chances qu’il figure sur votre itinéraire. Pourtant, perché dans les montagnes du nord, à deux pas de la frontière birmane (8 km seulement à vol d’oiseau), ce petit bout de Chine en Thaïlande mérite qu’on s’y attarde.Officiellement, la ville s’appelle Santikhiri, mais personne ou presque ne l’appelle ainsi. C’est Mae Salong, du nom de la montagne qui l’abrite, qui est resté dans les usages. Avec son architecture, son ambiance et sa culture chinoise omniprésente, le lieu donne l’impression d’un voyage dans un autre pays, sans quitter la Thaïlande.Ouverte au tourisme depuis seulement 1994, la région était autrefois une plaque tournante du trafic d’opium. Malgré quelques changements visibles depuis ma première visite en 2010 – quelques boutiques-hôtels et même un 7/11 (impensable à l’époque !), là où il n’y avait auparavant que quelques guesthouses – Mae Salong a su préserver son identité. L’âme de ce petit bourg aux airs de Chine, elle, est restée intacte. Sommaire masquer 1. Mae Salong et l’armée « oubliée » : l’héritage d’un exil 2. Quelques visites à faire à Mae Salong 2.1 Les marchés de Mae Salong 2.2 Les mémoriaux de la 93e division 2.3 Le Wat Santi Khiri et son point de vue 2.4 Les plantations de thé 3. Explorer les environs de Mae Salong 3.1 Les villages tribaux 3.2 Doi Hua Mae Kham : Un festival de tournesols mexicain 3.2 Ban Thoet : balade au coeur des montagnes 4. Comment se rendre à Mae Salong 5. Où manger et dormir à Mae Salong ? 5.1 Manger à Mae Salong : des options limitées, mais quelques bonnes adresses 5.2 Dormir à Mae Salong : mes options testées et approuvées 6. Les attractions de Mae Salong sur une carte 1. Mae Salong et l’armée « oubliée » : l’héritage d’un exilOn parle souvent de communauté chinoise à Mae Salong, mais il s’agit en réalité d’une véritable armée en exil. La plupart des familles installées ici sont les descendants de soldats du Kuomintang (KMT), l’armée nationaliste chinoise qui a combattu les forces communistes de Mao Zedong durant la guerre civile chinoise à la fin des années 1940.Après leur défaite en 1949, une grande partie du KMT s’est réfugiée à Taïwan (qu’on a fini par visiter), mais deux régiments de la 93e division ont refusé de déposer les armes. Repoussés vers le Yunnan, au sud-ouest de la Chine, ces soldats ont fini par trouver refuge dans la jungle de l’État Shan, en Birmanie. Le gouvernement birman, ne voulant pas d’une armée étrangère sur son territoire, les a rapidement expulsés. C’est ainsi qu’au début des années 1960, ces soldats ont trouvé refuge dans les montagnes de Mae Salong, sous le commandement du général Tuan Shi-wen, dont la tombe se visite aujourd’hui dans la ville.Voyant en eux un atout stratégique face à la montée du communisme dans la région, le gouvernement thaïlandais leur a proposé la nationalité en échange de leurs services militaires. Leur mission principale était de contrer l’influence communiste, aussi bien en Thaïlande que chez leurs voisins birmans.Ainsi, Mae Salong est pratiquement resté une enclave chinoise, bien différente du reste du pays. Lors de mon premier séjour, la plupart des anciens ne parlaient pas un mot de thaï et les nombreux écriteaux exclusivement en idéogrammes nous plongeait dans un univers yunnanais.2. Quelques visites à faire à Mae SalongComme beaucoup d’endroits en Thaïlande, Mae Salong a hérité d’un surnom : la « petite Suisse ». Pourtant, soyons honnêtes, ce n’est pas vraiment ce qui vient à l’esprit en arrivant ici. Avec son architecture, ses enseignes en chinois et son ambiance typiquement yunnanaise, on se croirait bien plus dans un village du sud de la Chine que dans une station alpine.Enfin… « village », pas tout à fait. Même si elle en donne l’impression, Mae Salong est bel et bien une ville, avec environ 3 000 habitants. Son atmosphère est unique, se démarquant du reste de la Thaïlande.Lors de ma première venue, j’ai pu constater en passant devant une salle