Considéré comme le plus grand quartier chinois du monde, Chinatown est sans conteste l’un des quartiers les plus denses et les plus vivants de Bangkok. On l’associe (trop) souvent à son avenue principale, Yaowarat, et plus particulièrement à ses enseignes lumineuses et à sa street food, le soir venu.
Mais le quartier chinois ne se résume pas à une seule artère : c’est un véritable dédale de ruelles, où l’on passe d’un marché animé à une rue plus discrète, d’un temple caché à une vieille boutique centenaire.
Dans cet article, je vous propose un itinéraire à pied simple et agréable pour découvrir l’essentiel de Chinatown en quelques heures, sans se limiter aux axes les plus évidents — et surtout, de jour ! Et si vous avez plus de temps, je vous indique aussi quelques extensions possibles vers Song Wat ou Talat Noi.
Chinatown correspond administrativement au district de Samphanthawong, mais le quartier déborde largement sur les zones voisines, notamment autour du Wat Mangkon, côté sous-district de Pom Prap.
Balade à pied : l’essentiel de Chinatown
Je pars du principe que vous arrivez depuis le quai du Chao Phraya Express, car la visite de Chinatown s’enchaîne bien l’après-midi, après une matinée à visiter le Grand Palais et le Wat Pho, d’où vous aurez un accès facile vers le fameux bateau-bus.
Depuis le quai « Ratchawong », vous pouvez commencer la balade en longeant la rue du même nom (Ratchawong Road). Vous croiserez une belle bâtisse de deux étages (aujourd’hui rénovée) au croisement de la rue Song Wat.
Sampheng Lane (Sampheng Market)
Après 350 m, vous arrivez à hauteur d’une petite rue, aujourd’hui appelée Soi Wanit 1, anciennement connue sous le nom de Sampheng Lane, qui donnait son nom au quartier d’origine et au marché s’y trouvant.


Le long, vous aurez un enchaînement de boutiques avec une particularité : les magasins ayant tous la clim tournant à fond, l’air s’avère rafraîchi jusque dans la rue, en raison de l’étroitesse des lieux et du fait que cette dernière est largement couverte par des bâches retenant cet air frais bienvenu !
Il faut savoir que cette ruelle est avant tout fréquentée par des locaux, car les magasins composant ce marché atypique proposent de la vente en gros.
Beaucoup viennent y dénicher tout et n’importe quoi, des montres aux chapeaux, sacs, chaussures, en passant par les objets électroniques, mais aussi des produits saisonniers comme les costumes d’Halloween, la déco de Noël ou les cœurs de la Saint-Valentin, pour ne citer que ça.


À force d’y passer, j’y ai vu une évolution : comme cela attire aussi les touristes et gens de passage (locaux y compris), les boutiques s’adaptent en arborant des styles plus accueillants et modernes que les vieilles pièces bordéliques à l’éclairage nonchalant qui faisaient autrefois la caractéristique de Sampheng Market.
Mais le commerce de gros restant prévalent, pas mal de ces magasins ne permettent pas de petit achat individuel, mais exigent au moins 10 items. Certains l’affichent clairement, mais pas tous donc c’est toujours bon à savoir et demandez au préalable si vous voyez des trucs intéressants (souvent les enfants n’y résistent pas !).
Au bout de 120 m, vous avez un croisement avec une rue appelée « Mangkon Road« . Admirez les deux façades d’immeubles qui se trouvent de chaque côté : elles donnent une idée du « prestige » que dégageait Chinatown autrefois (aujourd’hui, les câbles et le bordel apparent cachent un peu tout ça).

