Surnommée le « poumon vert de Bangkok », cette vaste boucle formée par le Chao Phraya fait l’objet de mesures de préservation depuis une décision gouvernementale de 1977. Des règles limitent notamment les constructions, renforcés à partir de 2019, afin de contenir l’urbanisation.
À quelques minutes en bateau de Khlong Toei (ou de Bang Na selon le point d’entrée choisi), Bang Kachao offre un changement de décor radical sans avoir besoin de s’éloigner de la capitale.

Les immeubles et la circulation de Bangkok laissent place à une végétation omniprésente, des canaux, des plantations et un réseau de petites routes qui se parcourent agréablement à vélo.
Je vous propose justement ici un exemple d’itinéraire à vélo que j’ai suivi à de nombreuses reprises, aussi bien en semaine que le weekend.
Le weekend, Bang Kachao est plus vivant : le marché de Bang Nam Phueng fonctionne, davantage de cafés et de petites adresses sont ouverts et les possibilités de pause sont plus nombreuses. La balade reste néanmoins tout à fait réalisable en semaine, avec moins d’animation mais aussi moins de visiteurs sur les routes et les chemins.
Mon itinéraire à vélo à Bang Kachao
Le parcours débute à l’embarcadère de Kamnan Khao, face au Wat Khlong Toei Nok, par lequel je préfère arriver. Il passe notamment par le parc Sri Nakhon Khuean Khan, puis traverse Bang Nam Phueng et Bang Ko Bua avant de revenir au point de départ.
- Départ et arrivée : embarcadère de Kamnan Khao, accessible depuis le Wat Khlong Toei Nok
- Distance : environ 12 km
- Durée : environ 4 h, pause repas comprise
- Difficulté : facile sur le plan sportif, même si la chaleur peut peser selon les jours
- Terrain : routes secondaires, ruelles et quelques passages étroits surélevés
- Jour conseillé : le week-end pour profiter de davantage d’animation et inclure le marché de Bang Nam Phueng
À savoir : le tracé bleu correspond à la boucle décrite dans cet article. En rose, des trajets alternatifs. La carte comprend également d’autres lieux à voir, ainsi que quelques cafés et restaurants, dont plusieurs fonctionnent surtout le week-end. Tous ne sont pas destinés à être intégrés au parcours d’une demi-journée : adaptez-le selon vos envies et le temps disponible.
Les étapes de la balade à vélo
1. De l’embarcadère au parc Sri Nakhon Khuean Khan
La balade commence après la courte traversée du Chao Phraya depuis le Wat Khlong Toei Nok. À l’arrivée, le loueur M-BIKE se trouve directement à la sortie de l’embarcadère de Kamnan Khao. Comptez actuellement à partir de 80 Bahts la journée.

Dès les premiers mètres, le décor change. On se retrouve dans une ambiance de campagne, au milieu de la végétation et de maisons entourées d’un jardin (chose rare dans la métropole voisine, où le moindre terrain libre finit généralement par être construit).
Le premier arrêt possible se trouve à seulement 1 km du quai : le parc Sri Nakhon Khuean Khan. Ce parc public doublé d’un jardin botanique constitue une bonne entrée en matière. Un sentier goudronné entoure un grand plan d’eau rempli de poissons que les habitants viennent volontiers nourrir, notamment le weekend.