de classe ouverte que les cours y étaient donnés en chinois. D’ailleurs ici, les plus anciens ne parlent souvent que leur dialecte d’origine, venu tout droit du Yunnan.Dans l’ensemble, Mae Salong est une ville paisible, un peu en retrait du monde. Elle n’a pas le charme des vieilles villes d’antan, mais elle a une atmosphère bien à elle. Rien que pour ça, elle mérite au moins une balade, ne serait-ce que pour flâner entre ses maisons, admirer ses marchés et s’imprégner de son ambiance si particulière.2.1 Les marchés de Mae SalongEt justement, parlons des marchés. À Mae Salong, vous en trouverez deux principaux. Le premier est immanquable de par son emplacement : il longe la route principale, à l’entrée de la ville si vous arrivez par la route 1089.Ouvert toute la journée, il rassemble un mélange de magasins en dur, alignés le long de la route, et de petites échoppes provisoires tenues par des membres des ethnies locales, notamment les Akha. Un bon endroit pour flâner et observer la vie locale.Le second marché se trouve dans une petite rue, juste à côté du Shin Sane Guesthouse. Contrairement au premier, celui-ci est avant tout un marché matinal, où l’on croise quelques vendeurs des villages alentour venus proposer leurs produits frais. Il dispose aussi d’une section couverte avec des étals en dur, entourés de boutiques classiques qui, elles, restent ouvertes en journée jusqu’à 17h.Et quand je dis « matinal », c’est au lever du jour que l’endroit prend vie. Le marché est essentiellement actif entre 5h et 8h. Si vous voulez vraiment ressentir l’ambiance locale, c’est à cette heure-là qu’il faut y être.Marché du matin à Mae Salong.2.2 Les mémoriaux de la 93e divisionAu-delà des nombreuses tombes et petits cimetières chinois disséminés un peu partout autour de Mae Salong, vous trouverez deux sites commémoratifs qui se détachent, le tombeau du général Tuanet lemémorial de la 93e division.Le tombeau du général TuanRepéré sur Google Maps sous le nom สุสานนายพลต้วน, ce tombeau discret se trouve sur une colline, peu après l’entrée de la ville et son marché.En soi, le site n’a rien de spectaculaire, mais il reste le lieu de repos d’un personnage clé dans l’histoire de Mae Salong. Son emplacement, au pied d’une petite plantation de thé et entouré de végétation, lui confère une atmosphère paisible. Depuis là-haut, on peut aussi profiter d’une vue partielle sur la ville.Le mémorial de la 93e divisionÀ moins d’un kilomètre du marché, légèrement en contrebas, se trouve le mémorial de la 93e division, bien plus imposant. Construit dans un style résolument chinois, il se distingue dès l’entrée par une grande sculpture dorée, représentant une main tenant ce qui ressemble à une fleur de lotus.En avançant, on emprunte une allée bordée de jardins bien entretenus, menant à la cour principale. Là, sous un grand bâtiment au toit courbé, se trouve la salle principale du mémorial, avec un autel entouré de plaques en bois, où sont probablement inscrits les noms des soldats ayant appartenu à la 93e division.Sur les côtés, vous avez deux salles annexes. On peut voir des photos retraçant les débuts de Mae Salong, ainsi que ce qui semble être une salle de réunion ou un bureau administratif. L’ensemble est bien préservé et surtout l’accès y est gratuit, donc autant en profiter si vous passez dans le coin.2.3 Le Wat Santi Khiri et son point de vuePerché à 1 500 mètres d’altitude, au-dessus de Mae Salong, le Wat Santi Khiri domine la ville. Il se compose de deux parties distinctes. La première englobe les quartiers d’habitation des moines, une salle de prière, et un peu à l’écart, un petit ubosot accessible par un escalier bordé de nagas. Son architecture reste classique, et honnêtement, si vous avez déjà l’habitude des temples bouddhistes, il ne présente pas un grand intérêt.D’ailleurs, il s’agit à ma connaissance du seul temple bouddhiste à Mae Salong même. Mais le véritable point d’intérêt