À ce carrefour, continuez tout droit en prolongeant toujours le long de Soi Wanit 1 sur encore quelques dizaines de mètres. Vous avez un nouveau croisement avec une rue partant sur la gauche, un peu plus large.
Alors que vous avez plusieurs magasins de chaussures autour, un petit boui-boui propose là des nouilles. On est bien en Thaïlande, pas besoin de se déplacer loin pour trouver de quoi grignoter 🙂 (sans compter les chariots que vous croiserez dans la ruelle, proposant fruits, boissons, desserts ou grillades).
En sortant de la ruelle, vous avez une première section avec des bijoux fantaisie, stickers, etc. Puis, quelques pas plus loin, on croise des échoppes avec des produits secs, des champignons aux petites crevettes en passant par les poissons séchés odorants. Vous saurez justement que vous êtes au bon endroit en sentant toutes les effluves de cette rue (Soi Yaowarat 11).

Yaowarat
Au bout de la rue s’agglutinent plusieurs vendeurs de fruits (cerises, pommes, fraises, mangues, ananas, un peu de tout selon les saisons), dont certains proposent des jus frais que vous pourrez goûter avec délectation.
Juste devant vous se dessine l’avenue principale traversant Chinatown d’est en ouest, Yaowarat Road. En regardant de chaque côté de la rue, on est alors entouré par une série de grands panneaux sur la devanture des différents magasins et hôtels, tous écrits en chinois. Aucun doute, vous êtes bien au cœur du quartier chinois de Bangkok !


C’est l’artère connue pour sa scène vibrante de nuit, avec l’installation sur deux voies de nombreux restaurants de rue spécialisés (mais pas exclusivement) dans les poissons et fruits de mer.
En journée, il y a aussi des restaurants actifs le long, mais également de nombreuses boutiques proposant des bijoux en or, ou encore quelques échoppes de médecine traditionnelle chinoise qui subsistent, véritables apothicaires des temps modernes, avec leurs tiroirs en bois, racines séchées et odeurs de plantes médicinales qui s’en dégagent.





Évidemment, le long de cet axe important de la ville, la circulation y est généralement dense une bonne partie de la journée. Prudence en traversant, mais en emboîtant le pas aux locaux, ça le fait (un policier est parfois présent pour réguler le passage).
Pour ceux qui ne sont pas habitués à une telle concentration d’activités, cela donne un aspect grouillant à l’endroit, qui peut en dérouter plus d’un.
Je vous invite à poursuivre tout droit depuis la Soi Yaowarat 11 : vous arrivez ainsi dans la petite rue Yaowarat 6, où vous serez accueillis par une odeur de durian, le fruit à l’odeur « légendaire ».

On quitte le monde du tissu et des objets pour une ruelle dédiée à la nourriture. C’est là que vous croiserez toutes sortes de spécificités chinoises, dont le canard laqué, le chou chinois fermenté, des beignets à la vapeur (dim sum), mais aussi des épices et un large choix de feuilles de thé.
Si vous êtes curieux, vous pouvez faire un petit crochet dans une autre ruelle perpendiculaire, après 100 m environ. Vous avez là un petit marché aux poissons.



Selon l’heure et le jour, c’est une ruelle qui peut être pas mal animée : c’est vivant, plein d’odeurs, et très caractéristique de Chinatown. Malgré que ce soit une rue piétonne de par sa largeur, des motocyclettes y circulent.
Essentiellement de vieilles Vespa, autre icône du quartier chinois puisqu’on en croise beaucoup, effectuant des livraisons et des chargements de marchandises dans ce quartier dédié au commerce.





Autour du Wat Mangkon
Poursuivez 30 m plus loin, vous aurez une allée se dégageant sur votre droite. Là, vous pourrez jeter un œil dans un petit sanctuaire chinois un peu caché, San Chao Leng Buay Eia.
Coincé au milieu des habitations, c’est un petit temple tranquille avec toutes les caractéristiques d’un sanctuaire chinois : de l’encens y brûle en permanence, une couleur rouge prédomine jusque dans la cour rénovée devant. L’intérieur a été entièrement rénové également : outre le rouge, le jaune et les dorures ressortent majoritairement.



