Le village de Ban Pa Pong Piang est le genre de petit bijou qui comblera ceux désireux de s’aventurer hors des sentiers battus en Thaïlande.
Avec ses rizières en terrasses, qui en sont l’attraction principale, Pa Pong Piang (tel qu’il est indiqué sur Google Maps) est un endroit qui ne laisse clairement pas indifférent et est même devenu l’un de mes coups de cœur en Thaïlande.
Situé au pied du Doi Inthanon, le fameux parc national à 60 km au sud-ouest de Chiang Mai, abritant le plus haut sommet de Thaïlande (2 565m). Depuis le jour où j’ai rédigé pour la première fois cet article, le site a commencé à avoir du succès auprès des Thaïlandais, développant ainsi la zone avec plus d’offres en hébergements mais le charme opère toujours malgré un accès maintenant grandement simplifié (je vous dis tout plus bas).

Les rizières en Thaïlande
Le titre de l’article peut faire un peu présomptueux, mais de mes nombreuses années de présence en Thaïlande, je n’ai guère vu mieux. Et de manière générale, on ne trouve pas beaucoup de rizières en terrasses à tomber la mâchoire en Thaïlande, et même pas vraiment de rizières en terrasse tout court. Car oui, on s’imagine, comme beaucoup de pays asiatique, que la Thaïlande produit essentiellement du riz à flanc de montagne, et qu’on peut donc facilement retrouver le cliché des images de belles rizières en terrasses.
Hors, au risque de décevoir, la majorité des rizières qu’on peut voir en Thaïlande sont simplement situées en plaine… Je pense à toutes les plaines centrales, notamment autour d’Uthai Thani et Singburi, mais aussi dans toute la région de l’Issan (nord-est). Ce sont d’ailleurs ces vastes surfaces planes qui font de la Thaïlande un des premiers pays producteur de riz (27 millions de tonnes à l’export !)

Pour ceux qui recherchent donc de magnifiques rizières en terrasses, il faudra plutôt regarder du côté du Vietnam, comme on a eu l’occasion d’en avoir un aperçu lors de notre roadtrip dans le nord du pays. Je peux également citer la Chine, qui en possède à la pelle, Bali, qui reste assez populaire pour ça aussi (bien que ce ne soit pas l’attraction première) ou encore aux Philippines (les plus connues étant les rizières de Banaue) .
Ceci étant clarifié, une rizière quelle qu’elle soit à quelque chose de beau, même sur du plat. Cette fameuse couleur verte, la présence de l’eau et ces reflets apparents, bien visibles lorsque le riz vient d’être planté, les couleurs changeantes avec la saison, notamment sa couleur dorée peu avant la récolte, c’est tout ça qui rend une rizière si attirante.
Mais à choisir, c’est mieux en montagne et Ban Pa Pong Piang est le spot parfait pour ceux qui veulent visiter la Thaïlande tout en admirant de belles rizières en terrasses.





Que faire à Ban Pa Pong Pieng
Pendant la journée, si tant est que vous y restez, vous pourrez vous prélasser sur la terrasse de votre cabane, autrement, vous pourrez vous balader dans les rizières. Même sans dormir sur place, il est possible de suivre des petits chemins permettant d’accéder au milieu de ses dernières. Si vous dormez sur place, outre que certaines cabanes sont elles-mêmes au milieu des rizières, d’autres ont en général un accès aménagé pour s’approcher.
Selon la période, vous aurez peut-être l’occasion d’observer les locaux qui viennent parfois travailler dans leurs champs. En dehors de la présence des rizières, la vue sur les montagnes est à elle seule époustouflante, on peut y voir jusqu’à la chaîne de montagnes de l’autre côté de la vallée, où se trouve en bas la petite bourgade de Mae Chaem.





Quitte à venir dans le coin, je ne peux que suggérer d’y rester dormir, que ce soit pour admirer le coucher de soleil (qui vient tirer sa révérence droit devant, derrière les montagnes au loin), ou pour admirer le brouillard matinal remplissant la vallée et les couleurs du lever de soleil. Ces 2 moments de la journée valent déjà le déplacement jusque-là.
C’est aussi l’occasion de tester un repas bien local, de se ressourcer, de mettre un peu de côté le smartphone et se centrer sur l’humain. Comme il n’y a pas d’électricité, pas de wifi, un jeu de cartes n’est pas de trop pour passer une soirée tranquille. Le soir venu, si le ciel est dégagé, vous pourrez profiter d’une belle nuit étoilée, car en dehors de Mae Chaem, la ville la plus proche dont on aperçoit les lumières en contrebas, il y a très peu de pollution lumineuse.
Ci-dessous, petite série prise le matin :







Et pour le contraste, voici une série prise le soir :







Si vous voulez voir un peu de vie locale, il n’y a pas grand chose à Ban Pa Pong Piang même qui se résume en gros à son église et quelques maisons. En revanche, si vous avez le temps et voulez marcher un peu, vous avez 2,5 km jusqu’au village de Ban Tin Pha. Se faisant, cela permet de voir un autre versant de la montagne, dont les cultures sont aussi consacré au maïs. Tout comme Pa Pong Piang, il s’agit d’un village Karen.