du site se trouve plus haut sur la montagne.Pour les plus motivés, un escalier permet d’y accéder à pied, derrière l’ubosot. Sinon, une route contourne la colline et mène directement jusqu’au sommet. Là-haut, on trouve deux bâtiments distincts :Le Phra Borommathat Chedi, un grand chedi moderne à base carrée, haut de 30 mètres. Construit en l’honneur de la princesse mère Srinagarindra, il a été achevé en 1996. Son intérieur est sobre, mais il possède quelques particularités, comme des vitraux ornant ses fenêtres et une statue de la princesse (grand-mère de l’actuel souverain).Face à lui, un autre bâtiment reprend certains éléments d’architecture Lanna, bien que son style soit résolument moderne.Depuis la plateforme du chedi, on profite d’une belle vue panoramique sur Mae Salong et les montagnes environnantes, un excellent spot pour admirer les paysages de la région.2.4 Les plantations de théVous êtes ici en plein Triangle d’Or, une région autrefois tristement célèbre pour son trafic d’opium. Aujourd’hui, ce commerce appartient au passé, et c’est une toute autre culture qui s’épanouit sur ces montagnes.Mae Salong est désormais réputée pour ses plantations de thé, qui recouvrent les flancs des collines environnantes. Avec une altitude située entre 1 200 et 1 400 mètres et des sols particulièrement propices, la région offre des conditions idéales pour la culture du thé. Ici, on produit principalement du thé oolong, un thé chinois de haute qualité dont le nom signifie « dragon noir » en mandarin.Les plantations de thé à visiterLes deux producteurs les plus connus sont 101 Tea Plantation et Wang Put Tan.101 Tea Plantation : située à 5 km du centre, c’est la plus importante et la plus connue, en grande partie parce qu’elle est facilement accessible depuis la route principale menant à Mae Salong, en venant du Doi Tung.Wang Put Tan : plantation la plus proche de la ville, mais lors de ma dernière visite, elle semblait un peu laissée à l’abandon. Depuis, un hôtel s’y est installé et il semblerait que le site retrouve peu à peu une nouvelle dynamique.101 Tea PlantationL’accès est simple, avec un parking juste à côté de l’usine (qui, malheureusement, ne se visite pas). On y trouve un alignement de boutiques proposant un large choix de thés, que l’on peut goûter sur place.Son point fort ? Une vue panoramique sur les montagnes, avec des plantations de thé impeccablement entretenues au pied des boutiques.Wang Put TanL’entrée de Wang Put Tan Tea Plantation est facilement reconnaissable, avec deux lions chinois géants gardant l’entrée. Juste après, une théière géante, vestige d’une ancienne boutique de dégustation (du moins, j’imagine ?), marque le début du site.Contrairement à 101, leur usine de conditionnement n’est pas située à côté de la plantation, mais en face du boutique-hôtel du même nom. En principe, elle ne semble pas ouverte au public.Toutefois étant curieux, j’ai demandé la permission d’entrer aux ouvriers présent, ce qui m’a permis de revoir les différentes étapes de fabrication du thé, un procédé identique à ce que j’avais déjà observé dans les plantations de Nuwara Eliya, au Sri Lanka, qui se résume essentiellement à divers processus de séchage des feuilles.Intérieur de l’usine de conditionnement de Wang Put Tan.Si vous aimez le thé, Mae Salong est une destination incontournable. Entre les plantations, les salons de thé et les boutiques, vous aurez l’embarras du choix… d’ailleurs, il y a probablement plus de magasins de thé ici que de restaurants à proprement parler !3. Explorer les environs de Mae SalongMême s’il est possible de louer un songthaew à la journée pour explorer Mae Salong et ses environs, le mieux reste d’être véhiculé pour plus de liberté.Selon votre itinéraire, vous pourrez faire quelques arrêts intéressants en chemin, que ce soit pour admirer un point de vue, visiter un temple local ou simplement profiter du paysage.Si vous arrivez du Doi Tung, un beau point de vue se trouve juste après le carrefour entre la route 1130 et la 4052 (cette dernière mène au Doi Hua Mae Kham, dont je parle plus bas).