Dambulla est l’une des grandes étapes du Triangle culturel du Sri Lanka. Le site est surtout connu pour son temple troglodyte, installé sous un imposant rocher et composé de cinq sanctuaires remplis de statues de Bouddha et de peintures murales.
Nous y arrivions depuis Kandy et avions choisi d’y rester plusieurs nuits, Dambulla servant ensuite de base pour rejoindre Polonnaruwa, Anuradhapura et Sigiriya. Avant ces excursions, nous consacrions cette première journée aux grottes, au temple d’or moderne situé au pied du rocher et à un petit tour dans la ville.
Au-delà des grottes elles-mêmes, la montée offre aussi un beau panorama sur la région, avec Sigiriya visible au loin par temps clair.
Trajet Kandy – Dambulla
Nous nous rendions à la station de bus de Kandy. En 2013, le tuk-tuk depuis notre guesthouse nous avait coûté 200 roupies, puis 380 roupies pour deux pour le bus climatisé jusqu’à Dambulla.
Le trajet en bus entre Kandy et Dambulla est d’un peu moins de 3h. Comme on n’avait pas particulièrement cogité sur l’emplacement précis de notre hébergement à Dambulla, on n’a pas réalisé qu’on est passé devant lorsque le bus nous amenait à la station en ville… On aurait pu demander à être déposé et nous éviter le trajet en tuk tuk de la station jusqu’à notre hôtel.
Car le gros avantage de notre emplacement, c’est qu’il suffit littéralement de traverser la route en terre devant et la route principale à proximité pour entrer dans le temple d’or, temple qui se situe au pied de la colline où se trouvent les fameuses grottes de Dambulla.


Une fois à bon port, nous prenions d’abord notre déjeuner au guesthouse (le Green Hut, voir en bas de l’article), histoire de prendre des forces pour la suite de la journée. Si le lieu n’est pas terrible, le proprio est lui, bien accueillant.
Déjà parce qu’un petit déj normalement il est compris pour le matin suivant la nuitée, alors que là le mec nous a direct offert à manger quelque chose, et le repas était correct.

Monter aux grottes depuis le temple d’or
Petit effort du jour, monter les marches. Les grottes étant perchées sur un rocher de 160m de hauteur surplombant la vallée environnante. En récompense, en plus des grottes elles-mêmes qui sont superbes et valent le détour, c’est une sacrée vue sur toute la région que vous aurez en haut !
Il faut compter une dizaine de minutes pour atteindre le temple des grottes, rien d’insurmontable donc, même si la chaleur peut rendre la montée plus fatigante. Mieux vaut prévoir de l’eau : lors de notre visite, les vendeurs croisés sur le chemin proposaient surtout des fleurs destinées aux offrandes.





Origine des grottes de Dambulla
L’histoire religieuse de Dambulla est très ancienne : les grottes étaient déjà occupées par des moines bouddhistes au IIIe siècle avant notre ère. La tradition associe ensuite le lieu au roi Valagamba (Vattagamani Abhaya), qui s’y serait réfugié au Ier siècle av. J.-C. après avoir été chassé d’Anuradhapura, avant de reprendre son trône et de favoriser l’aménagement du sanctuaire.
Le complexe principal rassemble aujourd’hui cinq sanctuaires rupestres. L’UNESCO y recense 157 statues et environ 2 100 m² de peintures murales bouddhiques. L’ensemble a été remanié, repeint et enrichi à plusieurs reprises au fil des siècles, avec une part importante de son aspect intérieur actuel remontant au XVIIIe siècle.

Quelques repères
Le rocher domine la plaine d’environ 150 à 160 m. Si l’on visite surtout les cinq sanctuaires aménagés, le secteur compte de nombreuses autres cavités, avec des traces d’occupation bien antérieures au développement du complexe bouddhique.
Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991. Depuis 2019, son nom officiel sur la liste est « Temple troglodyte de Rangiri Dambulla ».
Les principales grottes à voir
Grotte n°1 : Devaraja Viharaya
La première grotte, dite du roi divin, est plutôt petite. Elle comporte un grand Bouddha allongé de 15 m. Les peintures murales sont anciennes mais ont été restaurées à plusieurs reprises, accumulant différentes couches au fil des siècles.
Grotte n°2 : Maharaja Viharaya
La deuxième grotte, la plus grande, est nommée « temple du grand roi ». C’est sans doute la plus spectaculaire des cinq. Elle mesure 52 m de long et 23 m de large, tandis que le plafond atteint par endroits 7 m : sacré volume !
Cette grotte doit son nom aux deux statues de rois qu’elle contient. L’une d’elles est visible à côté de l’entrée sur la gauche, une statue en bois peint du roi Valagamba. L’autre statue est plus à l’ intérieur et représente Nissanka Malla.
Cette salle possède à elle seule 53 images de Bouddha, un petit stupa (5 m de haut tout de même) ainsi que d’impressionnantes fresques murales.
Grotte n°3 : Maha Alut Viharaya
La 3e grotte, Maha Alut Viharaya (« le grand nouveau temple »), est plus récente. Elle servit pendant longtemps de pièce de stockage avant sa reconversion en sanctuaire sous le règne du roi Kirti Sri Rajasinha de Kandy au XVIIIe siècle.
Pour l’anecdote, elle n’est séparée de la grotte n°2 que par un mur de maçonnerie. Les peintures racontent différents épisodes de la vie du Bouddha, avant et après son Éveil.


