Après les incontournables Chiang Mai et Chiang Rai, Nan a été la ville suivante du Nord que j’ai découverte à mes débuts en Thaïlande. Il m’a pourtant fallu de nombreuses années avant d’avoir l’occasion d’y retourner.
La ville conserve encore de nombreuses traces de son héritage lanna, avec d’anciennes maisons en bois liées à la noblesse locale et des temples qui ont traversé les siècles. Moins animée que Chiang Mai, Nan reste une petite ville qui se visite assez rapidement, et qui sert souvent davantage de point de passage ou de base pour explorer la région alentour, plutôt que d’endroit où s’installer plusieurs jours.
Pour autant, si elle fonctionne bien comme porte d’entrée vers les montagnes environnantes, Nan se prête aussi très bien à une immersion plus simple dans le quotidien du Nord de la Thaïlande. À pied ou à vélo, la ville se parcourt facilement, même si certains sites plus éloignés nécessitent évidemment un moyen de transport.
Les temples notoires à Nan
La Thaïlande est connue pour ses nombreux temples en tout genre, et Nan ne fait pas exception. Évidemment, le but n’est jamais de voir tous les temples : il y en a tout simplement trop (des dizaines rien qu’en centre-ville), et l’effet de répétition en rebuterait plus d’un.
Comme à chaque destination, le but est de cibler les plus intéressants, parce que même si on a tendance à voir des temples tous les jours, l’architecture, les styles et les particularités propres à chacun sont telles que je ne m’en lasse pas (bon, et puis faut bien que je vous fasse un topo aussi).


Même si beaucoup, à Nan, sont anciens, avec des structures s’étalant du XVe au XIXe siècle pour les rénovations les plus récentes, je vais surtout m’attarder sur ceux qui méritent plus qu’un simple coup d’œil. Ceux que je ne détaillerai pas ici sont parfois photogéniques, comme le Wat Hua Khuang et sa belle bibliothèque d’écritures (ho trai).
D’autres sont plus anecdotiques, comme le Wat Suan Tan, datant du XIVe siècle, devant lequel on passait au coucher du soleil.
En centre-ville
Wat Phumin
On commençait tout naturellement par le temple devenu, avec le temps, le véritable site vitrine de Nan. Ce n’est pourtant pas le plus ancien, mais plutôt la finesse des peintures murales qu’il abrite qui attire.
C’était d’autant plus un plaisir d’y revenir que, lors de ma première visite, on avait dû composer avec la frustration — toujours un peu aléatoire en voyage — d’un site alors largement recouvert d’échafaudages, en pleine rénovation extérieure.
C’est à vélo, prêté par notre guesthouse, que l’on s’y rendait ce matin-là, en moins de dix minutes. Le temple, toujours actif, ne demande à ce jour pas de droit d’entrée, mais comme souvent, une donation est bienvenue.
On optait pour l’achat d’un petit bouquet de fleurs, déposé à l’intérieur dans les paniers mis à disposition, où d’autres visiteurs avaient fait de même avant nous.





Le Wat Phumin a été fondé en 1596 par le souverain de Nan de l’époque, Chao Chetbut Phrommin, dont le nom du temple actuel est directement dérivé. En 1704, il subit les foudres de l’armée birmane, comme le reste de la ville, alors très fortement endommagée.
Le temple ne fut restauré qu’entre 1867 et 1875, période à laquelle datent les peintures faisant aujourd’hui sa renommée.
Réalisées par des artistes de l’ethnie Thai Lü (ou Tai Lue), présente dans la région, les fresques de l’ubosot incluent la désormais célèbre peinture appelée Pu Man Ya Man, ou « le couple chuchotant ». Si certaines façades ont souffert de l’humidité liée aux inondations successives, les peintures encore bien visibles restent particulièrement colorées.


L’ensemble forme une sorte de livre géant, mêlant scènes de la vie quotidienne de la fin du XIXe siècle, représentations de la vie de Bouddha et de la mythologie qui l’entoure, mais aussi des images plus légères de la faune et de la flore locales.