À cet endroit, de l’autre côté de la route, une autre vue panoramique s’offre à vous, accompagnée d’un petit terrain de foot et de balançoires traditionnelles Akha. Un petit café a récemment ouvert ici, offrant une halte agréable pour une pause café ou un en-cas.Concernant le temple local, le Wat Phra That Santitham, il est visible en montant vers Mae Salong par une route secondaire reliant la 1089. Impossible de le manquer : il est littéralement accolé à la route, qui rejoint ensuite la principale menant à Mae Salong. On peut d’ailleurs l’apercevoir depuis la ville.Son chedi octogonal est récent puisqu’il date de 2012, ce qui lui confère une architecture plus moderne. Pas un immanquable donc mais puisque je passais devant, autant en profiter.Enfin, au-delà des plantations de thé, la région compte plusieurs villages ethniques, que l’on peut découvrir en explorant les environs.3.1 Les villages tribauxAvant même l’arrivée de cette armée chinoise en provenance du Yunnan, les environs de Mae Salong étaient déjà peuplés par plusieurs tribus montagnardes, dont leurs origines remontent également au sud de la Chine (et pour certaines à la Birmanie voisine).Parmi les ethnies visibles autour de Mae Salong, on retrouve les Mien (aussi appelées Yao), les plus « classiques » Lahu et Lisu ou encore les Hmong. Mais de mon expérience, ce que j’ai vu le plus dans cette région ce sont les Akha, connues pour leur imposante coiffe décorée de pièces en argent.Lors de ma première venue à Mae Salong, c’est juste au sud de la ville que je suis allé me balader dans l’un des villages ethniques qui l’entourent.Village Akha Baan Pa Kha Suk Jai.Il est possible de faire une boucle à travers les petites routes de montagne (voir carte plus bas), en passant par plusieurs villages. Mais avant d’en dire plus, je préfère faire une petite mise au point : avec les années, ces villages évoluent, et leur architecture traditionnelle tend à disparaître au profit de constructions plus modernes.J’avais effleuré ce sujet ailleurs, mais aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de différencier les ethnies d’un village à l’autre, tant les habitations en bois sur pilotis laissent place à des maisons en dur. C’est une évolution logique qui améliore les conditions de vie des habitants, mais cela change aussi la perception que l’on peut avoir d’un « village ethnique ».Pour illustrer ce que j’évoque, voici deux photos comparant la même maison en 2010 puis en 2017 (en haut à droite) : Concrètement, cette boucle passe d’abord par un village Akha, Baan Pa Kha Suk Jai. Lors de ma première visite, j’avais eu la chance de rencontrer des anciens en tenue traditionnelle, assis sur la terrasse de leur maison, occupés à leurs tâches quotidiennes.Une scène que je n’ai plus observée par la suite…Il reste quelques exceptions à cette évolution, comme cette maison où seule la toiture a été remplacée par de la tôle, mais dont la structure d’origine est toujours intacte quelques années plus tard (2010 vs 2017 et aux dernières nouvelles, toujours là de nos jours).L’arrêt suivant se fait dans un village producteur de café, Baan Pana. J’avais justement testé un café local au Pana Coffee House. Malheureusement, ils pratiquent une torréfaction foncée (« dark roast »), où le grain est presque noir.Ce type de torréfaction est censé donner plus de corps et des saveurs robustes, mais personnellement, je préfère une torréfaction « medium », qui donne un grain plus brun et un café plus parfumé.Le village a tellement changé que j’ai eu du mal à me rendre compte que j’y étais également passé avec mes parents il y a plus d’une décennie. C’est en regardant mes photos après coup que des détails familiers – comme un petit pont dont je me souvenais – m’ont mis la puce à