Je comble enfin un oubli depuis 5 ans maintenant, notre mini excursion en Birmanie. Petite précision, le pays est appelé officiellement Myanmar depuis 1989 mais le terme est encore rarement utilisé pour la plupart des gens, qui se cantonnent à « Birmanie » d’autant plus que certains pays n’ont tout simplement pas reconnu le changement de nom comme légitime dont la Thaïlande justement…et la France !
Je pourrais en dire beaucoup sur la présentation de ce pays, dont le nom Birmanie est tiré de son ethnie principale, les Bama. Je rajouterai juste qu’il acquit son indépendance du Royaume-Uni en 1948, mais je laisse le reste à Wikipedia.
Les circonstances du séjour bien trop court !!

Ce voyage s’est fait un peu au dernier moment, alors que j’allais me marier quelques jours plus tard… Le voyage est notre passion commune, on s’était dit pourquoi pas profiter des promos en cours (comme on fait toujours) pour faire une petite virée dans le coin.
À l’origine, on devait partir au moins 4 ou 5 jours, malheureusement, c’était en 2008, et cette année-là, la politique s’était déjà dégradée (depuis l’évincement du Premier ministre Thaksin en 2006).
Toujours est-il que les manifestants de l’époque eurent cette « superbe » idée de bloquer et occuper l’aéroport… Si on avait pu changer les dates de nos billets d’avion vu les événements ça aurait été ok, mais pas possible et donc le nombre de jours possible fût réduit à deux pov’ journées…
Et pour l’anecdote, juste avant de partir, Jitima venait d’être malade, et en partant, c’était mon tour de commencer à me sentir mal… Du coup, j’ai passé une des pires nuits de ma vie là-bas… Donc la Birmanie, je m’en souviens très bien et ne demande qu’une chose, y retourner !!
- ce qu’on fera effectivement quelques années plus tard, voir mon compte-rendu de notre retour à Yangon
Deux jours express à Yangon
Nous partions donc juste découvrir Yangon, autrefois dénommé Rangoun ou Rangoon pour les anglophones (nom également changé en 1989), qui fût la capitale jusqu’en 2006 alors que le gouvernement décida de déménager (parce que les astres étaient « favorables », si si c’est la raison « officielle », l’astrologie).
Ils ont donc créé une capitale de toute pièce ; Naypyidaw, au milieu de nulle part. Elle est devenue en seulement 3 ans la 3e ville du pays (derrière Yangon et Mandalay) en terme de population, déjà plus de 900 000 habitants en 2009, c’est aussi du coup une des villes au développement le plus rapide au monde.
Toujours dans cette optique « d’écouter les astres » ils changèrent l’hymne national ainsi que le drapeau (qui en étonna plus d’un car celui-ci a des allures de drapeau aux couleurs d’Afrique plutôt qu’Asiatique, ce nouveau drapeau ressemblant notamment à celui du Ghana)



Yangon fut fondée il y a de cela plus de mille ans sous le nom de Dagon, autour de la fameuse pagode de Shwedagon. Aujourd’hui, c’est une ville aux allures chaotique, à cause du manque d’entretien, la végétation pousse un peu partout. C’est ici que se trouve la plus plupart des restes de bâtiments de l’époque coloniale.
J’ajouterais que les birmans parlent généralement plutôt pas mal l’anglais et sont surtout très accueillant.
Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a eu un bond énorme dans l’ouverture du pays (un des plus fermé au monde avec la Corée du Nord, il y avait encore pas si longtemps).
À l’époque en 2008, c’était encore la junte au pouvoir (même s’ils sont plus ou moins encore aux manettes), avec très peu de touristes, et des prix vraiment bon marché.