Au centre trône un quatuor de statues de Bouddha, autre particularité du Wat Phumin. Contrairement au plan rectangulaire classique avec un autel unique au fond, l’ubosot adopte ici une forme en croix : chacune des quatre entrées de l’édifice faisant donc face à une statue.


À l’extérieur, le temple se distingue également par la présence du naga, le serpent mythologique indissociable des temples du bouddhisme theravāda et gardien des lieux sacrés, mais avec une subtilité architecturale propre à Wat Phumin — voire deux. Le naga n’est présent que sur l’axe nord-sud, avec sa tête au nord et sa queue au sud.
L’édifice est ainsi conçu de manière à suggérer que le serpent soutient le temple sur son dos. Autre particularité : la présence d’une arche sous le naga.


Passer en dessous marque symboliquement le passage de l’espace profane à l’enceinte sacrée du temple, placée sous la protection bienveillante de ce gardien mythique, étroitement lié à l’eau et à la purification.
En dehors de l’ubosot, le temple abrite aussi une structure atypique rappelant un igloo — un bâtiment circulaire que l’on peut également apercevoir au Baan Dam Museum à Chiang Rai — et qui présente une scénette illustrant la vision bouddhiste de l’enfer.


Enfin, comme tout site touristique à Nan, il n’est pas rare de croiser autour du temple quelques marchands ambulants ou des cyclopousses en attente. Ce mode de transport subsiste encore dans la ville, là où les tuk-tuk sont quasiment absents.
À noter : le centre d’informations touristiques (Tourist Information Center) se trouve juste en face du Wat Phumin.
Depuis ce dernier, vous avez un système de tram au tarif imbattable (30 bahts). Les rames effectuent une grande boucle autour des principaux temples de la ville, deux fois dans la matinée, puis une plus petite boucle deux fois dans l’après-midi. Pour éviter la contrainte d’horaire, il est possible de privatiser un tram (1 000 bahts).


Wat Phra That Chang Kham Worawihan
Pratiquement en face se trouve ce temple au nom à rallonge, parfois raccourci en Wat Chang Kham, en référence aux sculptures d’éléphants qui soutiennent son chedi (la traduction de « Chang Kham »).
C’est d’ailleurs la pièce maîtresse de ce temple, plus ancien que son voisin. Construit en 1406, c’est la plus vieille structure du site, et l’une des plus anciennes de Nan.


Mais lorsqu’on pénètre dans l’enceinte du temple, c’est d’abord le viharn qui se présente au bout de l’allée, laquelle était ce jour-là agrémentée de rangées d’ombrelles et de lanternes colorées.
L’extérieur est en très bon état et arbore un style lanna, reconnaissable entre autres à ses couleurs chatoyantes, ses colonnes décorées et la présence de lions gardiens (singha) à l’entrée.


À l’intérieur, le poids des années est plus marqué. Sur les façades, d’anciennes fresques du XIXᵉ siècle sont encore partiellement visibles, mais beaucoup ont été recouvertes de chaux lors de rénovations effectuées au siècle dernier.
L’image principale est une large statue de Bouddha assise, de style lanna, nommée Phra Chao Luang. De part et d’autre, plus discrètes car bien plus petites, se trouvent deux anciennes statues de Bouddha debout dans le style de Sukhothaï, fondues en 1426. Derrière cet ensemble, on peut encore distinguer les peintures murales.


À côté du viharn se trouve un autre grand bâtiment. Si vous êtes déjà familier des temples thaïlandais, on pourrait facilement l’imaginer être l’ubosot vu de l’extérieur. Sauf que non… il s’avère qu’il s’agit du plus grand ho trai de Thaïlande.
Le ho trai est d’ordinaire la bibliothèque religieuse du temple, qui conserve ce que l’on appelle le Tripitaka, les écritures contenant les enseignements du Bouddha. Bien qu’il ne serve plus de bibliothèque, l’intérieur du bâtiment trahit son ancienne fonction par son étroitesse inhabituelle.
Plutôt que de conserver une salle vide, on y trouve aujourd’hui une rangée de présentoirs accueillant 12 chedis miniatures. Selon une tradition du Nord de la Thaïlande, 12 chedis majeurs sont associés aux 12 signes du zodiaque lunaire.