l’oreille.Pour donner une meilleure idée, voici la comparaison entre 2010 à gauche et 2024 à droite, tous les toits de chaume ont disparus :S’il y a au moins quelque chose que ne change pas avec les années, c’est l’accueil des gens, et surtout des enfants, toujours curieux de rencontrer des étrangers, qui restent peu nombreux à passer dans ces villages.Si vous souhaitez vraiment explorer la région à fond, bien que ce ne soit plus forcément indispensable aujourd’hui, un SUV peut être préférable. Lors de ma première venue, j’avais loué un 4×4 avec mes parents, ce qui m’a permis d’explorer des coins plus reculés. C’est ainsi que j’ai découvert un village Lahu difficilement accessible, en suivant un chemin non goudronné au hasard.Petite anecdote : ce n’est que six ans plus tard, après avoir fouillé les détails de mes photos, que j’ai enfin pu retrouver l’emplacement exact sur Google Maps, que j’ai annoté sur ma carte en fin d’article ainsi que la boucle entière possible à la journée.3.2 Doi Hua Mae Kham : Un festival de tournesols mexicainÉloignons-nous un peu de Mae Salong pour découvrir le Doi Hua Mae Kham, une montagne si isolée que même Google Street View n’y a pas encore mis les pieds.Situé à l’extrême nord-ouest de la région, à moins d’un kilomètre de la frontière birmane, ce site n’est qu’à 50 km de Mae Salong, mais il faut tout de même compter deux heures de route pour s’y rendre, tant les virages sont nombreux.Son principal attrait – en tout cas, ce qui m’avait amené là – est la floraison des tournesols mexicains (บัวตอง – Bua Thong) qui recouvrent les flancs de la montagne entre novembre et début décembre. Au passage, un spot reconnu pour ça étant au Doi Mae U Kho dans la province de Mae Hong Son.Mais on retrouve aussi ces vastes étendues jaunes au Doi Hua Mae Kham. Un festival, alors en pleine préparation, y est d’ailleurs célébré à cette occasion, réunissant toutes les tribus alentours. Malheureusement, je suis arrivé un jour trop tard pour y assister, ne connaissant pas la date exacte….À côté de la zone aux tournesols, les locaux m’indiquait d’aller voir une petite cascade locale. Elle n’est même pas indiqué sur la map mais est facilement accessible. Enfin Hua Mae Kham est situé à flanc de montagne, et offre par conséquent en prime une vue panoramique sur les environs.J’ajouterai que le village où je me suis arrêté pour admirer les tournesols est de l’ethnie Lisu, l’occasion d’aborder le quotidien d’une tribu différente. Et là aussi, l’accueil et les sourires, notamment des enfants, étaient au rendez-vous. J’ai même pu tester un petit restaurant local qui payait pas de mine mais remplissait très bien sa fonction !Hors saison, venir jusqu’ici reste une expérience intéressante. Le trajet à lui seul vaut le détour, à condition de ne pas être sujet au mal des transports, car les virages s’enchaînent. En chemin, on traverse plusieurs villages, où la vie suit son cours paisiblement, et on profite de magnifiques paysages vallonnés, ponctués de rizières.3.2 Ban Thoet : balade au coeur des montagnesLors d’un autre séjour à Mae Salong, j’étais parti en direction de la Choui Fong Tea Plantation. Je ne parle pas de celle située près du Doi Tung, dans la plaine, mais d’une autre, de la même compagnie, perdue dans les montagnes, juste à côté de la frontière birmane.Elle se trouve à l’écart, sur la route menant également au Doi Hua Mae Kham. Le problème étant qu’à l’époque, je n’avais aucune idée de l’état de la route pour y arriver (c’est maintenant clarifié puisque la Google Street car y est passé en 2022 !). Du coup, j’avais abandonné l’idée en cours de route mais c’est ce qui m’avait mené aux abords de la petite ville de Ban Thoet.Une ville au cœur des montagnesBan Thoet est une bourgade paisible, nichée au cœur des montagnes, avec quelques attractions et temples locaux. En chemin, on trouve déjà un point de vue en bord de route qui, par temps clair, permet d’apercevoir au loin le chedi du Wat Santi Khiri.