Depuis maintenant un peu plus d’un an, des réformes qualifiées de « spectaculaires » ont eu lieu, alors que la junte a « officiellement » transmis le pouvoir à un Président de la République (bien qu’il soit lui-même un ancien général…)
Depuis, les prix notamment des hôtels ont triplés, par exemple l’hôtel où l’on avait dormi, le Mother Land Inn 2 était de 12$ la nuit contre 30 actuellement…
À l’époque, outre d’être encore pas trop photo-phage (ou photovore plutôt, même si ça commençait à me démanger du déclencheur), j’avais peur qu’on me prenne pour un journaliste/espion et du coup, je n’osais pas trop prendre de photos… Ouais, parce qu’à ce moment-là, c’était encore mal vu…
1er jour : Balade entre temples et rues animées



Petit aparté: la monnaie officielle s’appelle le Kyat (qui se prononce presque comme tchiat), le taux de change à l’époque était de 1€ = 1100 MMK (environ 28 MMK pour 1 bahts) sachez que le dollar est largement accepté (peut-être même plus apprécié que le Kyat…) en revanche il faut que ce soit des billets neufs ou en très bon état, les billets trop froissés, usagés vous pouvez oublier et croyez moi c’est assez frustrant… tandis que pour les kyats au quotidien, on a vu défiler quelques véritables torchons tout rafistolés…














Un dîner au Karaweik Hall : une soirée culturelle à Yangon
Comme je l’évoquais précédemment, j’étais assez mal fichu ce jour, mais jusque-là ça allait. Ce soir-là, nous avions prévu d’aller dans le restaurant chic de Yangon, situé sur le Karaweik Hall est à la base un palais construit en 1972 de 2 étages (construction qui s’étala sur 2 années).
Il s’agit d’une barge dont le design de l’architecte Birman U Ngwe Hlaing est inspiré par une barge royale (le Pyigyimon).
Celle-ci contient en plus du restaurant buffet, une salle de conférence et 2 salles de réceptions. Le restaurant est situé sur la rive du lac Kandawgyi, pas très loin au nord de notre hôtel (un peu plus de 2km quand même)

Le dîner est donc un buffet à volonté avec un petit spectacle en prime. C’est l’endroit où l’on verra le plus d’étrangers en même temps.
Y’avait pas beaucoup de lumière et je n’aime pas le flash, mais du coup, la plupart des photos sont loupées…



Après une petite balade digestive, nous rentrerons sagement, avant pour moi de passer une horrible nuit comme je n’en avais pas eu depuis longtemps, je vous rassure, rien à voir avec l’hôtel ni même la bouffe des restaurants du jour, mais bien la cochonnerie que m’avait refilée Jitima.
J’ai passé ma nuit avec une forte fièvre et une bonne partie à vomir, le genre de nuit où l’on a vraiment l’impression qu’on va y passer… Le lendemain, ce n’est pas que je paraissais presque comme si de rien était, mais j’allais en tout cas nettement mieux, suffisamment en tout cas pour aller visiter la pagode.




2e jour : une ville un peu hors du temps
Ce qui caractérise Yangon est un peu ce qui rend l’Asie si typique. Une ville grouillante de monde, vivante. Les rues sont comme une sorte de grand magasin ambulant où l’on peut tout trouver et acheter.
Les câbles électriques pendouillent à foison, mais ce qui frappe surtout ici, c’est l’aspect vétuste des bâtiments. Mais pas que, sur le peu de voitures qui circulent, on voit des taxis, qu’on prendra, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elles ont des kilomètres au compteur.




La ville a un peu une allure fantomatique concernant les habitations, pas étonnant que les gens traînent dehors plutôt que dedans tant ça donne l’impression que tout pourrait s’écrouler à tous moment. De la végétation couvre même certaines façades, à tel point qu’on imagine mal des gens vivant là, et pourtant, on distingue bien des habitants par les fenêtres ouvertes. On y fait quelques rencontres, on donne encore quelques vêtements.


Il n’est pas rare ici de se faire aborder juste pour discuter, même si sur le coup, on s’est méfié après le coup du moine. Et notre prochaine rencontre s’est faites avec une charmante vieille dame très contente de parler en anglais (il y avait vraiment très peu de touristes à cette époque). Elle nous montrait toute fière son petit carnet rempli de petit mots des voyageurs qu’elle a croisée jusqu’alors, le tout en vapotant une genre de cigarette/cigare à sa sauce. Voyant par ailleurs des mots en français, je décidais d’y laisser notre trace également.