Le site est toujours traditionnellement géré par la famille à l’origine de ce sanctuaire, qui, comme souvent, servait aussi de lieu de rencontre pour les nouveaux arrivants du même clan, pour être briefés sur les infos et opportunités à connaître dans leur nouveau pays d’accueil.
Parce que ces bâtiments se sont retrouvés “coincés” derrière des constructions plus récentes, on peut voir, depuis la cour du sanctuaire, les ruines d’anciennes maisons désormais rattrapées par la végétation. Ce contraste est toujours un peu déroutant et triste de voir ces anciennes structures amenées à disparaître…
De retour dans la ruelle du marché, continuez jusqu’au bout de cette dernière. Vous croisez alors une rue assez large, Charoen Krung, un axe historique de Bangkok et pas des moindres : c’est la première “rue” construite avec de l’asphalte, lorsque le pays a entamé sa modernisation sous le règne de Rama V.
Notez que vous serez à côté de la station de métro Wat Mangkon, tirant son nom du temple chinois du même nom (le Wat Mangkon Kamalawat), situé non loin.
Si vous en avez assez, vous pouvez très bien arrêter la visite là. Certains s’avouent là vaincus, n’étant pas à l’aise avec la foule, conjuguée à la possible chaleur. Si vous êtes toujours d’attaque, vous pouvez enchaîner dans ce cas avec le Wat Mangkon.
Il se trouve de l’autre côté de la rue d’où vous débouchez : l’entrée est gardée par deux lions chinois, et il faut traverser un porche avant d’atteindre la cour devant le temple en lui-même.
C’est le plus grand et plus important temple chinois de la ville. Pour autant, cela reste un temple bouddhiste : la différence tient au fait que son fondateur pratiquait le bouddhisme mahayana, un courant différent du bouddhisme theravada dominant la pratique religieuse en Thaïlande.
Fondé au début des années 1870 sous le nom de Wat Leng Noei Yi, il sera renommé plus tard Wat Mangkon Kamalawat, qui signifie « temple du dragon lotus », par le roi Rama V.


Si vous n’êtes pas familier de ce type de temple, il est construit dans un style architectural chinois typique, avec ses toits décorés de motifs floraux et d’animaux, dont le fameux dragon, et recouverts de tuiles aux formes sinueuses caractéristiques.
Avant de pénétrer le cœur du sanctuaire, un sas d’entrée est entouré par quatre gardiens géants. La salle principale est souvent animée, avec les moines à l’œuvre devant les trois figures de bouddhas visibles au fond. Les lanternes décorent les plafonds, et le rouge et l’or prédominent dans les ornements.

Les autres pièces sont toutes consacrées à des espaces de prières et/ou de donations sous diverses formes et buts. La première salle intermédiaire à droite est généralement la plus prisée. De nombreux Thaïlandais s’y rendent chaque jour pour faire une offrande devant une série de statuettes propres à la mythologie chinoise.
Dans un espace central, une galerie de Bouddha, plutôt de style thaïlandais cette fois, trône derrière des vitrines. Les murs du temple sont majoritairement en bois et le tout est superbement entretenu, d’autant qu’ils viennent de rénover la cour extérieure, qui cachait la belle façade en pierre pendant plusieurs années. Une bonne occasion de découvrir un site religieux différent des classiques temples thaïs.





Charoen Krung et les ruelles autour
Pour sortir, vous pouvez soit repartir depuis le même porche donnant sur l’avenue Charoen Krung, soit vous diriger sur le côté, en débouchant sur Mangkon Road. Si vous voulez faire une pause café, je vous recommande le petit « Ti », coffee shop minimaliste qui a de bons grains et du thé aussi.
Pour continuer la balade, revenez sur vos pas au carrefour et enfoncez-vous dans la petite Soi Charoen Krung 21, du même côté que le Wat Mangkon. Au début, vous aurez un mélange de pâtisseries chinoises (vous y verrez notamment des mooncakes, ou gâteaux de lune) et de boutiques dédiées au culte chinois.

