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Deux jours à Ayutthaya : au-delà des temples incontournables

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Ayutthaya se visite souvent à la journée depuis Bangkok. La proximité avec la capitale rend son accès pratique, et une journée peut suffire pour voir les temples majeurs et se faire une première idée de l’ancienne capitale du Siam. C’est d’ailleurs ce que je détaille dans un autre article consacré aux incontournables d’Ayutthaya en une journée.

Mais que ce soit pour les amateurs d’histoire ou ceux qui aiment prendre leur temps, la ville regorge de temples anciens, dont certains encore en activité, qui dévoilent une tout autre facette. En s’éloignant des sites les plus fréquentés et en s’aventurant légèrement à l’écart de l’île historique, on tombe sur des vestiges tout aussi intéressants sur le plan historique ou architectural.

Cet article s’adresse donc à ceux qui prévoient de rester deux jours à Ayutthaya et préfèrent prendre le temps d’explorer et d’approfondir la découverte de l’ancienne capitale. L’idée est de consacrer une première journée aux grands classiques, puis une seconde journée tournée vers des visites moins connues et des balades qui permettent d’aborder Ayutthaya autrement.

Jour 1 à Ayutthaya : les temples incontournables

Cette première journée correspond au parcours le plus classique à Ayutthaya, centré sur les temples majeurs tout en intégrant aussi quelques sites moins emblématiques.

En tant que tel, rien n’empêche de piocher également parmi les temples mentionnés pour la seconde journée. Mais l’idée ici est surtout de poser une base solide :

→ Si, pour x ou y raison, vous deviez changer vos plans et ne restiez finalement qu’une seule journée à Ayutthaya, vous aurez au moins vu l’essentiel de ce qui fait la renommée de cette ville historique, classée, pour rappel, au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les grands classiques, en bref

Je vous les remets dans l’ordre de mon article détaillant ces visites. Il n’est pas indispensable de le respecter à la lettre, mais il conserve une logique d’enchaînement géographique qui permet d’optimiser les déplacements :

👉 Pour les détails sur l’histoire de l’ancienne capitale et des temples, je vous renvoie vers l’article l’essentiel d’Ayutthaya en une journée.

Repères pratiques pour une première journée à Ayutthaya

  • Temps à consacrer
    Pour les temples majeurs, comptez en moyenne 45 minutes à 1 heure par site. En pratique, une journée bien remplie permet de visiter 4 à 6 temples sans avoir l’impression de courir.
  • Temps de déplacement
    Les distances sont courtes, mais les trajets prennent vite 10 à 20 minutes entre deux sites selon le moyen de transport choisi (vélo, tuk-tuk, scooter), auxquels s’ajoutent les temps d’accès et de visite.
  • Rythme et pauses
    Entre la chaleur, les zones peu ombragées et les pauses nécessaires (eau, café, repas), mieux vaut prévoir large et éviter de trop charger la journée, surtout en milieu de journée.
  • Budget entrées
    Les principaux temples sont payants. En cumulant les entrées sur une journée, il faut compter environ 200 à 300 bahts par personne, selon le nombre de sites visités.

Jour 2 à Ayutthaya : temples secondaires et visites plus calmes

Cette seconde journée marque un changement de rythme et permet une découverte plus posée d’Ayutthaya. Après les temples majeurs, place à des sites moins connus, généralement laissés de côté lors d’une première visite car on rentre là dans des temples plus confidentiels que ceux évoqués jusqu’alors.

Pour être transparent, ces temples ont été visités dans l’ordre présenté, au cours d’une même journée, à l’occasion d’une petite sortie hors de Bangkok avec Jitima, pour compléter ma « collection » de temples à Ayutthaya.

On était en voiture pour se déplacer, ce qui est certes pratique et surtout plus rapide qu’à vélo, mode de transport généralement adopté. Mais comme on n’est pas partis particulièrement tôt, ce programme reste tout à fait faisable à vélo ou mieux, en tuk tuk, et donne une bonne idée du rythme possible pour cette 2e journée.