À l’entrée de la ville, je suis aussi tombé complètement par hasard sur un site intriguant. Je me suis garé sur ce qui ressemblait à un parking dans une cour dont j’étais pas sûre qu’elle soit privée ou non. Derrière, on peut voir un escalier monter vers un bâtiment dominant la zone.Ce lieu est a priori référencé sous le nom « Huai Phueng Shrine » sur Google Maps, bien que mal indiqué de l’autre côté de la route. En me garant, des locaux m’ont confirmé que je pouvais monter. Je ne sais pas trop à quoi servait le bâtiment près du sommet, mais derrière, on trouve quelques tombes chinoises. Mais surtout, quel spot privilégié, la vue sur la nature entourant Ban Thoet y est imprenable !Les temples de Ban ThoetToujours lors de ce séjour, j’ai aussi fait un arrêt au Wat Phra Songchai Ratanapalangphuang, surnommé « Temple of the Giant Bronze Buddha ». On y trouve bien une statue de bronze… mais pas si « giant » en réalité !Le temple se distingue surtout par ses jardins ornés de statues, dont plusieurs sont également en bronze. Autre point notable, un escalier massif menant au bâtiment principal, sur lequel trône la grande statue de Bouddha. D’en haut, on profite d’un beau panorama sur les montagnes environnantes.Ce jour-là, la pluie commençait à tomber, et je ne voulais pas me risquer sur des routes de montagne mouillées. J’ai donc écourté ma visite et remis l’exploration du coin à plus tard.Lorsque je suis repassé dans la région, en me rendant de nouveau au Doi Hua Mae Kham, j’ai cette fois pris le temps de m’arrêter au chedi du Wat Sam Tao, qui domine la ville de Ban Thoet.Un vestige du passé : le Khun Sa Old CampL’un des seuls sites que je n’ai pas encore visité dans le coin est le Khun Sa Old Camp. Il s’agit de l’ancien bastion du baron de la drogue Khun Sa, qui s’était installé ici en 1964 avec sa propre milice, baptisé « armée de libération nationale » avant d’être chassé de Thaïlande par les forces gouvernementales en 1982.4. Comment se rendre à Mae SalongMae Salong se trouve à 70 km au nord-ouest de Chiang Rai et à 45 km à l’est de Thaton.En bus ou songthaewQuelque soit votre localité de départ, il n’existe pas de trajet direct en bus pour Mae Salong. Voici du coup les options :Via Mae Sai : Prenez un bus en direction de Mae Sai (plateforme 5 du terminal de bus de Chiang Rai) ou éventuellement un songthaew. Descendez à Pa Sang, en face d’une station PT (logo vert), où la route 1130 monte vers Mae Salong. À côté du carrefour, des songthaews bleus attendent pour effectuer la montée. → Attention : après 13h00, il n’y a plus de transport disponible.Via Mae Chan : Autre possibilité, descendre un peu plus tôt, dans la petite ville de Mae Chan. Après le rond-point, vous trouverez un arrêt où passent des songthaews vert foncé, qui montent ensuite au Doi Mae Salong par la route 1089.Tarifs : environ 60 Bahts par personne pour le trajet en songthaew depuis Pa Sang ou Mae Chan si pris en commun. Possible aussi en charter à partir de 400 Bahts.Songthaew circulant à Mae Salong.En voitureComme pour les songthaews, deux routes principales permettent d’atteindre Mae Salong en voiture :Par Pa Sang : depuis Chiang Rai, prenez la route 1 en direction du nord (Mae Sai) jusqu’à Pa Sang, puis bifurquez sur la route 1130, qui sera dans ce sens sur votre gauche.Par Mae Chan : la route « principale » passe par la route 1089, qui mène à Thaton et Fang. Au carrefour avec un checkpoint, prenez la route 1130 sur votre droite pour monter à Mae Salong.Astuce GPS : Si vous suivez Google Maps depuis Chiang Rai, il vous fera passer par la 1089, mais vous fera monter avant d’atteindre la 1130. Cela fait gagner environ 10 minutes, et c’est comme ça que j’ai découvert la route passant devant le Wat Phra That Santitham, mentionné plus haut.