Grotte n°4 : Pascima Viharaya
La 4e grotte est plus petite également, nommée Pascima Viharaya, ce qui signifie le temple occidental. Malgré son nom, ce n’est pourtant pas la grotte la plus à l’ouest puisqu’il s’agit de la grotte n°5.
Grotte n°5 : Devana Alut Viharaya
Nous voilà à la 5e et dernière grotte, la plus petite, nommée Devana Alut Viharaya, a été rajoutée par un chef de clan local au siècle dernier. Servant autrefois aussi d’entrepôt, elle a été simplement appelée Second Nouveau Temple…
Le rocher de la colline fait office de toit, tandis que les cotés sont des murs artificiels.
Des grottes et un panorama
Au delà des grottes elles-mêmes (dont au final surtout la numéro 2 vaut le détour), c’est comme je le disais, la vue qui a un certain intérêt et l’ambiance des lieux, étonnement paisible au moment de notre visite, moins d’une dizaine de personne à tout péter.
On y croise quelques singes devant les grottes, mais la plupart son surtout avant l’entrée, donc pas de soucis à avoir si vous en avez peur (ça peut arriver…).
A côté de l’entrée, ne loupez pas la stèle portant une inscription datant du XIIIe.

Retour au sanctuaire du temple d’or
Sur le chemin de la descente, nous croiserons tout un contingent de collégiens, manifestement en sortie scolaire (il était donc temps qu’on parte). Le long du chemin, on peut apercevoir outre les singes qui se servent des fils électriques comme d’un « téléphérique », une superbe vue sur le rocher de Sigirya, à quelque 19km de là.
Le temple d’or moderne au pied du rocher se reconnaît facilement à son grand Bouddha assis d’environ 30 m. Sa base abrite également un musée consacré au bouddhisme, qui constitue une visite distincte du temple troglodyte.


Petit tour à Dambulla City
Après cette visite des grottes, nous avions encore un peu de temps libre avant la fin de la journée. Nous décidions donc d’aller faire un tour dans le « centre » de Dambulla. Enfin, juste la rue principale traversant la ville… Bon concrètement y’a pas grand chose à voir
Mais bon, c’était plus histoire de rencontrer un peu la population locale, sachant que les 3/4 des touristes ne restent jamais à Dambulla. Beaucoup sont des tour-opérateurs en bus se contentant de débarquer au temple d’or, visitent et puis s’en vont à Sigiriya ou autre…
On y arrivait après avoir pris un tuk-tuk depuis les grottes, qui nous avait coûté 150 Rs en 2013. On passait devant un genre de grand marché couvert façon Rungis, son horloge, puis on demandait à nous déposer alors qu’on voyait plein de commerces le long de la grande rue.

On croisait donc peu d’étrangers et c’est avec beaucoup de sourires et de regards curieux que l’on déambulera autour de la rue, cette même rue d’où l’on prendra le bus d’ailleurs pour aller dans les villes historiques des environs car il n’y a pas de terminal de bus à proprement parlé à Dambulla.
La ville me paraissait petite, avec cette longue rue principale donnant presque l’impression d’une grosse bourgade. À l’époque, je m’étais amusé à la comparer à Cahors, où j’ai grandi.
On mangeait dans le seul restaurant qui avait l’air propre et attirant, mais le choix dans le menu était limité.



Faut-il dormir à Dambulla ?
Concrètement, j’avais choisi un guesthouse très proche du temple d’or, et donc des grottes, pensant ainsi limiter les frais en aller-retour depuis la ville à côté.
Sauf que… il n’y avait pas grand chose autour. À savoir qu’à l’origine en préparant ce séjour, on pensait changer d’hôtel chaque jour, donc bouger et dormir à respectivement Polonnaruwa, Anuradhapura et Sigiriya avant de revenir sur la capitale et point de départ, Colombo.
Malgré la chambre pas terrible de notre GH, la Green Hut à Dambulla, on décida de s’en servir de « base » pour les jours à venir, car les anciennes cités sont toutes à une distance raisonnable de Dambulla, permettant de faire le trajet dans la journée (1h15 pour les deux anciennes capitales et 30 minutes seulement pour Sigiriya).
Cela nous évitait de nous trimbaler nos sacs chaque jour et le faible coût de la GH en question nous ferait faire des économies.
Mon conseil : même s’il n’y a pas grand chose, rester sur Dambulla n’est pas déconnant pour visiter toutes les villes historiques du coin. Mais quitte à faire ça, prenez un hôtel plutôt dans le « centre » de Dambulla. L’autre hub du coin est la petite bourgade d’Habarana, bien centrée entre toutes ces destinations.
Le gros bémol dans notre organisation, c’est que j’avais prévu un bel hôtel pour Sigiriya (déjà réservé et pas donné), histoire de se faire un petit plaisir sur la fin du voyage. Donc on devait bouger là de toute façon pour notre dernière étape avant le retour à Colombo.
Ça a d’autant plus été un mauvais choix qu’au final le bus pour repartir vers Colombo se prend de toute façon depuis Dambulla… Sans compter que l’hôtel à Sigiriya, isolé et cher, n’était pas un bon choix d’emplacement pour terminer le séjour, c’était particulièrement une mauvaise stratégie.











































































