Profitant d’un énième séjour chez la belle-famille à Nakhon Si Thammarat, et du fait qu’on était descendus en voiture, on avait une liberté de mouvement idéale pour occuper une journée libre en explorant comme souvent les alentours.
Je choisissais cette fois une jolie route côtière entre Sichon et Khanom, dont je voyais passer des photos sur les réseaux sociaux depuis quelque temps. Un parcours scénique entre plages, cafés et points de vue, sur une portion de côte où la route de littoral, aménagée ces dernières années dans une logique touristique, devient presque la visite à elle seule.
Début de journée tout en douceur
Il nous fallait tout juste une petite heure de route depuis Nakhon Si Thammarat pour rejoindre la zone de Sichon. Mais avant d’entamer notre balade proprement dite, vu l’heure, il fallait faire le plein d’énergie. J’avais repéré pour cela un restaurant en bord de mer, qui faisait aussi café à l’étage supérieur.

Issara Cape : un déjeuner avec vue sur mer
Peu avant d’arriver, on longeait déjà un bout du littoral, avec de quoi se garer à l’ombre de quelques arbres. Un spot qui me tentait sérieusement pour faire quelques photos, mais connaissant madame, je donnais la priorité au repas car, en Thaïlande, on ne plaisante pas avec le remplissage d’estomac.
On débarque donc sous un beau soleil sur le parking de cet établissement, dont le terrain occupe tout un cap juste à côté de la plage principale de Sichon.

Un membre du personnel s’approche aussitôt avec des parapluies pour éviter de cramer le temps de faire les quelques dizaines de mètres jusqu’à l’entrée du restaurant, placée de l’autre côté du parking.
C’est un bel exemple du sens du service en Thaïlande, où l’on essaye de recevoir le client du mieux possible.
Une fois installés, on commandait notre repas, qui a un peu traîné à arriver malgré le peu de monde. Les tarifs étaient raisonnables et le repas correct, sans être particulièrement mémorable. Dans la foulée, on décide de monter à l’étage en pensant enchaîner avec un petit café.


Mais en arrivant sur place, un rapide coup d’oeil sur les grains de café visibles dans le grinder ne nous inspiraient pas confiance, trop noirs, signe d’une torréfaction poussée donnant un goût trop prononcé, donc on laissait tomber en cherchant une alternative dans les parages.
Avant ça, on prenait le temps de faire quelques photos du front de mer au pied du restaurant, bordé de palmiers et de quelques chaises longues permettant de se détendre à l’ombre.
C’est joliment aménagé même s’il n’y a pas vraiment de plage à proprement parler, le cap étant surtout entouré de rochers. Il y a aussi une jetée au pied du parking, avec vue sur la plage de Sichon, tandis qu’une tentative de construction d’hôtel semblait être en cours juste à côté.





Blue Surf Café : pause café à Sichon Beach
Fidèle à notre rythme, et comme l’Issara ne convenait pas pour ça, il nous fallait trouver un spot pour notre pause café avant de poursuivre véritablement la journée.
Un rapide coup d’œil sur Google nous emmenait au Blue Surf, un café intégré au Sichon Cabana Resort, un hôtel plutôt haut de gamme situé au bord de la plage de Sichon.



Le café était plutôt cher, mais valait au moins le coup en termes de saveur, et le cadre où l’on se posait, au bord même de la plage, était bien agréable. Même si Sichon n’est pas internationalement reconnue, elle a ses adeptes, et on y trouvait une clientèle mixte, thaïlandaise comme étrangère.
Une fois notre dose de caféine absorbée, on pouvait partir sereinement pour la suite de la journée. Depuis le resort, le plus court aurait été de finir de longer la plage de Sichon avant de traverser le canal au pont suivant.


Mais au lieu de ça, je tenais à revenir légèrement sur nos pas pour m’arrêter au bord de mer qu’on avait aperçu juste avant d’arriver à l’Issara.
Des espaces sous les arbres permettent de se garer librement à hauteur d’une petite plage marquée « Hin Ngam Beach », avec vue sur le cap. Mais ne comptez pas vous baigner ici : elle est surtout jonchée de rochers et non sableuse.


Sichon : premiers arrêts autour de Khao Plai Dam
On partait ensuite vers la route panoramique, en longeant d’abord Thung Sai Beach, une plage plutôt sauvage qui s’étale sur plus de 4 km.
Il s’avère qu’on s’y était déjà rendus quelques années auparavant, car on trouve sur sa partie nord quelques resorts ainsi que des cafés et restaurants, dont le HuuLaa Beachclub Sichon, où l’on avait apprécié se détendre une après-midi.