Deux grands ensembles d’importance historique

Wat Kudi Dao

On démarrait cette journée par le Wat Kudi Dao, situé juste à l’est de l’île historique. Cette zone, délimitée par plusieurs canaux, correspond à ce qui peut être vu comme une forme de proto-Ayutthaya. De nombreuses sources estiment en effet que les lieux étaient déjà occupés avant l’arrivée du roi U-Thong, qui y établira sa capitale en 1351.

Le Wat Kudi Dao n’a pas de date de fondation précise, mais le temple actuel se trouvait à l’origine au croisement de deux canaux aujourd’hui quasiment disparus, le Khlong Pradu et le Khlong Kudi Dao.

vue densemble du wat kudi dao ayutthaya
Vue d’ensemble du Wat Kudi Dao.

Peu d’informations existent également sur l’origine de son appellation, le temple n’étant clairement mentionné dans les chroniques royales que sous le règne de Thai Sa (1709-1733). Ce que l’on peut en dire, en revanche, c’est que le Wat Kudi Dao tirerait son nom des kudi, les habitations traditionnelles des moines, tandis que dao signifie « étoile » en thaï.

Ces mêmes chroniques rapportent que le frère cadet du roi Thai Sa s’y rendit pour y être ordonné moine. Cela explique que, tandis que le roi Thai Sa entreprenait d’importantes rénovations au Wat Maheyong, son jeune frère — le futur Borommakot — se lança dans la restauration du Wat Kudi Dao en 1711. Les deux monastères, situés à proximité l’un de l’autre, étaient alors reliés par un canal.

J’en arrive ainsi au premier bâtiment visible en arrivant au complexe, nommé Tamnak Kammalian. On est ici juste à l’extérieur des murs du temple, face à un bâtiment à deux étages aux fenêtres cintrées, qui reflètent une influence musulmane marquée.

Ce bâtiment ne fait pas partie du temple, puisqu’il s’agit d’un palais temporaire construit par le futur roi Borommakot pour y résider le temps des travaux de restauration. Son architecture diffère ainsi nettement du reste du site. De par son état de conservation, il m’a concrètement intrigué en découvrant des photos, et m’a poussé à visiter le Wat Kudi Dao.

Sur un côté extérieur de la structure, un figuier des pagodes — aussi connu comme arbre de la bodhi — a pris racine, offrant une ombre bienvenue le long de la façade nord.

figuier des pagodes residence tamnak kammalian au wat kudi dao
Le figuier des pagodes jouxtant l’ancienne résidence.

Après avoir bien mitraillé l’édifice sous tous les angles, on pénètre enfin dans le temple proprement dit, bien délimité par un mur d’enceinte, lui aussi en excellent état.

On se retrouve alors face à une grande salle, qui jouxte un autre bel arbre. Là encore, les murs sont en grande partie intacts, si ce n’est une façade arrière éventrée en V, telle une cicatrice jamais guérie.

exterieur du ubosot au wat kudi dao ayutthaya

facade arriere du ubosot au wat kudi dao

Dans les temples actuels, on retrouve généralement cette même configuration : un viharn d’un côté, et un second bâtiment qui correspond alors à l’ubosot, la salle d’ordination.

La distinction se fait normalement grâce à la présence, autour de l’ubosot, de pierres symboliques appelées bai sema. Si elles ont aujourd’hui disparu, on peut encore deviner l’emplacement des piédestaux qui les accueillaient. Mais ce qui permet plus sûrement d’identifier l’ubosot ici, c’est ce que l’on découvre en pénétrant à l’intérieur.

Cet ubosot ce distingue par la présence d’un trou visible devant les restes de l’autel : il correspond à l’emplacement d’un luk nimit, une sphère rituelle en pierre enterrée lors de la cérémonie de consécration du temple, marquant son caractère sacré.

Une distinction avec cet ubosot étant la présence de fausses fenêtres sur ces murs. Celles-ci étaient autrefois apprêtées d’une laque noire et recouvertes de feuilles d’or.

Derrière la salle d’ordination se trouve le chedi principal. Ce grand chedi en forme de cloche est construit dans le style sri-lankais.

