C’est une question qui peut paraître anodine mais qui revient plus souvent que vous ne le croyez. D’ailleurs pas forcément explicitement, mais les gens ayant tendance à avoir une réticence concernant cette mégapole, encore trop souvent à tort qualifié de « trop bruyante », « trop polluée « , seront du genre à privilégier les îles du sud pour se reposer ou sinon partir direct explorer les montagnes du nord.
Cela vaut-il vraiment le coup de s’arrêter sur Bangkok ?
Personnellement, ce genre de remarque m’étonne toujours, car cela revient à dire « devrais-je visiter la France en zappant Paris ? », parce que oui, la comparaison, c’est tout à fait ça.
Comment imaginer visiter la Thaïlande sans sa capitale
En tant que tel, pas juste parce que c’est la capitale, ou même parce que votre avion vous amènera là par défaut en Thaïlande (même si Phuket est une autre possibilité pour arriver ou repartir de Thaïlande) mais bien parce qu’il y a des choses intéressantes à voir.
Au même titre qu’en visitant Paris en France, on voit un des symboles de notre pays qu’est la tour Eiffel ou les Champs Élysées, ici les équivalents seraient le Grand Palais combiné au Wat Phra Kaew (le temple au Bouddha d’émeraude) et les Champs Élysées seraient l’avenue Ratchadamnoen débouchant sur la place Royale de Sanam Luang (elle-même fait face au Grand Palais).


Les multiples visages de Bangkok
Bangkok possède de nombreux autres temples et palais. Je peux citer le Wat Pho, connu pour son Bouddha couché mais aussi pour son école de massage traditionnel thaïlandais réputé. Il y a également, Wat Saket, surnommée « montagne d’or », avec sa vue imprenable sur tout Bangkok, ou encore le classique temple de l’Aurore, le Wat Arun pour ne citer que ceux ci.
Mais au-delà des sites religieux, Bangkok c’est aussi :
- un réseau de canaux, qui lui valait le surnom de « Venise de l’est » (bien qu’aujourd’hui, beaucoup de ces canaux ont disparu au profit de nouvelles routes),
- de nombreux marchés, ceux alimentaires bien sûr, qu’on peut croiser un peu partout dans la ville, les marchés du weekends comme Chatuchak ou les marchés flottants (sauf Damnoen Saduak, mais qui n’est pas à Bangkok même), ou d’autres univers comme Bobae pour les vêtements, ou « pak khlong talat », le superbe marché aux fleurs à proximité du premier pont de Bangkok (Memorial Bridge),
- les nombreux quartiers aux atmosphères complètement différentes :
- Rattanakosin, coeur historique de la ville
- Chinatown, qui regroupe aussi les sous quartiers de Song Wat et Talat Noï,
- Kudee Jin, petit quartier sino portugais qui offre un mixage historique et une impression d’être dans un petit village
- Siam, quartier commercial et shopping par excellence
- Sukhumvit, le quartier « expat » et moderne, où le visage du Bangkok du XXIIe se dévoile,
- Et bien sûr, toutes les petites rues de Bangkok pour découvrir le rythme de vie à la thaïlandaise (les locaux traînent souvent dehors) et qui fait de Bangkok cette ville « vivante », grouillante même.
Des coins de verdure pour souffler un peu
Bangkok n’est pas juste qu’une succession de zones urbaines denses, elle ne manque pas non plus d’endroits où s’éloigner rapidement de l’agitation. En plein centre, on trouve de grands parcs comme Lumphini ou Benjakitti, qui offrent déjà une vraie coupure, avec de grands espaces verts, des lacs et des chemins de promenade.
On peut aussi y inclure les « pockets parks » dont beaucoup se trouvent dans la vieille ville. Mais pour changer davantage d’ambiance, il suffit parfois de traverser le fleuve. Bang Kachao, surnommé le « poumon vert » de Bangkok, permet de se retrouver en quelques minutes au milieu des plantations, petits chemins et villages, idéal à parcourir à vélo.