Un premier point de vue… sans grand aménagement
Au bout de la plage de Thung Sai, la route commence à serpenter entre le flanc de la petite montagne de Khao Phlai Dam et la mer, marquant le début de cette fameuse route touristique que j’étais venu découvrir.
Littéralement juste après le deuxième virage, je faisais un premier stop, ayant repéré au préalable le Khao Plai Dam Welcome View Point sur Google Maps.

Moi, les “view points”, ça m’incite toujours à aller voir 🤩 Mais ce que je n’avais pas anticipé, faute d’avoir regardé une vue Street View, c’est qu’il n’y aurait pour ainsi dire aucun aménagement…
Heureusement, une zone plate et dégagée se trouvait à quelques mètres, me servant de parking improvisé…

Un trou dans la végétation permettait alors d’avoir une vue imprenable sur la plage de Thung Sai qu’on venait tout juste de longer. Vue d’ici, elle semble complètement vierge et la nature qui l’entoure domine largement le paysage.
C’est une bonne mise en bouche pour cette balade qu’on entame à peine.

Une belle vue sur Phlai Dam Beach
En poursuivant, on croisait les premiers hôtels qui se sont implantés dans le coin pour profiter de cette belle vue sur mer. À peine un kilomètre plus loin, on arrivait à un deuxième point de vue, annoté Best view เขาพลายดำ Sichon Nakhon Si Thammarat Thailand.
Cette fois, un parking invite clairement à s’arrêter, et la vue donne sur une plage portant deux noms : Ao Thong Yang, mais aussi Phlai Dam Beach. Si là encore la végétation domine les environs, ce n’est pas désert pour autant puisqu’on y aperçoit une dizaine de vacanciers et leurs enfants en train de profiter des joies du bord de mer.
Petit passage sur la plage d’Ao Thong Yang
Après l’avoir aperçue depuis le point de vue, je décidais de m’arrêter vite fait sur la plage, qui, si elle est nommée Phlai Dam, du nom de la petite chaîne de colline, prend aussi le nom de sa baie : Ao Thong Yang.
En arrivant sur la zone, je trouvais une place à un peu à l’arrache à deux pas du bord de mer, ne comptant pas rester longtemps. Je me retrouve à côté de quelques commerces et restaurants longeant la plage.


Mais de ce que j’en ai vu, il s’agit surtout d’aménagements réalisés par les autorités locales, dépendant cette fois du district de Khanom puisqu’on venait de passer le panneau, quittant ainsi le territoire de Sichon.
Des abris avec tables et chaises sont disponibles à proximité pour ceux qui veulent pique-niquer sans s’installer directement sur le sable. On y sent une ambiance bien locale et familiale, qui incite volontiers à s’y poser un peu plus longtemps. Mais pas le temps de glandouiller en ce qui nous concerne, donc on reprenait vite la route après les quelques photos de circonstance.
Khanom : les points de vue de la côte
Comme je l’évoquais dans le paragraphe précédent, on arrive ici sur la portion de route relevant du district de Khanom. Sa plage principale, Khanom Beach, attire une clientèle appréciant le calme, sans être isolé pour autant, notamment grâce à sa relative proximité avec le quai de Donsak, principal point d’accès vers les îles du golfe de Thaïlande, Ko Samui en tête.
Le principal belvédère
Sobrement indiqué Sichon-Khanom Road Viewpoint sur Google Maps, c’est le principal point d’arrêt, à peu près situé à mi-chemin du trajet global de cette route panoramique.
Après quelques courbes longeant une mer bien visible, on tombait sur un parking avec, cette fois, les aménagements typiques d’un point de vue : un cadre façon photo souvenir / carte postale, mais aussi deux abris surélevés permettant d’observer la côte escarpée à l’ombre.
Un piédestal surmonté d’une statue d’éléphant complète la déco de cette aire de repos qui attire tous les visiteurs de passage. C’est d’ailleurs là qu’on croisait le plus de monde sur cette route, dont un groupe de bikers malaisiens, souvent nombreux à visiter cette partie sud de la Thaïlande avec leur véhicule.
Et qui dit touristes, dit vendeurs. En l’occurrence ici, juste quelques locaux vendant non pas des boissons ou des snacks comme on pourrait s’y attendre, mais plutôt des tickets de loterie !
Si la vue sur ce littoral montagneux n’est pas dégueu, ce n’est pas là qu’on aura la plus belle vue du jour à mon sens. Je remarquais au pied des rochers un monsieur qui semblait pêcher tranquillement, dans un spot improbable dont je me demande encore comment il avait pu y accéder.