De forme arrondie sur sa partie supérieure, il repose sur une plateforme carrée, une terrasse auparavant entourée d’une balustrade, qui permettait aux fidèles d’en faire le tour trois fois dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Une pratique toujours d’actualité, que l’on peut notamment observer dans des temples comme Wat Phra That Lampang Luang (à Lampang) ou Wat Phra That Doi Suthep (à Chiang Mai), pour ne citer que ceux-là.

chedi au wat kudi dao ayutthaya

chedi centrale et angle wat kudi dao ayutthaya

Des chedis à base carrée complétaient le décor à chaque angle, sans compter d’autres chedis de tailles et d’états de conservation variés, disséminés dans l’enceinte du temple.

La grande flèche qui formait la pointe du chedi s’est effondrée, mais on peut encore l’apercevoir au sol, en contrebas, dont un gros morceau littéralement planté tête en bas, donnant une bonne idée de l’échelle de la structure.

On en arrive ensuite à l’autre bâtiment composant le temple, la salle de sermons (ce que l’on nomme un viharn en Thaïlande), situé de l’autre côté du chedi.

L’intérieur est moins intéressant ici, alors qu’il ne reste que les bases des colonnes, mais, étonnamment, on retrouve ce même effondrement en V sur le mur du fond.

interieur du viharn au wat kudi dao ayutthaya
Intérieur du viharn.

L’ensemble du Wat Kudi Dao est très photogénique, au point que l’on y passait facilement une bonne demi-heure avant de quitter les lieux pour rejoindre le temple voisin. Si je peux faire un reproche, c’est qu’avec les rénovations plus récentes, le sol s’est vu entièrement pavé de briques, ce qui renvoie fortement la chaleur.

Avant de traverser la route pour se diriger vers le Wat Maheyong, on jetait aussi un œil furtif au chedi du Wat Chakkrawat, situé juste à côté du Wat Kudi Dao.

chedi du wat chakkrawat ayutthaya
Chedi du Wat Chakkrawat.

Wat Kudi Dao

Horaires d’ouverture : 8h00 – 16h30

Tarif d’entrée : 80 Bahts

Wat Maheyong

Pour ce temple, la date de fondation est connue : il est établi en 1438 par le roi Borommaracha II (aussi appelé Chao Sam Phraya). Le nom du Wat Maheyong dériverait de Mahiyanga, un ancien site bouddhique du Sri Lanka, lié à la première visite légendaire du Bouddha dans l’île peu après son Éveil.

Lorsque j’évoque plus haut l’importance historique de ces temples, c’est notamment parce que durant la guerre birmane de 1568–1569, l’armée du roi birman Bayinnaung établit son campement au monastère de Maheyong. C’est ici que le roi Mahinthrathirat d’Ayutthaya se présenta au souverain birman après la chute de la capitale, en août 1569.

facade arriere au wat maheyong ayutthaya

Enfin, comme évoqué précédemment, le temple est rénové sous le règne du roi Thai Sa à partir de 1709, ce qui explique son état de conservation globalement très correct.

Le souverain y fit également construire une résidence temporaire le temps des travaux (trois ans) : le Tamnak Maheyong, dont les vestiges sont visibles un peu plus au sud du Wat Maheyong, mais dans un état nettement moins bon que celui édifié par son frère au temple voisin.

tamnak maheyong jouxtant wat maheyong ayutthaya
Un mur restant de l’ancienne résidence Tamnak Maheyong.

On comprend rapidement l’importance de ce temple à travers l’accès particulier à son ubosot. On longe en effet un corridor qui était à l’origine réservé aux membres de la famille royale, une configuration que je n’avais encore jamais observée ailleurs en Thaïlande.

L’ubosot lui-même se révèle imposant, avec ses 35 mètres de long pour 17 mètres de large. Les bornes de délimitation bai sema, qui marquent l’espace sacré, sont bien visibles et ne laissent aucun doute sur la fonction de cette salle d’ordination, ni sur son statut royal, renforcé par la présence de doubles dalles.

Je ne sais pas ce qui explique la forme du mur éventré en V que je constate également ici, mais il est bien visible sur la façade avant. À l’intérieur, quelques colonnes à base octogonale se dressent encore, entourant l’autel qui accueillait autrefois la statue de Bouddha au fond du bâtiment.

De nos jours, un amas de fragments de statues est placé au pied de ce dernier afin de préserver une forme de sacralité du lieu. Des offrandes y sont encore déposées, et les habitants viennent s’y recueillir en allumant de l’encens dans les pots mis à disposition.