Toute la zone est boisée, avec notamment quelques beaux figuiers banians reconnaissable aux racines qui s’enchevêtrent. Passerelles sur l’eau, abris et petits ponts en bois offrent autant d’endroits où s’arrêter pour observer la végétation et la faune locale : oiseaux, varans et autres petits animaux.
Quand on connaît le passé marécageux de Bangkok, ce paysage aquatique entouré d’une végétation très hétéroclite donne une idée de ce à quoi pouvait ressembler la région autrefois.
En poursuivant vers l’arrière du parc, un léger détour mène à une tour d’observation. N’attendez pas un vaste panorama sur les environs : la plateforme arrive pratiquement au niveau de la cime des arbres. Elle permet surtout de prendre un peu de hauteur pour essayer d’observer les oiseaux.
On aperçoit tout de même quelques tours d’immeubles dépasser de l’autre côté du fleuve, rappelant à quel point Bangkok reste proche.
Même sans monter dans la tour, cette partie du parc mérite le détour pour son atmosphère plus boisée. Au lieu de revenir directement sur le sentier goudronné, vous pouvez compléter la boucle par un chemin de terre. C’est cette variante que j’ai intégrée au parcours tracé en jaune sur la carte.
2. Les petites voies de Bang Kachao
Après le parc commence la partie la plus caractéristique de la balade. Plutôt que de rester sur les routes principales, je vous invite à rejoindre les petites voies bétonnées qui traversent la végétation, les jardins et les habitations.
Pour les atteindre depuis le parc, deux options sont possibles :
- Prendre le raccourci indiqué en orange sur la carte : il rejoint directement un chemin surélevé longeant le parc. Il faut toutefois franchir une petite rambarde et porter le vélo par-dessus. Ce n’est pas difficile, mais mieux vaut le savoir avant de s’engager.
- Repasser par l’entrée principale : vous pourrez récupérer le même chemin environ 200 m plus loin, sans avoir à porter le vélo.
Ces voies sont étroites et surélevées au-dessus des canaux, avec parfois une barrière d’un seul côté (c’est toujours mieux, autrefois, certaines n’en avaient même aucune…). Il faut donc être suffisamment à l’aise pour conserver sa trajectoire, particulièrement avec des enfants.
Il n’y a aucune raison de se presser : roulez doucement et descendez simplement du vélo si un passage ne vous inspire pas confiance (notamment les courbes en angle droit).
C’est surtout ici que Bang Kachao donne un aperçu de ce que pouvait être la périphérie de Bangkok avant son urbanisation : une zone basse et humide, parcourue de canaux, où les maisons sur pilotis et les cultures se sont installées entre les bras d’eau. On retrouve d’ailleurs une ambiance assez proche à Ko Kret, autre île située près de Bangkok, mais plus au nord.
Mon parcours fait volontairement un léger crochet par un petit groupe d’habitations perdu au milieu de la végétation. La plupart rappellent les maisons que l’on trouve dans les villages de la campagne thaïlandaise : elles sont sur pilotis, avec notamment les poules qui profitent de l’espace abrité sous le plancher.
Autour des maisons poussent des papayers et différentes plantes utilisées dans la cuisine quotidienne, comme les piments ou le basilic thaï.


Pour l’anecdote, une discussion avec des habitants m’avait un jour conduit à visiter l’une de ces maisons, alors proposée à la vente. Si j’en avais eu les moyens, j’aurais sérieusement envisagé de l’acheter tant le prix demandé était intéressant.
Lorsque je suis repassé quelque temps plus tard, elle avait déjà trouvé preneur et avait été entièrement rénovée.
3. Wat Rat Rangsan et Mahadevalai
Cette section de voie surélevée déboule sur un temple, que vous verrez perché sur une plateforme en béton (dont les finitions n’ont pas encore été complétées à ce jour).
Parce que tout Bang Kachao est situé dans un méandre du fleuve, il est particulièrement vulnérable à la montée des eaux en fin de saison des pluies et/ou en cas de forte marée (car oui, la proximité de Bangkok avec la mer fait que le niveau change).

C’est pourquoi ce bâtiment en particulier du Wat Rat Rangsan a carrément été surélevé. J’ai donc pu assister aux différentes étapes qui ont consistés à creuser sous le temple tout en préparant la structure en béton sur laquelle il allait reposer.
Un ensemble de vérins à par la suite permit de soulever l’ensemble à la bonne hauteur pour donner la plateforme qu’on peut voir de nos jours.
J’ai toujours été épaté par les moyens financiers pouvant être mis en place pour ce qui n’est finalement qu’un petit temple de « campagne ». Si vous passez là en semaine, vous pourriez apercevoir les gamins dans la cour de l’école adjointe au temple (comme c’est souvent le cas en Thaïlande) qui seront ravi de vous saluer au passage.

Ma boucle se poursuit ensuite en longeant la route, où vous verrez l’entrée d’un autre temple, cette fois hindou, moins de 500 m plus loin.
Vous êtes alors au Mahadevalai, un sanctuaire hindou dont sa pièce maîtresse est sa grande statue de Ganesh, assez inattendue au milieu de cet environnement essentiellement rural et bouddhiste.
C’est un lieu qui j’ai quasiment vu sortir de terre et évoluer. D’une simple statue au milieu d’un jardin, le site s’est développé jusqu’à devenir un arrêt populaire pour les Thaïlandais et curieux de passage à Bang Kachao, disposant maintenant d’un parking plus grand que le sanctuaire lui-même.