Les fidèles ont pour habitude de se rendre au chedi correspondant à leur année de naissance afin d’y faire des offrandes et d’accumuler du mérite. Ici, ils peuvent simplement faire une offrande grâce au coffret présent sous chaque présentoir.
Pour en revenir au chedi, que l’on va voir de plus près derrière le viharn, il mêle styles Sukhothaï (bonjour les éléphants tout autour) et lanna. Son sommet est couvert de plaques dorées, brillant de tout leur éclat sous cette belle journée ensoleillée dont on profitait.
Plus discret, à l’arrière, au pied de sa base carrée, se trouve une petite salle de prière contenant un Bouddha entouré de deux novices.
Enfin, un peu à l’écart derrière l’ensemble, on retrouve la dernière pièce que l’on rencontre habituellement dans un temple : un petit ubosot, dont la façade est richement décorée au niveau du fronton.

Au même titre que le Wat Phumin, je reviendrai à ce même temple le lendemain matin, alors tout vide et tout calme. Pas du tout la même vibe, plus serein, et j’ai mieux apprécié les détails à l’intérieur du viharn.




Wat Ming Mueang
Situé à 300 m du Wat Phumin, vous avez le Wat Ming Mueang. De construction plus récente, 1857 pour être exact, son emplacement n’est pas un hasard puisqu’il se trouve sur celui de l’ancien pilier de la ville de Nan et acte ainsi comme sanctuaire du pilier de la ville (City Pillar Shrine).
Ce dernier est abrité sous une structure ouverte sur les côtés, placée devant l’ubosot du temple. Le blanc prédomine et, avec les sculptures et bas-reliefs recouvrant les édifices, l’ensemble a un petit air de Wat Rong Khun de Chiang Rai (bon, vite fait hein).


Le pilier sacré (chargé de protéger la cité des catastrophes), haut de 3 mètres, possède une base en bois sculpté, ornée de motifs laqués et dorée à l’or fin.
Sa particularité surtout, c’est son sommet sculpté à l’effigie de Brahma, le dieu créateur et figure centrale de l’hindouisme, souvent représenté — comme ici — avec quatre visages (chacun ayant un nom : Metta, Karuna, Mutita et Ubekkha).

L’ubosot est plus récent, car il a remplacé l’ancien en 1984. Le hall est orné sur ses murs extérieurs de sculptures en plâtre illustrant classiquement la vie du Bouddha, avec un twist… car derrière, on peut aussi reconnaître un bon vieux dinosaure, sans que j’en connaisse la raison, si ce n’est une fantaisie des artisans de Chiang Saen qui ont œuvré sur ce temple.
À l’intérieur, des peintures murales aux couleurs vives illustrent le mode de vie d’antan des habitants de Nan. Pas un immanquable à Nan, mais ça a son charme.





En périphérie de Nan
Wat Phra That Khao Noi
Situé sur une petite colline à seulement 1 km du centre, le Wat Phra That Khao Noi est le spot pour dominer Nan ! D’ailleurs, son nom n’est pas très recherché puisque phra that signifie tout simplement « relique sacrée » et khao noi, petite colline.
C’est typiquement l’exemple de temple où l’on ne vient pas spécifiquement pour le bâtiment en lui-même, mais pour profiter de son emplacement dominant. C’est d’ici que vous pourrez obtenir un cliché souvenir de Nan, avec une grande statue de Bouddha marchant, de style Sukhothaï, dressée sur un piédestal circulaire, qui domine la vallée.


Pour l’anecdote, on s’y rendait le soir avec Jitima, en conclusion de notre journée de visite ensemble ; le lendemain, elle devait repartir à Bangkok pour le boulot. Et même si Nan est petite, comme souvent en Thaïlande, il y a un aéroport, dont on distingue la piste depuis la colline du Wat Phra That Khao Noi.
Comme j’ai de toute façon dû me lever pour aller la déposer, j’ai donc rejoint le temple de bon matin pour voir ce que ça donne ici avec une lumière matinale, mais aussi pour faire « coucou », attendant l’heure du départ de Jitima afin de voir son avion décoller, passant devant la fameuse statue surplombant la ville.