️ Durée du trajet : comptez 1h30 depuis Chiang Rai, idem depuis Mae Sai, avec de nombreux virages, mais un superbe panorama sur la région !C’est bon vous êtes arrivés !5. Où manger et dormir à Mae Salong ?5.1 Manger à Mae Salong : des options limitées, mais quelques bonnes adressesÀ Mae Salong, l’offre de restauration est assez restreinte. Beaucoup de restaurants ferment tôt et proposent une cuisine essentiellement chinoise, notamment des plats à base de nouilles, ce qui limite les possibilités culinaires.À moins d’avoir un restaurant dans votre hôtel, vous risquez vite de vous retrouver dans la même situation que moi… À savoir qu’en marchant le long de la route principale, vous verrez peu de lumière, peu d’animation, et ici, même la maîtrise du thaï est parfois limitée, alors l’anglais encore plus !Shin Guesthouse, une référence à Mae Salong.Si vous séjournez au Shin Shane Guesthouse, vous pouvez aller à la Xin Shi Dai Bakery. Ne vous fiez pas au nom, qui laisse penser qu’il ne s’agit que d’une boulangerie : certes, elle en fait en journée, mais elle propose aussi en soirée quelques plats parmi lesquels des classiques de la cuisine thaïlandaise. C’est simple, bon, et l’accueil est top, les gens qui tiennent l’échoppe sont vraiment adorable !Autrement, en descendant un peu plus loin, vous arriverez au 7/11 (toujours pratique en dépannage). Juste à côté, vous avez le CJ Coffee & Tea (ร้านซีเจ cj coffee and food ดอยแม่สลอง sur Google Maps). Il ferme plus tôt que le Xin Shi Dai mais propose quelques plats simples, typiques et savoureux.Sinon j’avais testé un jour le restaurant en terrasse de l’hôtel My Place, que je peux également recommander.5.2 Dormir à Mae Salong : mes options testées et approuvéesPour ce qui est de dormir, outre le My Place, cité juste au dessus, voici mes 3 choix testés à ce jour :– Shin Sane Guesthouse (à partir de 300 Bahts) : qui se targue d’être la première maison d’hôte de Mae Salong (depuis 1970 !). C’était mon point de chute lors de mon premier séjour, vu qu’à l’époque les options étaient plus que limités. C’était assez basique, tout comme le prix et un bon accueil. Depuis ils ont agrandis et il reste une excellente option.– Wang Put Tan Boutique Hotel (à partir de 800 Bahts) : plus moderne, celui-ci possède un charme indéniable et de par son emplacement, une superbe vue depuis la terrasse des chambres. Malheureusement, il est un peu victime de son succès et souvent plein pendant la haute saison, prenez-y vous à l’avance.– Phumektawan Resort (à partir de 850 Bahts) : un coup de cœur dans la région de par son excellent accueil ! Voilà une famille qui sait recevoir ! Si l’hôtel a des allures de « grand » resort, son fonctionnement n’en reste pas moins familial. Et surtout, quelle vue ! Depuis la plateforme qui sert de parking, où vous trouverez la réception, on domine toute la montagne à l’Est. Son principal inconvénient réside dans le fait d’être un peu à l’écart de Mae Salong (3 km). Il est donc préférable, si pas indispensable, d’être véhiculé pour y séjourner.Vue sur le Phumektawan Resort.6. Les attractions de Mae Salong sur une carteVoici une carte pour vous repérer avec la liste de lieux mentionnés dans l’article :Je conclurai en précisant que si vous avez une journée ou deux de battements entre un séjour à Chiang Rai et Chiang Mai, et malgré sa « modernisation », Mae Salong vaut définitivement le petit détour. Cela reste un coup de cœur dans cette région partie intégrante du triangle d’or, qui reste moins visitée et plus calme qu’autour de Chiang Mai.À noter que les week-ends, il peut y avoir un plus de monde, surtout pendant la période hivernale (de novembre à début février), les Thaïlandais appréciant l’air frais des montagnes.Alors, on embarque pour un petit tour en « Chine » ?L’article vous a plu ? partagez sur le Pinterest ! L'article vous a plu ? Voter l'article Note globale 4.6 / 5. Nombre de votes : 9 Pas encore de vote. Soyez le premier à noter cet article ! L'article vous a plu ? 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