Quand je vois l’argent que ça brasse, je plaisante toujours en me disant qu’établir un site religieux reste l’un des meilleurs modèle économique en Thaïlande….
À mon dernier passage ils avaient d’ailleurs rendu son accès payant pour les étrangers…. Ils semblent s’être ravisé depuis, pariant plutôt sur un café adjacent pour compléter leurs revenues.

Si vous suivez mon parcours comme sur la carte, cela évite de rester trop longtemps sur l’artère principale de Bang Kachao (Phetchahung Road), qu’on croise juste après le sanctuaire de Mahadevalai.
Ce trajet est aussi plus calme car moins urbanisé et permet de longer des plantations de cocotiers, passant devant un petit camp d’entraînement de boxe Thaï (avis aux amateurs !) et arrive ensuite derrière le marché de Bang Nam Phueng.
4. Bang Nam Phueng et son marché
Le parcours rejoint ensuite le secteur de Bang Nam Phueng, où se concentrent plusieurs autres temples et surtout le fameux Bang Nam Phueng Floating Market. Malgré son nom, il ne s’agit pas vraiment d’un marché flottant dans le sens où les vendeurs se trouveraient sur des barques.
Comme beaucoup de marchés dits « flottants » de nos jours, c’est surtout la présence du canal qui le longe et des allées sur pilotis qui le composent qui lui vaut cette appellation. C’est aussi le cas d’autres marchés flottants de Bangkok, comme Taling Chan ou Khlong Lat Mayom, même si pour le coup, vous y verrez là bien quelques embarcations.
Par contre, comme la plupart des marchés flottants autour de Bangkok, celui-ci ne sera actif que le weekend (l’exception la plus connue étant Damnoen Saduak, marché très touristique ouvert tous les jours, mais situé à Ratchaburi).

Même si j’ai généralement mon spot privilégié pour manger au bord du fleuve un peu plus tard dans la boucle, le Bang Nam Phueng Floating Market peut être l’occasion de grignoter, prendre quelques boissons et reposer les fesses.
Et à défaut, ça reste toujours sympa de se plonger dans l’ambiance d’un marché local, de sentir les odeurs, admirer les couleurs et pourquoi pas ressortir de là avec deux ou trois souvenirs !
Même si vous êtes à Bang Kachao en semaine, vous pouvez toujours faire un petit arrêt dans les parages, ne serait-ce que pour jeter un œil au Wat Bang Nam Phueng Nai et à son chedi pyramidal.
5. Les berges du Chao Phraya
En poursuivant mon parcours, je traverse de nouveau une zone d’habitations, même si l’on est ici clairement sur des constructions plus modernes, j’y passe donc rapidement. Je longe ensuite brièvement une route avant de bifurquer à nouveau sur les petites voies surélevées.
On est alors de nouveau entouré de plantations et de maisons éparpillées çà et là. Ce chemin mène jusqu’aux berges du Chao Phraya, à l’est de Bang Kachao, face au quartier de Bang Na, qui se trouve le long de la célèbre artère Sukhumvit.
La végétation devient alors plus sauvage, avec l’apparition de mangroves faisant la transition entre l’eau et la terre ferme. Les maisons sont ici systématiquement sur pilotis pour pallier les fluctuations du niveau de l’eau.
C’est dans ce cadre qu’est niché mon restaurant favori pour déjeuner, le Pob Rak at Bang Nam Phueng.
Installé dans une maison familiale en bois, le restaurant offre une belle vue sur le fleuve et la mangrove qui l’entoure, un cadre parfait pour une pause bien méritée. Vous pourrez choisir entre un espace intérieur et une terrasse extérieure ainsi qu’une table privilégiée installée au bout d’une allée en bois.
Si vous préférez la clim, il y a juste à côté le fameux Bangkok Tree House, qui fait aussi office d’hôtel (jen parle plus bas), mais dont le menu est plus limité (et plus cher aussi).
6. Le Wat Bang Nam Phueng Nok
Moins de 500 m plus loin, on arrive au Wat Bang Nam Phueng Nok, le principal point d’entrée sur Bang Kachao en bateau depuis Bang Na. Cela se voit avec les nombreux loueurs de vélos présents et même, depuis peu, un loueur de scooters pour les plus flemmards.
On peut d’ailleurs emprunter ici des barges permettant de venir avec son propre scooter depuis la rive opposée, au départ du Wat Bang Na Nok.
Le contraste entre le caractère simple et calme de Bang Kachao et la zone urbaine et industrielle située juste en face, de l’autre côté du fleuve, est assez saisissant.