Sinon, concrètement, le site comprend un grand chedi blanc datant de la fin du XVe siècle, mêlant les styles birman et lanna. D’importantes rénovations ont eu lieu entre 1906 et 1911, date à laquelle l’ubosot en T qui se trouve aujourd’hui devant le chedi a été ajouté.
Et avant même de lire l’info en faisant mes recherches pour rédiger cet article, j’aurais pu deviner la patte des artisans birmans qui ont participé à cette construction, tant la statue conservée à l’intérieur en trahit les origines.





Sinon comme souvent pour ce genre de temple en Thaïlande, vous pouvez aussi bien vous y rendre directement par la route menant au sommet, mais si vous préférez la version « spirituelle », vous avez des escaliers au pied de la colline qui mène à côté de la plateforme au Bouddha debout.


Wat Phra That Chae Haeng
Je fais une grosse ellipse temporelle pour ce temple, puisque je l’ai visité avec mes parents il y a une dizaine d’années déjà… Également situé sur une petite colline, il est à l’opposé du précédent temple, à 2 km au sud-est en sortie de la ville.
Fondé en 1355, il est considéré comme le plus important de la ville. On peut presque le deviner en arrivant, puisqu’une large allée bordée de naga mène à la terrasse située devant le cœur du monastère.

Avant même de pénétrer le cloître au milieu duquel se trouve le vieux chedi, plusieurs bâtiments composant le temple se trouvent à l’extérieur de l’enceinte fortifiée. On peut ainsi y voir un chedi blanc, que je pense être de style birman. Sur le côté gauche se trouve un bâtiment assez sobre de l’extérieur, abritant un beau Bouddha couché doré.
Devant le cloître se trouve un bel arbre de la bodhi ainsi qu’un petit ubosot. Il y a un deuxième ubosot, moderne mais avec son charme grâce à son toit à deux niveaux et son pignon en bois.





La cour où se trouve le chedi inclut un grand viharn de style Thai Lü, gardé par deux lions blancs. Malheureusement, ce dernier était alors en rénovation, donc son toit était recouvert de tôles.
À l’intérieur, on y avait vu de nombreuses statuettes de mini-Bouddha mises de côté, qui en temps normal sont disposées tout autour du hall, entre le haut des murs et la toiture. Toujours dans la cour, on y trouve un mondop, avec un toit cruciforme et un espace ouvert sur les côtés.


Au milieu, quelques statues et une « empreinte » (figurative) de Bouddha. Le chedi, enfin, culmine à 55 m et est entièrement recouvert de plaques dorées. Son aspect actuel, reposant sur une base carrée, fait suite à une reconstruction par dessus l’original, datée de 1610. Il abrite une relique du Bouddha ainsi que des tablettes votives en argent et en or.
Lorsqu’on le visitait, on était quelques jours avant Songkran, période de vacances scolaires, donc il y avait pas mal de monde.





Patrimoine & maisons historiques
Khum Chao Ratchabut
Construite en 1866, cette maison en teck de deux étages est bâtie par le prince Maha Phrom Suratthada, d’où son appellation de « résidence du prince », ou même « maison du roi de Nan », puisqu’il deviendra par la suite le 64e et dernier souverain de la ville.
En 1903, lorsque le nouveau palais royal est construit (qui deviendra l’actuel musée national), Chao Maha Phrom Suratthada offre la maison à l’un de ses fils, Mokfa Na Nan, comme résidence nuptiale. Ce dernier obtient alors le titre de Chao Ratchabut, d’où le nom actuel de la demeure.
La maison, dans sa version actuelle, est une reconstruction datant de 1941. Elle appartient toujours à ses descendants : Chao Watsana Na Nan, l’aîné, et Chao Sompratthana, qui, en prenant sa retraite, est revenue vivre à Nan et entretient depuis la maison familiale. C’est même elle qui, si elle est présente, effectue les visites en personne.
Évidemment, lorsqu’on est seul, c’est un peu délicat de franchir le portail à l’entrée, car on a l’impression de venir chez les gens. Ça reste le cas, mais la maison est libre d’accès donc n’hésitez pas !
On est tombé au bon moment car la propriétaire entamait une visite avec un groupe de Thaïlandais de visite comme nous dans la demeure.