Toujours si marcher n’est pas un problème, il y a à 2 km de l’autre côté non pas une mais trois cascades. Maintenant qu’il y a une route en bonne et due forme, vous pouvez en effet rejoindre à pied le site du camping de la chute de Mae Pan. Se faisant, au niveau du petit pont peu avant le camping, vous verrez un chemin d’accès vers la première cascade du coin, Pha Sam Lan. C’est la seule que je n’ai pas vu car auparavant, seul une route boueuse menait à cette zone.
Une autre cascade est très facile d’accès car situé à peine à 120 m du parking, Huai Sai Lueang, petite chute sur deux étages ayant son charme puisqu’entouré par la jungle, et généralement, il y a peu de monde comparé au reste des chutes situées dans la zone principale du parc national.

Enfin la dernière, donnant son nom au camping, la Mae Pan Waterfall se trouve sur une zone isolée. Depuis l’embranchement menant à Ban Pa Pong Pieng, il faut suivre une petite route sur un peu moins de 300 m pour arrive rau parking de la cascade. Ensuite, une bonne petite balade de 800 m vous attends. C’est en pleine jungle donc attention aux serpents. Vous longez sur une bonne partie un chemin assez étroit, à flanc de montagne, avec la rivière en contrebas.


Où dormir à Ban Pa Pong Pieng ?
Les maisons pour dormir sur place n’ont normalement ni électricité (dans le sens de permanente), ni eau chaude donc… Mais c’est presque aussi pour ça qu’on y vient ! Un vrai retour aux « sources » (bon, je dis ça, mais j’ai quand même la 4G…)
On vous fournira les bougies pour vous éclairer le soir venu ou selon la maison d’hôte, vous aurez peut être droit à des ampoules à LED qui éclairent plutôt bien (fonctionnant via des panneaux solaires). Ayez quand même au moins une lampe torche, ça peut toujours servir.

Un bémol toutefois, compte tenu du caractère du lieu, si vous ne parlez pas Thaï, ça peut être compliqué et de réserver, et de vous y rendre. Toutefois, ne sachant pas écrire Thaï, j’ai tout de même pu réserver en anglais, via 2 maisons d’hôtes différentes.
C’est une réservation de « principe », le paiement se faisant sur place en liquide (prévoyez donc à l’avance, car bien évidemment, pas de distributeur de billets dans le coin…)
Voici leurs contacts :
– Sombutchai Mju, qu’on peut trouver sur Facebook. C’est un jeune dont sa famille possédait des terres sur ce pan de montagne et qui a fait lui même avec son oncle le logement, composée à l’origine de 2 maisons, une avec 2 chambres (pour 2 personnes chaque) et une autre avec chambre individuelle (pour 2 personnes) : Page Facebook du logement de Sombutchai


– Comme Sombutchai était complet la dernière fois, je me suis tournée vers celui de Khun Da dont voici son profil Facebook et sa page, Baan Num Pu (prononcé Banne Nâm Pou). La vue est particulièrement sympa, car vous êtes vraiment face à la montagne, le logement de Sombutchai étant plus sur le côté (mais la vue est bien aussi). On voit que le business est profitable, car depuis ma première fois ici (Sombutchai est plus souvent plein), la terrasse s’est agrandie, la salle de bain est maintenant à hauteur de la maison, moins rustique que celle auparavant en bas des pilotis.
– Comme alternative possible, vous pouvez essayer aussi de contacter Weerasuk Homestay : Facebook du Weerasuk Homestay, mais je n’ai encore jamais testé.
Enfin si vous ne trouvez pas votre bonheur, mais êtes motivé, vous trouverez d’autres contacts sur cette page, en Thaï au passage, vous pourrez voir d’autres photos de l’endroit et des hébergements disponibles :
Vous pouvez vous aider de la traduction automatique (si vous utilisez Chrome par exemple) pour trouver le paragraphe concerné. Pour vous repérer, vous avez par exemple le dernier numéro de téléphone du paragraphe en question, le 080 794 6883, qui correspond au numéro de Sombutchai ci-dessus.
Quand venir à Ban Pa Pong Piang ?
Sachant qu’en plus de la vue, l’attraction principale, ce sont avant tout les rizières, il est évident de privilégier la bonne saison. C’est à partir de Juillet que les plantations auront lieu, donc la période Juillet / Août permettra de voir les jeunes poussent, laissant voir l’eau apparente, bien pour voir de beaux reflets et jouer avec les angles de photos.