Après une vingtaine de mètres, bifurquez à droite pour longer la petite rue Charoen Chai 2. Dans cette ruelle, vous serez entouré par de vieilles maisons chinoises typiques (les « shophouses » — littéralement, maisons magasins), toutes ou presque dédiées à la culture chinoise…
Cela se traduit par le fait d’y trouver en vente des objets décoratifs comme des lanternes, des éléments pour les autels dédiés aux ancêtres mais aussi, la spécialité du coin, des effigies en carton à brûler.





Lors d’événements anniversaires, et plus systématiquement au nouvel an chinois, la croyance veut que pour envoyer un cadeau aux défunts, on brûle des symboles d’objets réels, comme des sacs, chaussures, vêtements de « marque », jusqu’à des voitures avec chauffeur et même des villas.
Juste avant un croisement, vous devriez voir la devanture d’une des maisons ouverte, avec un escalier montant sur la droite. Personne pour accueillir, mais c’est normal : en libre accès, il s’agit du Charoen Chai Community Museum.




Outre le fait d’avoir accès à l’intérieur d’une de ces maisons historiques, histoire de voir comment c’est foutu, vous avez à l’étage quelques affiches, meubles et photos d’époque, ainsi que des costumes et masques propres au théâtre folklorique chinois.
Il y a aussi un accès sur le côté à une terrasse donnant sur l’extérieur. La vue est dégagée sur l’alignement de shophouses, d’autant qu’un bâtiment a finalement été rasé après être resté en l’état des années suite à un incendie.

Au croisement à côté, quelques boui-bouis proposent des plats de nouilles préparés à l’ancienne, avec un feu au charbon. Parfait pour un petit encas pas cher !


Si vous continuez au bout de la Soi Charoen Chai 2, vous débouchez sur Phlap Phla Chai Rd, et pouvez revenir sur Charoen Krung non loin. En longeant l’avenue, vous passerez devant un autre sanctuaire chinois indiqué par un panneau « Canton Shrine » (en réalité la Kwong Siew Association), puis un centre commercial, qui dénote ici avec son dragon doré qui semble surgir de la façade.
Vous avez là un 7-Eleven au sous-sol, un food court à l’étage, quelques restaurants, des salons de massage et de la clim si vous voulez souffler un coup.


En continuant sur Charoen Krung Road, vous remonterez progressivement vers le secteur du Wat Traimit. Vous passerez une zone de vendeurs de tickets de loterie, d’amulettes, de babioles en tout genre, et quelques restaurants de rue.
Au feu rouge, c’est un carrefour en étoile d’où vous verrez maintenant une grande porte au-dessus d’un des axes, qui s’avère être la continuation de Charoen Krung. Vous pouvez tracer direct par là vers le Wat Traimit, célèbre pour son Bouddha d’or, alors qu’on aperçoit la pointe dorée au fond, en empruntant la voie qui part légèrement à droite.
Optionnel : The Mustang Blu
Toutefois, si vous aimez l’architecture et les dédales de ruelles, bref, que Chinatown vous plaît, vous pouvez légèrement prolonger l’expérience en suivant l’itinéraire marqué sur la carte en début d’article.
Dans ce cas, depuis le carrefour au feu, suivez la voie qui part tout droit (même si pour traverser, il faut passer par la droite, voir ma capture ci-après).

Vous vous trouvez alors sur l’avenue Rama IV, autre axe stratégique de la ville qui démarre ici et s’étire jusqu’à rejoindre Phra Khanong, le long de Sukhumvit Road, à plus de 10 km de là.
Environ 200 m après le feu, vous pouvez tourner à gauche dans une rue appelée Soi Nana… alors non, rien à voir avec le quartier rouge iconique de Sukhumvit justement, mais une rue calme, bordée de façades typiques des années 50.