C’est assez particulier aussi, car la maison est restée en l’état : on se situe donc à mi-chemin entre un musée vivant et une bulle temporelle, témoignant de la vie de la noblesse de Nan.
Au rez-de-chaussée, c’est un ancien salon et salle à manger. De nombreuses photos décorent les murs et une collection d’objets en tout genre parsème les lieux, j’y verrais même un bouteille de cognac bien de chez nous (jamais ouverte en plus…).


À l’étage, Chao Sompratthana se pose dans une grande pièce avec encore des photos un peu partout et une vitrine avec un beau costume d’apparat pour des cérémonies officielles. Elle y racontera là plusieurs anecdotes sur la vie de sa famille, avec son public très assidue face à cette forme de proximité avec la noblesse.

À l’arrière, reliés par une terrasse en bois, se trouvent les anciennes cuisines et les quartiers des domestiques. On ne verra pas plus car tout une aile de la maison n’est pas ouverte au public.

Nan Noble House
Autre maison d’importance historique, elle est simplement nommée en anglais « maison d’un noble de Nan », comme je l’ai mis en titre. Les Thaïlandais, eux, la connaissent sous le nom de son précédent propriétaire, Hong Chao Fong Kham (Hong signifiant maison noble), Chao Fong Kham l’ayant héritée de Chao Si Bun Ma, de la lignée royale de Nan.
Certaines sources évoquent une maison de 150 ans quand d’autres avancent ses deux siècles d’existence. L’un dans l’autre, c’est un bel exemple de résidence en teck sur pilotis, typique de l’architecture lanna, composée de plusieurs bâtiments en bois interconnectés par une terrasse.

L’avantage de ces maisons, dont j’ai déjà vu une configuration similaire à Lampang, est qu’elles sont assemblées sans clous. Il est donc facile de les démonter pour les réassembler.
Je précise cela car c’est le cas ici : la maison se trouvait à l’origine à une centaine de mètres derrière un temple du quartier, puis a été déplacée à cet emplacement, en étant légèrement « modernisée » au passage par l’utilisation de tuiles en terre cuite à la place des traditionnels bardeaux de bois.

Ces bâtiments abritent différentes pièces, dont des chambres, un salon, une salle de prière et une cuisine, et l’ensemble est superbement entretenu et présenté comme s’il était encore habité par ses premiers propriétaires, offrant une véritable vitrine sur le passé.
L’actuelle propriétaire, fille de Chao Fong Kham, a d’ailleurs été récompensée à deux reprises pour ses efforts de préservation par un comité de l’Association des architectes siamois.





Répartie dans les différentes pièces, l’exposition comprend également des objets du quotidien tels que des meubles, des ustensiles, de l’argenterie et des textiles, mais aussi des collections de billets de banque et de pièces anciennes, ainsi que divers objets anciens comme des tambours en bronze, des épées ou des tissus tissés, entre autres.
Enfin, sous la maison, l’espace est aménagé et sert de lieu de démonstration pour le tissage, le filage du coton et la broderie, en plus de permettre l’achat de tissus et de productions issues de leur atelier.


Outre les visites touristiques individuelles, la maison peut accueillir des groupes ou organiser des ateliers culturels tels que des cours de tissage, de teinture ou de cuisine traditionnelle, donnant comme une sorte de seconde vie à cette demeure.
Autres bâtisses notables
Si vous aimez les vieilles maisons ou les bâtiments anciens, il en existe plusieurs autres. Je ne détaille pas plus, car certaines ne sont visibles que de l’extérieur et puis bon, je n’ai pas tout visité non plus.
- Khum Chao Thep Mala : une maison en teck sur pilotis, dont l’allure me rappelle fortement le style de la Baan Than Khun, une maison similaire qui se trouve en face du Wat Mahathat de Nakhon Si Thammarat, à quelque 1 400 km de là. Pour l’anecdote, en faisant mes recherches pour cet article, j’ai vu que cette maison a été vendue récemment (2 millions de dollars !).
- Thananuson Royal House : située juste en face du Wat Phumin, c’est une maison surélevée en bois, d’aspect plus modeste. Elle aurait appartenu à Luang Thananusorn, un haut dignitaire, plus précisément agent du Trésor provincial de Nan. Du peu d’infos que je trouve, elle daterait de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. L’intérieur ne se visite pas, mais la cour est libre puisqu’elle accueille un café de la marque Amazon (le Starbucks local).