Vu de l’extérieur, un détail confirme que la rénovation date de la fin de la période d’Ayutthaya : la courbure visible du mur, dans un style dit de « jonque », caractéristique de cette époque. Je remarque aussi qu’un bassin se trouve à côté de l’ubosot, ce qui n’est pas quelque chose de courant d’habitude (j’en avais déjà vu, mais à Kamphaeng Phet, site plus ancien, proche de Sukhothaï).

Sinon, comme toujours, l’enceinte du temple inclut des restes de stupas mineurs. Mais à l’ouest de la salle d’ordination domine le chedi principal, qui reprend des codes architecturaux cingalais. Sa flèche s’est effondrée, mais elle reste visible au sol, juste à côté de la structure.

Ce chedi en forme de cloche repose sur une base carrée de 32 mètres de côté, autrefois décorée de 80 sculptures d’éléphants — vingt sur chaque face — évoquant l’âge du Bouddha à sa mort. Cette configuration n’est pas unique : on la retrouve notamment au Chedi Chang Lom de Sukhothai.

Un autre chedi, plus petit mais encore complet, se situe dans l’angle sud-ouest du temple. Depuis cet endroit, on aperçoit également un chedi isolé au milieu de ce qui ressemble aujourd’hui à un champ vide, correspondant en réalité aux vestiges du Wat Chang.

De l’autre côté, on ne le verra pas mais il y a également les vestiges d’un autre petit temple, le Wat Sika Samut.

Aussi un monastère encore en activité

Si la partie en ruines peut se visiter séparément, elle se trouve en réalité à l’avant du temple actuel, car le Wat Maheyong est toujours en activité et fait office de centre réputé pour la méditation.

C’est pour cette raison qu’en arrivant sur place, on croise de nombreuses personnes vêtues d’habits légers blancs, signe qu’elles participent à une retraite méditative. Cette zone est largement ombragée, car aménagée avec de nombreux arbres. Évidemment, si vous venez ici, le silence est de mise afin de ne pas perturber les pratiquants.

À l’arrière du site, un bassin agrémentait le terrain avec, à son extrémité, une cascade artificielle. En longeant ce bassin, une sorte de cloître imitant l’apparence d’une cavité permet de méditer au bord de l’eau, à l’abri du soleil comme de la pluie.

Mais la pièce maîtresse de ce temple dans sa version moderne reste la construction d’un nouveau viharn, nommé Prasat Phra Borommathat Chedi Maha Viharn, aux dimensions monumentales — près de 100 mètres de long !

Sa forme et son aspect ne sont pas sans rappeler le Sanphet Prasat Palace visible à Ancient Siam (ou Muang Boran, le parc situé au sud-est de Bangkok), lui-même une reconstitution de ce que devait être le palais royal… à Ayutthaya.

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Le Prasat Phra Borommathat Chedi Maha Viharn encore en construction.

Wat Maheyong

Horaires d’ouverture : 8h00 – 17h00

Tarif d’entrée : 80 Bahts

Des temples encore actifs et fréquentés localement

Wat Mae Nang Pluem

On change de zone pour rejoindre cette fois le nord de l’île historique d’Ayutthaya. Le Wat Mae Nang Pluem conserve plusieurs traces écrites de son existence, ce qui permet d’en connaître la date de fondation : 1377.

Son nom actuel lui aurait été attribué plus tard par le roi Naresuan (1590–1605), figure majeure de l’histoire thaïlandaise. Selon la tradition, le souverain aurait été hébergé une nuit d’orage par une vieille dame nommée Lady Pluem, qui l’accueillit comme son propre fils sans savoir qu’il s’agissait du roi. En guise de reconnaissance, le temple lui aurait ensuite été dédié.

statue equestre roi naresuan ayutthaya thailande
Statue équestre du roi Naresuan à Ayutthaya.

Pour l’anecdote, le Wat Mae Nang Pluem est aujourd’hui scindé en deux, de part et d’autre de la route qui traverse le quartier. La partie la plus intéressante d’un point de vue historique se trouve d’un seul côté, tandis que l’autre longe la rivière.