Au fond, vous pouvez y voir un clocher dépasser, car vous avez là l’Église baptiste chinoise de Maitrichit (Maitrichit Chinese Baptist Church), du nom de la rue sur laquelle elle se trouve.
Dans cette Soi Nana, progressez jusqu’à la 2e rue à droite. À l’angle, vous avez un café appelé Wallflowers, avec une allée le jouxtant, précisément décorée par des plantes. Vous pouvez ensuite soit rejoindre la Maitri Chit Road, soit revenir dans la première ruelle, où vous aurez un alignement de shophouses rénovées.


Quoi qu’il en soit, non loin sur Maitri Chit Road, vous tomberez sur un bâtiment avec une imposante façade sur deux étages : The Mustang Blu.
C’est à la fois un hôtel et un restaurant depuis sa récente rénovation, installé dans une bâtisse à la forme triangulaire (une banque à l’origine), datant de la fin du XIXe siècle. Dans sa pointe la plus étroite, la largeur dépasse à peine les 3 m.




J’insiste donc sur le point qu’il faut aimer l’architecture car, visuellement, il dégage quelque chose, tout comme les bâtiments en général qui jalonnent Chinatown. Pour les autres, je conseille depuis le carrefour du feu de poursuivre directement vers le Wat Traimit.
Pour rejoindre le temple au Bouddha d’or, allez au bout de Maitri Chit Road, où se trouve un important embranchement avec plusieurs artères, dont Rama IV de nouveau. Cherchez le Starbucks à l’angle de la rue Mittaphap Thai – China pour savoir dans quelle direction vous rendre.





Wat Traimit (Bouddha d’or)
Vous arriverez finalement au Wat Traimit, temple célèbre pour son Bouddha d’or de 5 tonnes (oui oui, vous lisez bien) et point de fin idéal pour cette balade à pied.
L’avantage étant qu’en revenant au carrefour précédent (proche du Starbucks), vous êtes à côté d’une station de métro (Hua Lamphong), située dans l’enceinte de l’ancienne gare de Bangkok, Hua Lamphong.


La principale structure du temple qui abrite le précieux Bouddha inclut, si vous vous intéressez à son histoire, un musée au 2e étage. Sinon, vous pouvez acheter un ticket pour seulement voir la statue au dernier étage.
Comme d’hab, il faudra se déchausser et être couvert : des sarongs sont à disposition à la location si jamais. Ne prenez pas vos photos depuis l’entrée à l’extérieur (le garde présent risque de vous malmener), mais rentrez à l’intérieur et placez-vous légèrement sur le côté (vous pouvez lui faire face pour l’admirer, ce n’est pas un problème).




Ce bâtiment, recouvert de marbre à l’extérieur, est récent (2010), mais il est à la hauteur en termes d’ornements pour mettre en valeur le trésor qu’il protège.
Pour en savoir plus sur l’histoire assez folle de cette statue, j’en parle plus en détail dans mon article Bangkok en 2 ou 3 jours : l’essentiel à voir.


Chinatown Gate
Juste à côté du temple, vous verrez la grande porte de Chinatown, placée au milieu d’un rond-point appelé « Odeon Circle », en référence à l’ancien cinéma qui se trouvait dans l’un des bâtiments l’entourant.
Cette porte, qui peut laisser croire que l’on entre « officiellement » dans Chinatown, n’a pas tout à fait cette fonction, même si son emplacement, non loin de l’ancienne gare et à l’entrée de Yaowarat, n’est pas non plus aléatoire.

Elle a été offerte par la communauté sino-thaïe au roi Bhumibol (Rama IX) pour célébrer son 72e anniversaire en 1999. Et si vous vous demandez pourquoi 72 ans et non un chiffre rond comme 70, c’est parce que cela marque l’achèvement du 6e cycle du zodiaque chinois : chaque signe correspondant à une année, un cycle complet dure 12 ans (6 × 12 = 72 ans).
Par ailleurs, deux statues de lions en jade blanc ont été ajoutées en 2007 de chaque côté de la porte, offertes par la Chine pour marquer le 80e anniversaire de Sa Majesté. Enfin, en 2011, une autre statue en jade blanc — un lapin — a été installée, 2011 correspondant à l’année du Lapin dans le calendrier chinois, signe sous lequel le souverain était né.