En septembre et début octobre, le riz aura bien poussé et sera bien vert, parfait si c’est ce beau vert qui vous intéresse, les champs en seront remplies ! Toutefois, c’est la période la plus pluvieuse, donc à prendre en compte. À partir de fin octobre, les chances d’avoir du beau temps augmentent et les rizières sont alors bien pleines, avec une pousse de riz qui prend de la hauteur.
Enfin, vous avez jusque mi-novembre max pour vous rendre à Ban Pa Pong Piang et avoir des rizières encore remplies. Peu avant la récolte, le riz jaunie et offre alors des teintes vertes et dorées contrastant avec le vert des montagnes et la végétation entourant les rizières. Même si généralement la récolte a déjà commencée à cette période-là, il restera encore quelques parcelles encore plantées et celles déjà récoltés laissent des tiges dorées au sol qui font un rendu visuel restant intéressant. C’est au-delà de cette période que Ban Pa Pong Piang perdra de son charme, car si le paysage reste encore agréable jusqu’à début février, les rizières seront vides et sèches.







Au-delà de février, ce sera la saison la plus chaude en Thaïlande, c’est la saison des brûlis, avec un paysage du coup brumeux, une nature complètement asséchée, aller à Ban Pa Pong Piang vers mars-avril perd clairement de son intérêt.
Comment se rendre à Ban Pa Pong Piang ?
– Par vous-même : Attention ! Il est indispensable d’avoir un véhicule tout terrain (4 roues motrices) et de se sentir à l’aise dans ce type d’exercice de conduite en montagne. Faisable aussi en moto cross mais pas en scooter pendant la saison des pluies.
Avec la construction de la route en dure, cette remarque n’est plus d’actualité. Je tiens à la laisser lisible, comme un vestige du passé, rappelant que certains lieux devenant populaire peuvent vite changer (au moins auprès des locaux, car à ce jour, assez peu d’étrangers si rendent, mais pour combien de temps vu l’accès maintenant nettement plus aisé).
Dans tous les cas, il y a au moins 3 passages possibles menant en haut.
- La première est la version la plus courte, il faut se rendre au camp de la cascade de Mae Pan, sur la route de Mae Chaem puis bifurquer sur la gauche avant d’atteindre le parking pour aller voir la cascade. Vous serez alors sur une petite route, qui descend d’abord jusqu’à un petit pont traversant un ruisseau puis remonterez jusqu’à Ban Pa Pong Piang sur un peu moins de 3 km. Pour vous rendre compte du changement, j’ai gardé la photo d’origine à gauche.


Et ici même chose, à gauche le chemin en haut vs maintenant.


- La seconde est l’option qui m’avait été suggérée par Google Maps, celui-ci ne voyant pas à l’époque, de liaison entre le camp de Mae Pan Waterfall et la route menant en haut (maintenant que la route en question est faites, elle y apparait bien). Au lieu de tourner à droite au niveau de la route menant à la cascade de Mae Pan, il faut continuer sur la route principale (la 1192) sur environ 6 km puis tourner à droite (plus précisément, la route principale va tourner à gauche, mais il faut s’engager tout droit vers une petite route bétonnée dans un premier temps, puis en terre plus loin). Ça rallonge de 10 km, mais permet de voir de beaux paysages pendant la montée. En revanche, c’est un chemin en terre et un 4X4 est indispensable (sans quoi j’aurais pas passé l’un des derniers virages…).

Paysage depuis un chemin d’accès à Ban Pa Pong Piang. 
Un engin bien utile ! 
Chemin de terre. - La troisième et dernière option est la plus longue, testée récemment. Elle fait un énorme détour en tant que tel puisqu’il faut redescendre jusqu’à Mae Chaem, poursuivre en remontant vers le nord sur quelques kilomètres jusqu’à la localité de Thung Yao. Une petite route s’enfonce alors dans la montagne et passe par plusieurs villages avant de rejoindre Ban Pa Pong Piang. Contrairement à ce que je pensais, la route après le premier village traversé n’est pas goudronnée ni bétonnée, mais juste en terre. Comme j’avais croisé des voitures de ville en haut, avant que la route depuis Mae Pan soit faite, je pensais l’accès facile par ce côté. Perso, je recommande plutôt d’avoir un pick-up au risque d’abîmer le bas de caisse. L’avantage de cette option, c’est qu’on y croise une vie locale, entre les vaches au bord de la route, les paysans au travail dans les champs, les villages, c’est une fenêtre sur la campagne des environs. Une option intéressante étant de venir à Ban Pa Pong Piang par la petite route direct de Mae Pan, et au retour, passer par ce chemin.

Eglise dans un village. 
Vache au bord de la route. 
Scène de vie le long de la route. 
Des buffles croisés le long du chemin.
Ce qui donne ceci sur une carte :
– Par transport public : Depuis Chiang Mai, il vous faut prendre un songthaew, ces taxis collectifs qui sont des pick-up avec des rangées de sièges aménagés à l’arrière, dans ce cas, de couleur jaune (les rouges ne font que des liaisons en centre-ville et environ proche). En plus d’utiliser ceux-ci pour visiter le parc national de Doi Inthanon dans la journée, demandez à être déposé à Ban Pa Pong Piang. Lors de mon dernier séjour, j’y ai croisé un songthaew rouge, preuve qu’il doit aussi être possible de louer ces derniers pour s’y rendre.
Et maintenant que la route est goudronné, son accès est d’autant plus facile.
Alors, motivé pour vous y rendre ?
L’article vous a plu ? partagez sur le Pinterest !