C’est d’ailleurs de ce côté que se trouve un pont piéton menant au marché royal de Hua Ro, construit sur l’emplacement de l’ancien fort Maha Chai.

Selon certaines sources, c’est en ouvrant une brèche dans ce fort que les Birmans auraient pénétré dans la ville, précipitant la chute d’Ayutthaya en 1767.

entree enceinte du wat mae nang pluem ayutthayaimposante facade du wat mae nang pluem ayutthaya

Le temple présente un imposant viharn, dont la façade trahit clairement l’âge. Petite particularité notable : alors que les ouvertures sont généralement rectangulaires, l’entrée centrale adopte ici une arche cintrée, un détail me direz-vous mais suffisamment rare pour être souligné.

L’intérieur est resté dans son jus et malgré l’absence de peintures murales, sûrement disparues avec le temps, cela lui confère malgré tout un certain charme.

statue bouddha interieur du wat mae nang pluem ayutthaya

La statue de Bouddha trônant au fond est en très bon état et se distingue par sa couleur blanche, là où beaucoup sont simplement dorées.

L’ubosot, situé sur la gauche, semble avoir fait l’objet d’une rénovation plus poussée, mais il était fermé lors de notre passage — rien d’inhabituel, puisqu’il s’agit de l’espace le plus sacré du temple et qu’il n’est pas toujours ouvert au public.

Reste le chedi, d’une taille comparable à ceux déjà observés plus tôt dans la journée. Ce qui le distingue ici, c’est la présence autour de sa base non pas d’éléphants, mais de statues de lions.

Si l’ensemble s’inspire globalement du style de Sukhothaï (notamment l’idée d’entourer la base d’animaux), l’usage des lions, clairement influencé par l’architecture khmère, ferait écho à la conquête d’Angkor en 1431 par le roi Borommaracha II (r. 1424–1448).

De nos jours, le seul autre temple que je connaisse avec un chedi présentant ce type de décoration à Ayutthaya est le Wat Thammikarat.

Wat Mae Nang Pluem

Horaires d’ouverture : 9h00 – 17h00

Tarif d’entrée : accès libre

Wat Choeng Tha

Le Wat Choeng Tha est un temple modeste, mais intéressant pour la manière dont il mêle passé et présent. La partie active du monastère se situe légèrement à l’est des structures les plus anciennes.

On y retrouve tous les bâtiments typiques d’un temple encore en activité (logements des moines, clocher, viharn etc.) et, en complément, un petit musée présentant des céramiques anciennes et des objets artisanaux locaux en terre cuite.

Si je venais ici, ce n’était évidemment pas pour cette partie contemporaine. J’ai vu suffisamment de temples « ordinaires » pour ne pas m’y attarder, et la seule photo prise concerne l’autel dédié au roi Taksin, installé devant le viharn moderne.

autel roi taksin wat choeng tha ayutthaya
Autel dédié au roi Taksin.

La présence de cette statue s’explique par le fait que le futur fondateur du royaume de Thonburi — alors gouverneur de Tak, sous le nom de Phraya Taksin — aurait accomplit sa période monastique dans ce temple avant la chute d’Ayutthaya.

La partie ancienne du site est en revanche plus intéressante. Les vestiges se distinguent ici par une configuration peu commune : vue du ciel, la ruine adopte une forme de croix, avec un prang (un chedi de style khmer) directement intégré au centre de la structure.

viharn et prang ancien au wat choeng tha ayutthaya

Plus précisément, le prang est accolé au viharn, entouré de petites salles intermédiaires qui l’encerclent. La date de fondation du temple, tout comme l’identité de son commanditaire, restent inconnues, mais la présence de ce prang suggère une construction remontant au début de la période d’Ayutthaya.

Le site a connu plusieurs phases de rénovation, notamment à la fin du XVIIe siècle puis sous le règne de Borommakot, ce qui explique la présence de nombreuses traces de sculptures de Bouddha et de décors en stuc encore visibles sur les vestiges.

À proximité se trouve également un ancien ubosot, entièrement rénové. N’ayant rien de particulièrement marquant vu de l’extérieur, je n’ai pas pris la peine d’y jeter un œil. Le reste du site se compose d’un ensemble de petits chedis disposés devant le viharn.