Chinatown de nuit : street food et ambiance nocturne
En fin de journée, Chinatown change clairement de visage. Là où la balade de jour permet de découvrir les ruelles commerçantes, l’effervescence des marchés et la ferveur dans les temples plus ou moins cachés, le soir concentre l’attention sur un seul axe : Yaowarat.
À partir de la fin d’après-midi, les trottoirs et deux voies de circulation sont progressivement occupés par les restaurants de rue. Les tables en inox s’installent, les woks s’allument et l’odeur de fruits de mer grillés, la spécialité locale, prend le dessus.
On peut autant y faire un dîner complet, que juste y prendre un dessert pour terminer la journée en douceur. Notez que, selon les jours, il faut parfois faire la queue devant une adresse réputée.
Comme c’est un quartier qui bouge, on trouve aussi maintenant plusieurs bars à cocktails stylées comme le Charoen Krung Bar & Bistro que j’ai pu tester, ou le Buph Phe Bar, mais aussi des rooftops comme le Hannibal.

Si vous voulez un peu moins de monde, y’a toujours moyens de se perdre dans les rues perpendiculaires entre Yaowarat et Charoen Krung, où il y aura toujours des stands qui traînent quelque part (ça reste la Thaïlande, on est jamais en manque de nourriture !)
Pour compléter le tableau, les grandes enseignes lumineuses en caractères chinois s’illuminent et l’avenue devient presque un spectacle à elle seule.

Cela suffit à pas mal de monde, qui considère avoir « vu » Chinatown. Alors ça reste sympa oui, mais pour moi, ne pas voir le quartier chinois en journée, c’est passer à côté de l’énergie de cette partie de la ville et n’en voir qu’un aspect limité.
L’idéal reste de faire le parcours décrit dans cet article en fin d’après-midi, quitte à traîner un peu pour voir cette transformation opérer et d’également profiter de Yaowarat le soir venu, c’est le combo parfait pour voir les deux facettes.





Chinatown pendant le Nouvel An chinois
Je ne pouvais pas écrire un article complet sur Chinatown sans parler de “The événement”, indissociable de cette culture à part entière. Si vous êtes à Bangkok au moment du Nouvel An chinois, Chinatown devient alors évidemment l’un des épicentres des célébrations dans toute la capitale.
Les décorations et lanternes rouges envahissent Yaowarat et les rues adjacentes plusieurs semaines autour de la fête, tandis que les 3 jours de célébrations actives voient l’installation de scènes, avec des spectacles tout au long de la journée et en soirée. Pour compléter, des stands de street food longent l’avenue et la circulation est alors bloquée.


La foule est dense, mais c’est aussi ce qui fait le charme d’un tel événement : venir à Chinatown pendant le Nouvel An, c’est vivre une célébration populaire majeure, souvent en famille, où il se passe énormément de choses.
Des musiciens tambourinent, des lions “dansent” et le dragon défile dans les rues, tandis qu’on se prend en photo en tenues rouges de rigueur.
Certains temples, comme le Wat Mangkon, sont particulièrement fréquentés à cette période. De nombreux Thaïlandais, dont beaucoup sont d’origine chinoise, viennent y faire des offrandes et prier pour l’année à venir. L’ambiance y est à la fois solennelle et animée.
En dehors de Yaowarat, durant ces 3 jours de célébrations principales, l’itinéraire proposé dans cet article reste tout à fait possible à suivre tel quel, avec les décorations en plus en guise de “bonus”. Comme le signe du zodiaque change chaque année, les structures et installations sont renouvelées pour correspondre à l’animal totem de l’année en question.
Pour aller plus loin à Chinatown
Comme l’indique le parcours sur ma carte placée en début d’article, cet itinéraire se concentre sur la partie « centrale » de Chinatown. Mais le quartier étant vaste, vous pouvez largement prolonger l’expérience si c’est un univers qui vous plaît.
Prahutrat (Little India)
En allant tout à l’ouest par exemple, au-delà du canal Ong Ang, vous arriverez à Prahurat, le quartier indien de Bangkok. La spécialité ici, ce sont les tissus, mais on y trouve aussi quelques restaurants et un temple sikh notable, le Siri Guru Singh Sabha Gurdwara.
Là, vous pourrez vous rendre à l’intérieur en vous déchaussant. Il faudra vous couvrir la tête, mais tout est mis à disposition. C’est gratuit, et vous pourrez même goûter de la cuisine végétarienne. Évidemment, une donation est bienvenue dans ce cas.