Pour en revenir au temple, le Wat Bang Nam Phueng Nok est composé de deux ensembles. Le plus récent se trouve près de l’embarcadère, où vous verrez notamment un Budai, souvent surnommé le « Bouddha chinois » ou « Bouddha rieur », reconnaissable à son gros ventre.
À peine plus loin, en revenant vers la route, vous croiserez l’ancien temple.
Pendant très longtemps, ce dernier était plus ou moins à l’abandon, ou du moins dans un état de délabrement assez avancé, même si l’on pouvait encore visiter l’intérieur. Je lui trouvais au moins du charme, car le poids des années le rendait quelque part singulier.
Mais les autorités locales ont tenu à le sauvegarder. Il est alors resté très longtemps sous des échafaudages, avec un toit d’urgence en attendant de trouver les financements nécessaires à sa rénovation. Il aura fallu attendre six ans avant qu’il retrouve une seconde jeunesse.
Ne m’y attendant pas particulièrement, ça m’a fait tout drôle lorsque je suis repassé devant ses petits viharn et ubosot, les deux principaux bâtiments du temple, tout de blanc vêtus, avec l’espace autour complètement dégagé.
Je ne cache pas que ma réaction était mitigée. Je comprends évidemment l’importance de rénover, mais une part de moi s’est dit qu’une fois réhabilité comme ça, il ressemble finalement à n’importe quel temple lambda… Un sentiment partagé entre « c’est bien, c’est conservé » et « ça lui fait perdre son cachet »…

Pour vous rendre compte de la différence je vous mets quelques photos, notamment de l’intérieur, dont, heureusement, les restes des peintures murales du viharn, ont été préservés à l’exception de celles situées derrière la statue…
7. Bang Ko Bua et le retour vers l’embarcadère
La dernière partie traverse le quartier de Bang Ko Bua, qui borde la presqu’île de Bang Kachao au nord, avant de revenir aux abords du parc, puis vers l’embarcadère de Kamnan Khao.
Cette section est légèrement plus urbanisée. On y croise, comme toujours, le petit temple local, le Wat Bang Ko Bua, mais c’est une portion assez longue, environ 5 km, où je ne m’arrête plus. Après les différents arrêts de la journée, il y a un moment où il faut bien revenir au quai de départ.
Pensez à bien vous hydrater et ne sous-estimez pas la fatigue liée à la chaleur, car c’est la partie de l’itinéraire où vous aurez le moins d’ombre.
La route reste quand même sympa, avec des paysages typiques de Bang Kachao, mêlant verdure et vie locale, ainsi que quelques cafés et restaurants si vous souhaitez encore poser pied à terre.
De retour chez M-BIKE, rendez le vélo et reprenez le bateau vers Khlong Toei. Cette courte traversée résume bien l’intérêt de Bang Kachao : en quelques minutes seulement, on passe d’un environnement vert et peu construit au chaos du port de Bangkok. Welcome back !
Bang Kachao, un territoire qui évolue
À force de revenir régulièrement à Bang Kachao depuis plus de dix ans, j’ai évidemment vu le secteur évoluer. Certains changements restent assez discrets et ne sautent pas forcément aux yeux lors d’une première visite, mais deviennent bien plus visibles lorsqu’on repasse plusieurs années plus tard aux mêmes endroits.
Alors attention, Bang Kachao conserve bien une vie locale qui contraste toujours avec Bangkok. Mais des scènes comme celle de ce petit ring de combats de coqs installé au milieu de la végétation, où l’un des soigneurs s’occupait de son animal entre deux affrontements, tendent à se faire plus rares. Elles rappellent pourtant le caractère encore rural du secteur.
Le charme de Bang Kachao réside aussi dans ces maisons au bord des canaux et cette impression d’être dans un village à quelques kilomètres seulement du centre de Bangkok. Tout cela n’a pas disparu, loin de là, mais le paysage change quand même progressivement.
J’en veux pour preuve un secteur en bord de rivière que j’avais photographié en 2013, avec ses maisons simples, dont l’une servait de restaurant local (super bon en plus). Lorsque j’y suis retourné quelques années plus tard, le restaurant n’était plus là et les maisons avaient laissé place à de véritables « petits » immeubles.
Ailleurs, d’anciennes maisons sur pilotis ont été rasées pour laisser place à des commerces ou simplement à des terrains libres en attendant de nouvelles constructions.