Le temps défilant, je voulais pas m’attarder davantage, car je gardais le coucher de soleil pour le dernier temple de cette journée. On a donc pas vu l’autre attraction du lieu : une salle de sermons située au bord de la rivière.

Construite plus tard, sous le règne de Rama IV, à qui le temple doit d’ailleurs son nom actuel, elle abrite de belles peintures centenaires, réalisées notamment par l’abbé du temple à cette époque.

ubosot au wat choeng tha ayutthaya
L’ubosot du Wat Choeng Tha.

Wat Choeng Tha

Horaires d’ouverture : 7h00 – 17h00

Tarif d’entrée : accès libre

Wat Phra Ngam (« Portal of Time »)

Le Wat Phra Ngam est le dernier temple de ma liste pour cette journée, et ce n’est pas un hasard. Il est surtout connu pour son entrée surnommée la « porte du temps ».

Ce petit sobriquet vient de l’ancienne porte principale en briques, magnifiquement enveloppée par les racines entrelacées d’un banian, formant une arche naturelle qui donne vraiment l’impression de faire un bond dans le passé en la traversant.

C’est très photogénique, on ne va pas se mentir, et le spot est justement sublimé par le coucher de soleil — le meilleur moment de la journée pour visiter cette ruine, d’où mon choix évident de timing !

porte et racines du banian au wat phra ngam ayutthaya

La raison est simple : le soleil se couche alors quasiment dans l’axe de la porte, renforçant le côté mystique du lieu, avec les rayons de lumière qui passent à travers.

Au-delà de l’effet visuel, la porte est aussi parfaitement alignée avec l’allée menant au chedi encore en place. Pour éviter toute déception, autant être clair : le reste du temple en soi n’est pas fou fou. Le site est assez petit et, en dehors de son chedi intact, il ne subsiste guère plus que les fondations des anciens bâtiments.

Mais pour terminer la journée, c’était parfait — et cela peut aussi faire une excellente conclusion à un séjour à Ayutthaya.

Wat Phra Ngam

Horaires d’ouverture : 24h/24 (pas de portail donc accès libre en permanence)

Tarif d’entrée : libre

Et si vous avez encore un peu de marge

Selon votre rythme, il est tout à fait possible de caler une ou deux visites supplémentaires, possiblement hors temples, histoire de varier un peu.
Dans notre cas, cette parenthèse s’est faite entre deux zones, après le combo Wat Kudi Dao / Wat Maheyong et avant de rejoindre le Wat Mae Nang Pluem.

Balades et coins plus discrets

Phet Fortress

On a fait d’une pierre deux coups en voulant manger dans un restaurant au bord de la rivière, et en profitant du passage pour visiter le fort Phet, situé juste à côté.

Appelé en thaï « Pom Phet », ou forteresse du Diamant, il s’agissait de l’une des seize forteresses qui protégeaient autrefois les remparts d’Ayutthaya, et de l’une des deux seules dont il subsiste encore des vestiges aujourd’hui.

vue ensemble au fort phet parc historique ayutthaya
Parc au fort Phet.

Le site fait aujourd’hui office de parc public. Il se trouve à l’extrémité sud-est de l’île historique, précisément au confluent des rivières Pa Sak et Chao Phraya. On a donc vue sur la rivière et le Wat Phanan Choeng Worawihan qu’on aperçoit sur l’autre rive.

De par son emplacement stratégique, Pom Phet était la forteresse la plus importante du dispositif défensif. Elle protégeait le port où les navires étrangers, qui n’étaient pas autorisé à aller au-delà de ce point, étaient contraints de jeter l’ancre pour inspection et déchargement.

Les anciens ponts

Vous ne le savez peut-être pas, mais à l’origine, Ayutthaya fonctionnait sur le même principe que Bangkok, connue pour son vaste réseau de canaux.

Car si aujourd’hui beaucoup ont disparu, il existait autrefois tout un maillage permettant de se déplacer en bateau à travers l’ancienne capitale. Et qui dit canaux, dit ponts. L’un d’eux est d’ailleurs assez facile à repérer — ou du moins ce qu’il en reste — si vous passez au carrefour entre le Wat Mahathat (et sa fameuse tête de Bouddha) et le Wat Ratchaburana.