Depuis ce parking, situé dans un virage, on aperçoit une bifurcation marquée par un panneau et un dauphin métallique.
Il s’avère que la zone doit être incluse dans un parc national en cours de création mais pas encore officialisé, puisque cela doit d’abord paraître dans la Gazette royale : le Hat Khanom – Mu Koh Thale Tai National Park. Cette bifurcation mène vers une zone aménagée avec des bungalows à flanc de colline, qui seront gérés par l’office du parc.
Vue dégagée sur Ao Tong Yee
Après une dizaine de minutes sur place, on reprenait la route… pour seulement 300 m. En effet, à peine plus loin se trouve un nouveau belvédère, cette fois isolé au bord de la route. Étonnamment, il n’y a pas ici de vrai parking… Enfin si, mais je ne le savais pas sur le moment : outre celui situé 300 m plus tôt, d’où l’on arrivait, il y en a un autre 250 m plus loin.


En apercevant le belvédère en question, j’ai donc dû me coller au maximum contre le bord de la route pour éviter de gêner. Et c’est bien dommage que ce point ne soit pas davantage aménagé, car c’est là que j’aurais l’un des plus jolis points de vue de la journée, avec cette belle ouverture sur Ao Tong Yee, celle qui illustre d’ailleurs la photo de tête de l’article.

Le spot pour photographier la route sinueuse
C’est à vrai dire la genèse de cet article, puisque les photos que je voyais passer sur les réseaux à propos de cette route venaient précisément de ce spot.
Sa particularité tient à son allure de serpent goudronné ondulant sur la colline, le tout bordé de cocotiers et, dans notre cas, embelli par la floraison d’arbustes aux fleurs jaunes.
Même si le point est indiqué sur Google Maps, on savait de toute façon qu’on était au bon endroit en voyant plusieurs véhicules arrêtés et des personnes présentes de chaque côté.
Certains profitent de cette popularité en proposant leurs services de photographe, quelque chose d’assez courant en Thaïlande malgré les performances photo des smartphones actuels. Et justement, l’un d’eux était bien occupé avec un couple en train de poser devant cette fameuse portion photogénique.
La séance dura un moment pendant qu’on attendait, avec un autre couple arrivé avant nous. Elle se termina avec la voiture du gars, tout fier, garée de travers sur presque toute la voie de gauche, ce dernier prenant la pose devant son capot avec la route serpentant derrière. Une scène tellement improbable que je regrette de ne pas l’avoir prise en photo…
Le couple suivant prit ses photos lui-même, puis quelques-unes que je me proposais de leur prendre histoire qu’ils soient tous les deux dans le cadre. Ils nous rendront la pareille quand viendra finalement notre tour de passer par ce petit rituel photo souvenir très local.
Heureusement, la circulation restait très calme ce jour-là, et la configuration des lieux permettait de bien voir arriver les véhicules et de se pousser si nécessaire.

Un autre arrêt improvisé un peu plus loin
Alors qu’on reprenait la route, je n’avais à partir de là plus rien de vraiment prévu, si ce n’est d’aller jusqu’au bout avant de revenir tranquillement vers Nakhon Si Thammarat.
Mais au final, un peu plus d’un kilomètre plus loin, on tombait de nouveau sur des voitures garées sur le bas-côté, avec quelques personnes visiblement en train de faire des photos. Évidemment, la curiosité et l’effet de mimétisme m’incitaient alors à m’arrêter une nouvelle fois…
On retrouvait alors le couple qu’on avait pris en photo juste avant. Le rendu visuel était d’une certaine manière similaire, mais avec une route plus droite, ce qui rendait l’ensemble moins intéressant. Cet arrêt reste donc clairement dispensable. On était alors proche d’une série d’hôtels et de restaurants, puisqu’on arrivait au bout de la route panoramique, à côté de la plage de Nai Phlao, qui jouxte Khanom Beach au sud.