- Rangsi Kasem Building : situé dans l’enceinte de l’école Nan Christian School, c’est un bâtiment de style colonial occidental, et pour cause, il a été bâti entre 1915 et 1916 par des missionnaires américains. Après le départ de ces derniers, l’école s’est transformée en musée racontant l’histoire du lieu. À côté, vous trouverez par ailleurs une petite église (Prasitthiporn Nan Church). Dans une autre zone, à environ 500 m de là, liée à cette même histoire, j’ai vu un autre bâtiment de style colonial, reconnaissable à sa façade rouge (un panneau indique simplement « Lincoln Academy » au-dessus de la porte).

- Nan National Museum (ancien palais royal) : je me devais de terminer cette section par ce bâtiment, puisqu’il s’agit, comme je l’évoquais plus haut, de l’ancien palais du dernier roi de Nan, Chao Maha Phrom Suratthada.
Un édifice de style occidental mêlé d’influences locales, aujourd’hui transformé en musée, il présente des objets liés à la royauté locale, à l’histoire de la province et aux différentes ethnies de la région. Même sans le visiter, le bâtiment mérite un coup d’œil pour son architecture, et l’on profite au passage d’une belle allée d’arbres longeant la rue. De plus, il se trouve juste en face du Wat Phra That Chang Kham, et donc non loin du Wat Phumin.


Balades & ambiance
Old City Wall
En évoquant les anciennes fortifications, c’est surtout pour moi l’occasion d’aborder brièvement l’histoire de Nan, qui se démarque un peu.
En effet, la ville prend son essor au milieu du XIVe siècle, lorsque plusieurs bourgs s’unissent pour s’installer sur la rive de la rivière Nan, donnant naissance à la nouvelle capitale de Nanthaburi, son nom d’origine.
Cela se fait dans le contexte du royaume naissant de Lan Xang (actuel Laos), avec la fondation de Luang Prabang, et alors que Nan cherche à rivaliser avec la capitale locale d’alors, Pua. Sous le nom de Wara Nakhon, le petit royaume est d’abord lié au puissant royaume de Sukhothaï.
Relativement isolée entre les montagnes, Nan bénéficia d’un statut de capitale semi-indépendante, devenant connue sous le nom de Chiang Klang (« la ville moyenne ») lorsqu’elle passa sous l’influence du royaume lanna au XIVe siècle, à la suite du déclin de Sukhothaï.
C’est à cette période que les premières fortifications sont édifiées. Tout comme le Lanna, la région passe ensuite sous contrôle birman du milieu du XVe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Nan retrouvera une semi-autonomie jusqu’en 1931, date à laquelle elle est pleinement intégrée comme province du Siam, peu avant que celui-ci ne devienne la Thaïlande.

La version des murs visible aujourd’hui est toutefois tardive puisque, suite à une grosse inondation en 1817 détruisant ce qui n’était alors qu’une palissade en bois entourant la ville, l’enceinte ne fut reconstruite qu’en 1885, en brique cette fois.
À l’origine, cette ceinture de briques s’étalait sur 3 600 m, dont il ne reste aujourd’hui qu’une portion rénovée d’environ 415 m. On peut y voir une similitude avec les structures similaires que l’on trouve notamment à Chiang Mai.
Cette section est visible directement depuis le bord de la route si vous longez la même artère que celle passant à côté du Wat Phumin, en vous rendant vers le Night Market ou le Wat Suan Tan, situé 500 m plus loin.
Balade à vélo le long des berges de la Nan
C’est alors qu’on se dirigeait vers la Nan Noble House qu’on décidait de longer les « quais ». Oui, je mets des guillemets, car ce ne sont pas des quais aménagés comme on en trouve souvent dans les villes traversées par une rivière, avec restaurants et cafés en terrasse, voire des parcs.
Ici, rien de tout ça… Juste une route plutôt déserte qui longe le cours d’eau. La rive en face a l’air tout aussi calme. La rivière est assez basse et les berges, assez large au demeurant, sont aménagées par endroits avec des jardins improvisés, les habitants profitant d’un sol riche en minéraux.