Au milieu de cet embranchement, où trône également une petite ruine en bord de route, on distingue encore les piliers d’un ancien pont, à l’endroit même où un canal passait autrefois devant les temples.

Mais si vous cherchez un pont complet, dans un cadre discret et très photogénique, j’ai justement ce qu’il vous faut. En longeant la grande artère appelée Si Sanphet Road — qui mène au temple du même nom et traverse Ayutthaya du nord au sud — vous passerez devant une ruine visible derrière une barrière : le Wat Boromphuttharam.

Cette ruine, ainsi qu’une autre que l’on ne voit pas directement (le Wat Singharam), se trouvent toutes deux dans l’enceinte de la Phra Nakhon Si Ayutthaya Rajabhat University.

Autant dire qu’on n’aurait pas spontanément le réflexe de s’y engouffrer en se retrouvant face à l’une des entrées du campus.

Et pourtant, rien n’empêche d’aller y jeter un œil. Histoire de clarifier, cette visite n’a pas été faite le même jour que celle des temples mis en avant plus haut dans l’article.

dinso bridge parc historique ayutthaya

En vous dirigeant vers ce temple, puis en passant derrière un bâtiment de la faculté de sport, vous tomberez sur le pont de Dinso. Non seulement il est intact, mais il enjambe toujours son canal — aujourd’hui isolé du reste du réseau — et se retrouve entouré de plusieurs banians.

Les arbres, en plus d’offrir une ombre toujours appréciable, déploient leurs racines qui s’entrelacent gracieusement au sol tout autour — autant dire que l’effet visuel est garanti.

Il s’avère qu’un autre pont est également visible au sein de cette même université, le Wanon Bridge. On est évidemment allé le voir dans la foulée.

Le pont de Wanon est lui aussi un bel ouvrage encore complet, mais son environnement — avec notamment un bâtiment assez moche en arrière-plan — le rend nettement moins marquant.

wanon bridge parc historique ayutthaya
L’ancien pont Wanon au parc historique d’Ayutthaya.

Musée national Chao Sam Phraya

Si vous tombez sur un jour de pluie, cela peut être une bonne occasion de caler la visite d’un musée. Et à Ayutthaya, le plus important si vous ne deviez en voir qu’un reste le musée national.

Rénové récemment et surtout enrichi d’une aile entièrement dédiée aux trésors en or découverts dans la ville (Ayutthaya Gold Treasure Exhibition Building), on y trouve une belle collection de bijoux, céramiques, statues et vestiges, aussi bien religieux que liés à la vie quotidienne.

Normalement, je ne suis pas très musée, mais celui-ci m’a pas mal captivé, notamment parce que l’histoire d’Ayutthaya, qui s’étale sur plusieurs siècles, est particulièrement intéressante.

J’en parle plus en détail sur la page dédiée ici

Musée national d’Ayutthaya

Horaires d’ouverture : 9h00 – 16h00

Tarif d’entrée : 200 Bahts (adulte)

Ayutthaya en deux jours : conseils pratiques

Se déplacer à Ayutthaya

Ayutthaya est une ville assez étalée, les sites à visiter étant répartis entre l’île historique et ses abords immédiats. La marche à pied seule n’est donc pas une solution viable pour visiter la ville dans son ensemble, d’autant que la chaleur parfois écrasante rendrait l’exercice vite désagréable.

Le vélo est l’option la plus populaire, en particulier pour explorer l’île et enchaîner les temples proches les uns des autres. C’est agréable tôt le matin, mais, encore une fois, cela peut vite devenir plus fatigant aux heures chaudes ou lorsque les distances s’allongent. Sans compter que la circulation peut rendre l’expérience périlleuse, surtout avec des enfants.

Tuk tuk Ayutthaya
Les tuk tuk typiques d’Ayutthaya.

Reste donc le tuk-tuk, sans doute l’alternative la plus pratique, surtout si vous êtes plusieurs.