Autour du Canal Ong Ang
D’ailleurs, les abords du canal Ong Ang, rénovés il y a maintenant quelques années, sont aussi sympas à découvrir, de jour comme en soirée. Avec ses restaurants et façades de maisons colorées, agrémentées de street art, marcher le long permet d’avoir une autre vision du Bangkok chaotique.
Non loin, vous avez le plus important temple (après le Wat Traimit) de Chinatown, surtout connu pour ses bassins aux crocodiles : le Wat Chakrawatrachawat Woramahawihan. L’ensemble du site s’étale sur près de 300 m de long et possède plus de 200 ans d’histoire.





Song Wat
C’est toute la zone longeant le bord du Chao Phraya. Longtemps délaissée, cette section de Chinatown se renouvelle et attire grâce à sa scène gastronomique et à son cadre mêlant architecture ancienne et cafés pittoresques.
→ Voir mon article sur Song Wat


Talat Noï
En complément, si vous voulez être complet, vous pouvez pousser la visite avec le bout de Chinatown appelé « Talat Noï » (le « petit marché »), un coin qui dégage une atmosphère qui lui est propre.
→ Voir mon article sur Talat Noï


FAQ pratique : visiter Chinatown
Combien de temps prévoir pour cette balade ?
Comptez environ 2 à 3 heures pour suivre l’itinéraire tranquillement, selon votre rythme et le temps passé dans les principaux temples (Wat Mangkon ou Wat Traimit).
Quel est le meilleur moment pour découvrir Chinatown ?
Si Chinatown est très populaire en début de soirée, le quartier se visite aussi très bien en journée, quand les marchés et les ruelles commerçantes sont les plus vivants.
Le soir, les restaurants de rue et les enseignes lumineuses donnent une autre vision du quartier chinois mais l’expérience se concentre alors principalement autour de Yaowarat.
Comment venir facilement à Chinatown ?
Chinatown est bien desservi en transports. Le plus sympa est d’arriver en bateau via le Chao Phraya Express, car la balade s’enchaîne bien après une visite du Grand Palais ou du Wat Pho.
Sinon, le MRT (métro souterrain) passe à travers le quartier le long de Charoen Krung et permet aussi d’y accéder facilement, notamment via les stations Wat Mangkon ou Hua Lamphong.


Faut-il prévoir une tenue particulière pour les temples ?
Oui, comme partout en Thaïlande : épaules couvertes, pas de short pour mesdames, et on se déchausse avant d’entrer. Des sarongs sont parfois proposés sur place si besoin.
Peut-on visiter Chinatown avec une poussette ?
Ce n’est pas l’endroit le plus pratique : certaines ruelles sont encombrées et peu adaptées. Avec de jeunes enfants, mieux vaut rester sur les axes plus larges et faire une balade plus courte.
Où loger pour visiter Chinatown ?
Chinatown se visite très facilement en excursion depuis d’autres quartiers de Bangkok. De par son emplacement et les transports disponibles, c’est aussi un bon point de chute pour visiter la capitale.
Plutôt que de me répéter, je détaille les meilleures options dans mon guide dédié à Bangkok :
→ Quel quartier choisir à Bangkok ?