J’ai également vu apparaître de grandes maisons modernes, souvent entourées de hauts murs, qui tranchent avec les habitations plus modestes et les anciennes maisons sur pilotis. Certaines reprennent l’architecture assez standard des lotissements huppés, tandis que d’autres affichent des styles bien plus audacieux.
Cette évolution s’explique notamment par l’attrait grandissant de Bang Kachao auprès des Bangkokois aisés. Pour ceux qui en ont les moyens, le secteur représente une occasion de s’échapper de la densité et du bruit de la capitale, tout en restant à proximité immédiate.
Les terrains sont donc devenus très recherchés, avec des prix qui grimpent vite. En regardant les annonces par curiosité, j’ai vu un terrain, certes assez grand, en vente pour… 30 millions de bahts, soit quand même près de 800 000 €. Ce n’est pas à la portée de toutes les bourses.
D’ailleurs, en parlant de terrains, j’ai justement vu se multiplier les parcelles entièrement défrichées, sans toujours savoir ce qui viendrait les remplacer. Mais je sais que, parfois, le but est simplement de laisser l’espace « respirer », la végétation non entretenue pouvant vite devenir une véritable jungle envahissante.
Cette transformation n’est pas pour autant uniquement négative. L’intérêt croissant pour Bang Kachao a aussi entraîné une amélioration de certaines infrastructures, notamment pour les vélos. Plusieurs routes ont été refaites, avec un revêtement plus propre et des marquages destinés à mieux signaler l’espace des vélos. Des barrières ont également été ajoutées pour sécuriser les passerelles surélevées au-dessus des canaux.
Pour les visiteurs comme pour les habitants, ces aménagements rendent les déplacements plus agréables et plus sûrs. Mais ils accompagnent aussi une fréquentation et une pression immobilière grandissantes, ce qui explique notamment le renforcement, en 2019, des règles encadrant les constructions.
Bang Kachao reste aujourd’hui une parenthèse verte agréable aux portes de Bangkok, mais n’est pas pour autant figé dans le temps. Son équilibre évolue, entre préservation d’un mode de vie encore rural, amélioration des infrastructures et multiplication de constructions qui pourraient malheureusement, à terme, transformer ce que les nouveaux habitants viennent justement y chercher.
Quel parcours choisir selon le temps disponible ?
Une balade courte de 2 à 3 heures
Pour une première découverte sans parcourir toute la presqu’île, restez dans sa partie nord-ouest. Depuis l’embarcadère, rejoignez le parc Sri Nakhon Khuean Khan, faites le tour du lac, puis empruntez quelques petites voies autour du Wat Rat Rangsan avant de revenir au quai, en profitant au passage d’un café du coin si ouvert.
Ce parcours concentre déjà les paysages les plus caractéristiques de Bang Kachao : le parc, la végétation, un plan d’eau et quelques chemins surélevés pour mettre son équilibre à l’épreuve.
Une demi-journée (4 à 5 heures)
C’est le temps à prévoir pour suivre la boucle décrite dans cet article. Le week-end, le marché de Bang Nam Phueng constitue un arrêt logique pour manger ou faire une pause. Il peut donc prolonger un peu la balade, mais l’ensemble reste normalement réalisable en une demi-journée.
Une journée complète
C’est ici que les repères supplémentaires de la carte entrent en jeu. Vous pourrez notamment jeter un œil au « musée du poisson combattant siamois » (oui, ça existe), visiter une ferme communautaire ou découvrir le musée folklorique de Khlong Bon.
Une journée complète laisse aussi davantage de temps pour s’arrêter dans les cafés, explorer d’autres ruelles ou simplement flâner en chemin.
Vérifiez toutefois les jours et horaires d’ouverture avant de modifier le parcours : plusieurs petites adresses de Bang Kachao n’ouvrent que le week-end ou fonctionnent selon des horaires irréguliers.
Comment aller à Bang Kachao et louer un vélo ?
Depuis le Wat Khlong Toei Nok
Comme évoqué au début de l’article, c’est l’accès que j’utilise : il est rapide à rejoindre depuis plusieurs quartiers centraux de Bangkok. Le plus simple est de venir en taxi ou en Grab en indiquant « Wat Khlong Toei Nok Pier », près du port de Bangkok.
Si vous préférez les transports publics, bon courage ! Plus sérieusement, les lignes de bus évoluent régulièrement à Bangkok : vérifiez l’itinéraire le jour même sur Google Maps ou ViaBus, que vous pouvez télécharger ci-dessous :
Si vous ne souhaitez pas installer une nouvelle application, repérez simplement les lignes passant à proximité du temple, puis consultez leur parcours sur le site de l’opérateur. Bangkok en compte deux : Thai Smile Bus, dont le site est uniquement en thaï, et la BMTA, gérée par la métropole, dont le site est disponible en anglais.
Vous trouverez par exemple le parcours de la ligne 47, qui dessert le centre historique et peut notamment être empruntée depuis le secteur de Khao San Road.