Dans un autre registre, Ko Kret offre aussi une vraie parenthèse hors de la ville, tout en étant à côté. Entre petits temples, ateliers de poterie môn et balades tranquilles au bord du Chao Phraya.
Bangkok n’est pas qu’une mégapole étouffante
Bangkok a cette réputation d’être « grouillante ». Évidemment, on parle d’une grande ville de 8 millions d’habitants (parfois plus selon les estimations). Donc si vous vous rendez dans certains quartiers, à certains horaires, vous ne serez pas tout seul à traîner dehors et la circulation pourrait s’avérer particulièrement intense.
Mais, cela concerne précisément des endroits et moments de la journée en particulier. Toute la ville, qui pour rappel fait 1 500 km², n’aura pas ce même visage. Il existe des coins pas forcément éloigné mais restant peu touristique tout en restant intéressant.
Je l’évoquais à l’instant, le quartier sino portugais de Kudee Jin, pourtant situé juste en face du marché aux fleurs, en est un bon exemple. Traînez dans les petites rues pourtant au coeur de la vieille (quartier Rattanakosin) et vous devriez être relativement peinard.
Ensuite certes, Bangkok est régulièrement en proie à des bouchons monstres, mais localisé et pas non plus toute la journée. Je conduis à Bangkok, je peux vous garantir que non seulement ça circule bien des fois, mais surtout, que ça s’améliore avec les années.
Enfin, en fonction de la période de l’année, oui, Bangkok est sujette à une importante pollution, mais pour autant ce n’est pas toute l’année non plus et d’autres villes du pays (Chiang Mai en tête) sont confrontées à ce même fléau.

Je pense vraiment que certaines personnes découvrant pour la première fois la chaleur humide des tropiques ressentent une forme d’étouffement qu’elles associent parfois un peu trop vite à la pollution.
→ Pour se renseigner concernant les niveaux de pollution, vous avez l’indice de qualité de l’air sur ce site.
Une ville qui se vit autant qu’elle se visite
Bangkok ne se résume évidemment pas à ses temples et ses monuments. Une bonne partie de son intérêt est justement dans ce qui se passe entre deux visites : les vendeurs de rue, les petits marchés de quartier, les restaurants installés sur un coin de trottoir ou les food courts où l’on peut manger correctement pour quelques dizaines de bahts.
Vous trouverez partout des fruits frais, des soupes de nouilles, du riz sauté, des brochettes, du poulet grillé ou une quantité difficilement résumable de plats thaïlandais. Quant aux fameux insectes, que l’on associe parfois à la street food de Bangkok, ils existent bien mais restent finalement assez anecdotiques.
Et puis il y a le shopping, autre facette difficile à ignorer de Bangkok. La ville aligne aussi bien d’immenses centres commerciaux parfois franchement labyrinthiques que des marchés spécialisés et des petites boutiques de quartier.
Siam concentre une bonne partie des grands malls modernes, tandis que Chatuchak reste une valeur sûre le week-end si vous aimez fouiller parmi les vêtements, objets déco, souvenirs et à peu près tout ce qu’on peut imaginer.
Bangkok peut fatiguer, surtout lors d’une première arrivée en Thaïlande. Elle est immense, parfois bruyante, chaude, chaotique et pas toujours très simple à appréhender. Mais c’est précisément aussi ce mélange qui fait son intérêt.
Alors faut-il visiter Bangkok ? À mon sens, oui, et pas simplement parce qu’il serait dommage de contourner la capitale.
Accordez-lui au moins deux ou trois jours et vous aurez déjà le temps de découvrir ses grands classiques, mais aussi de vous éloigner un peu des circuits les plus évidents. Pour organiser cette première découverte, je vous renvoie justement vers mon guide pour visiter Bangkok en deux ou trois jours.