→ une référence pour un chauffeur : Tony Tuk Tuk Ayutthaya

Pour plus de liberté, le scooter est l’option la plus souple, notamment si vous comptez visiter des temples un peu plus excentrés ou varier les zones sur deux jours. Pour cela, je vous renvoie vers mon article sur la conduite en Thaïlande, afin d’être en règle et bien préparé.

Quand partir à Ayutthaya

Ayutthaya se visite toute l’année, mais certaines périodes rendent l’expérience plus ou moins confortable, surtout quand on enchaîne les visites à pied, à vélo ou en scooter.

De novembre à février, les températures sont plus supportables et pas de pluie : c’est clairement la période la plus agréable pour explorer les ruines, même si cela reste aussi forcément la plus fréquentée. Cela dit, le site étant très étalé, la sensation de foule reste généralement limitée, à l’exception de quelques lieux très populaires comme le Wat Chai Watthanaram et le Wat Mahathat.

À partir de mars et surtout en avril, la chaleur devient nettement plus éprouvante. Les visites restent possibles, mais il faut adapter le rythme, privilégier les débuts et fins de journée, et accepter de faire davantage de pauses.

→ La saison des pluies, de mai à octobre, n’empêche pas de visiter Ayutthaya. Les averses sont souvent courtes, en fin d’après-midi, et les temples prennent parfois une atmosphère intéressante. Septembre reste toutefois le mois le plus humide, et octobre peut encore être un peu instable selon les années.

De manière générale, comme souvent en Thaïlande, partir tôt reste la meilleure option pour profiter au mieux de la journée. Les temples sont plus calmes en début de matinée et la chaleur encore supportable (n’y comptez pas en mars avril par contre).

Le milieu de journée peut être consacré à une pause, un déjeuner prolongé ou une visite en intérieur, comme un musée.

En fin d’après-midi, la lumière devient plus douce et la température redescend, ce qui se prête bien aux ruines ouvertes, aux berges ou à certains temples plus photogéniques au coucher du soleil. Malheureusement, cette plage horaire reste assez courte : le soleil se couche vite ici, et les horaires des temples limitent aussi les prolongations.

Où dormir à Ayutthaya

Sur deux jours, loger à proximité du parc historique permet surtout de garder une certaine souplesse dans le programme : partir tôt sans contrainte, faire une vraie pause en milieu de journée, puis ressortir en fin d’après-midi sans tout replanifier.

On trouve aussi bien des guesthouses simples que des hôtels plus confortables, à des tarifs raisonnables comparés à Bangkok. Plus on monte en gamme, plus les établissements se situent généralement au bord de la rivière ou en périphérie.

Les secteurs proches de la gare ou le long des berges à l’extérieur de l’île constituent aussi des options intéressantes.

Deux bonnes options pour petit budget :

Pour les budgets confortables : Baan Veanglhek Residence

Organiser les visites

Sur deux jours, vous aurez la possibilité d’équilibrer le programme : comme je l’évoquais, une première journée plus dense autour des temples majeurs, puis une seconde plus souple, avec des visites moins fréquentées ou quelques balades pour souffler.

En soi, il n’existe pas de parcours strict à suivre, mais un minimum de logique permet d’éviter les allers-retours inutiles. Pour la première journée, j’ai déjà donné un ordre qui, selon moi, optimise les déplacements.

carte parc historique ayutthaya
Carte du parc historique d’Ayutthaya.

Globalement, l’idéal est de regrouper les visites par zones, comme on a pu le faire le deuxième jour en commençant par la zone à l’est, avant de remonter vers le nord de l’île historique.

L’avantage de la Thaïlande, c’est qu’on y mange à toute heure, donc pas besoin de caler ses visites en fonction des horaires de restaurant. En répartissant les visites sur deux jours, on évite l’effet course contre la montre, et c’est souvent ce qui rend la découverte d’Ayutthaya plus agréable. N’hésitez donc pas à souffler de temps à autre, au risque sinon d’arriver vite à saturation.

sheeva cafe ayutthaya

Posez-vous dans les nombreux petits cafés, laissez-vous un peu porter. Ayutthaya, c’est un parc historique, mais en prenant le temps d’explorer au-delà des temples les plus connus, on découvre une autre facette, mêlant histoire et vie locale, qui passe souvent inaperçue lors d’un simple aller-retour depuis Bangkok.

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