Le quai se trouve derrière le temple. Il n’y a pas d’horaires fixes : les bateaux partent lorsqu’il y a suffisamment de passagers, ce qui prend généralement peu de temps. Si auparavant la traversée s’effectuait essentiellement en bateau à longue queue, dernièrement je n’y ai vu que des embarcations plus large.
Comptez 20 THB par trajet. Un billet aller-retour à 40 THB semble désormais être délivré par défaut : conservez-le si vous revenez par le même quai.



L’autre accès depuis Bang Na
Une autre traversée relie le Wat Bang Na Nok, côté Bangkok, au Wat Bang Nam Phueng Nok. Cet accès est surtout pratique si vous venez du secteur d’Udom Suk ou de Bang Na.
C’est également une bonne option pour rejoindre directement le marché de Bang Nam Phueng sans louer de vélo. Des motos-taxis attendent près du débarcadère pour parcourir les 2,4 km qui le séparent du marché.

Louer un vélo chez M-BIKE
Vous pouvez traverser avec votre propre vélo, mais le plus simple reste d’en louer un sur place. M-BIKE se trouve directement à la sortie de l’embarcadère de Kamnan Khao et ouvre actuellement tous les jours de 7 h 30 à 18 h.
Comptez à partir de 100 THB la journée, selon le vélo choisi. Une carte de Bang Kachao est fournie, mais avec celle de cet article sous la main, vous devriez pouvoir vous en sortir 😉
Une pièce d’identité ou une caution en espèces est demandée pour la location.
Conseils pour parcourir Bang Kachao à vélo
- Privilégiez la matinée : la température grimpe rapidement et certaines portions offrent peu d’ombre.
- Gardez de l’eau avec vous : on trouve bien sûr des commerces et des cafés en route, mais c’est toujours mieux de pouvoir s’hydrater
- Vérifiez le vélo avant le départ : freins, pneus, hauteur de selle et vitesses.
- Mollo sur les passerelles : elles sont souvent étroites, c’est légèrement surélevées et parfois dépourvues de barrière sur un côté.
- Faites attention aux scooters : les passages surélevés ne sont pas réservées qu’aux vélos.
- Gardez une carte accessible : que ce soit celle que je fournis dans cet article ou autre, sauvegarder la zone en carte hors ligne ou ayez une carte SIM pour vous repérer avec Google Maps, il est facile de se « perdre » sur les petites voies.
- Prévoyez de la monnaie : elle reste utile pour le bateau, les petites échoppes et le marché.
- Ne surchargez pas la journée : l’intérêt de Bang Kachao vient autant du trajet que de l’ambiance relax des lieux, profitez, soufflez.
Dormir à Bang Kachao
Si la « norme » reste de visiter Bang Kachao à la journée, dormir sur place permet de profiter d’une ambiance plus calme une fois les visiteurs du jour partis (la différence est plus flagrante les weekend).
L’adresse la plus connue reste le Bangkok Tree House, installé au bord du Chao Phraya, sa situation proche du Wat Bang Nam Phueng Nok le rende facile d’accès et en fait une halte originale pour prolonger la parenthèse verte sans réellement s’éloigner de Bangkok.
Toutefois il est dans une gamme plutôt haute d’hébergements donc je vous propose deux alternatives plus modestes :
Après je n’irais pas jusqu’à conseiller Bang Kachao comme base principale pour visiter la capitale. La zone reste préservée précisément parce qu’elle est un peu isolée et les trajets quotidiens deviendraient vite contraignants.
→ Pour choisir un secteur plus pratique, j’ai détaillé les différentes possibilités dans mon guide consacré aux quartiers où dormir à Bangkok.
Pour conclure, si vous vous demandiez à quoi correspond cette grande tache verte entouré d’urbanisation au milieu de la carte de Bangkok, vous avez maintenant la réponse.


























