Naern Thae Wada Viewpoint, le point final de la balade
Profitant de cet arrêt improvisé, je regardais vite fait quoi faire dans les parages pour compléter cette journée, trouvant ainsi un autre point de vue, indiqué sous le nom de Naern Thae Wada Viewpoint, justement situé en contrehaut de Nai Phlao Beach.
Une petite route indiquée par un panneau y mène facilement depuis la route principale. Un parking vide nous attendait une fois en haut. On remarque tout un tas d’aménagements, dont un pont suspendu métallique, sous lequel on venait tout juste de passer.
Je comprends vite, en voyant un comptoir avec une dame, que l’accès au site est payant. Mais le tarif s’avère n’être que de 30 bahts par personne, donc je règle la somme sans rechigner. Le terrain est privé, donc ça ne me choque pas qu’une contribution soit demandée, vu l’investissement côté constructions, qui restent somme toute de qualité assez modeste.
On démarre par la plateforme principale, qui possède une vue privilégiée sur tout Khanom, avec des pitons rocheux karstiques visibles au loin dans cette partie nord de la province de Nakhon Si Thammarat.
Globalement, les installations sont kitsch et bon marché, mais force est de constater que la vue vaut largement les 30 bahts. Le site mériterait un petit refresh, avec un café plus moderne et mieux placé (il y en a bien un, mais il n’est pas du côté de la vue et était fermé à l’heure de notre passage), car il y a un vrai potentiel.
Après une série de photos depuis la plateforme, on empruntait un pont qui nous faisait passer vers l’arrière du site, lequel domine alors Nai Phlao. On croisait quand même un couple de touristes étrangers, preuve que je n’étais pas le seul curieux à profiter de la vue offerte par ce lieu.
On revenait ensuite sur nos pas vers le parking, mais alors que Jitima pensait qu’on repartait, je m’engageais sur une autre plateforme surélevée, juste au-dessus du comptoir d’arrivée. Je comptais bien visiter le site dans son ensemble et traverser le pont bleu sous lequel on était passés en arrivant.
Le passage surélevé est bordé de bambous ; nul doute que c’est un spot à selfies quand il y a du monde. Le pont bleu mène alors vers une petite zone aménagée pour le camping, avec des toilettes et des bungalows, mais qui ne semblent pas avoir servi depuis quelque temps. M’est avis que le COVID a pu freiner les ambitions et casser la dynamique de ce point de vue.





Depuis cet espace, on a une vue sur un superbe massif de fleurs jaunes, tandis qu’en revenant vers le parking pour conclure cette journée de visites, on aperçoit un pan de la même chaîne de montagnes du Khao Phlai Dam, qui domine les environs et sert de décor à ce point de vue local.


À retenir avant de faire cette balade entre Sichon et Khanom
- Le trajet se fait clairement mieux avec un véhicule : voiture ou scooter, car les arrêts sont espacés et les points de vue ne sont pas desservis par des transports en commun. Pour louer un véhicule et conduire en Thaïlande, je vous invite à lire mon article dédié.
- Il ne s’agit pas d’une excursion “immanquable” : l’intérêt réside surtout dans la route elle-même, ses vues et quelques pauses bien choisies. Elle a son charme et permet de passer une belle journée tranquille, en changeant un peu des journées farniente à la plage.
- Si vous voulez ajouter une touche plus culturelle, vous avez à 6 km de la route principale menant à Sichon depuis Nakhon Si Thammarat, un temple attirant de nombreux fidèles : le Wat Chedi (Ai Khai), si vous aimez les lieux animés par une forte dévotion.
- Comptez au minimum quelques heures pour profiter des principaux arrêts sans vous presser, et davantage si vous ajoutez cafés, plages ou autres haltes. Dans notre cas, on partait de Nakhon Si Thammarat vers 11h, on déjeunait vers midi, et on quittait le dernier point de vue sur le coup de 17h.
- Certains spots sont peu ou mal aménagés, donc mieux vaut rester prudent pour se garer et circuler, surtout si la route est plus fréquentée que lors de notre passage.
- Le parcours se prête bien à une journée tranquille depuis Nakhon Si Thammarat, Sichon ou Khanom, selon votre point de départ.
- Si vous comptez explorer le secteur plus en profondeur, dormir sur place à Sichon ou Khanom peut avoir du sens plutôt que de faire l’aller-retour dans la journée.
Pour réserver sur Khanom et ses environs, vous pouvez passer par la carte ci-dessous :