On peut voir quelques personnes vaquant à leurs occupations, notamment des gamins profitant du cours d’eau tranquille pour s’y baigner.
On espérait toutefois y trouver un restaurant, ce qui était le but premier de ce passage. J’en avais repéré un, mais il était fermé ce jour-là… On a donc dû se rabattre sur une rue perpendiculaire en revenant légèrement sur nos pas (je vous mets l’adresse sur la carte à la fin).
Dans notre cas, on a surtout longé la partie nord, proche de la Noble House, mais il existe quand même une zone où sont regroupés plusieurs cafés, restaurants et même un bar ouvert le soir, le long des berges (placée sur la carte).


Rat Phatdu Fresh Market
C’est plus un repère visuel qu’un lieu que j’ai vraiment « visité ». Toutefois, je vous invite à y jeter un œil : c’est toujours dans ce genre d’endroits qu’on peut capter des scènes intéressantes du train-train quotidien.
Ce que j’ai fait en revanche, c’est traîner dans les parages de bon matin (et vite fait le soir aussi), essentiellement le long de la rue Sumon Thewarat.


Moi qui aime l’architecture en général, j’ai bien aimé la variété des bâtiments qui agrémentent cette artère. Tantôt une maison ressemble à un chalet, d’autres sont plus typiques du style béton des années 50.
En poussant plus loin, on tombe sur un sanctuaire chinois, mais surtout sur une zone avec pas mal de devantures en bois, des façades de boutiques à l’ancienne, et même un cyclopousse passant par là en bonus.





Une ambiance d’antan, avec une lumière matinale : typiquement le genre de visuels intéressants pour capturer l’essence d’une petite ville de province comme Nan. Si vous êtes un peu familier de la Thaïlande (et de l’Asie du Sud-Est en général), vous remarquerez peut-être un petit quelque chose qui « manque ».
Regardez attentivement les photos, ça manque un peu de câbles 🙂 Et oui, Nan a fait du ménage sur ses principaux axes, donnant un rendu visuel que certains pourraient trouver « ennuyant » ou moins asiatique, comme vous voulez, mais moi j’aime d’autant plus comme ça, qu’on peut justement mieux apprécier l’architecture, moins bouchée par les pâtés de câbles qui ornent encore beaucoup de rues, ne serait-ce qu’à Bangkok.





Si Mueang Park
Petite visite optionnelle, qui a surtout son intérêt en fin d’après-midi, puisque c’est l’heure où les locaux fréquentent les parcs (ou tôt le matin ; autrement, il fait trop chaud en journée).
On y croise des étudiants sortant des cours, des gens qui vont faire leur footing et parfois des séances de zumba publiques, assez courantes en Thaïlande. Le jour où j’y étais, c’était plutôt désert, mais ça n’enlève rien au cadre, d’autant que j’avais droit à un beau coucher de soleil donnant sur le Wat Ku Kham, juste de l’autre côté de la route.
Le parc est articulé autour de deux bassins. C’est d’ailleurs plus un « pocket park » qu’un « vrai » parc, mais je vous invite d’autant plus à y faire un tour que, depuis mon passage, il a été entièrement rénové, ajoutant une touche de modernité et incitant davantage à s’y prélasser le temps de souffler un coup.


Nan Walking Street
Ouvert du vendredi au dimanche — 16 h 00 à 21 h 00
Je termine cet article par ce qui pourrait parfaitement clôturer une journée à Nan, si tant est que vous y séjourniez un week-end. La rue passant devant le Wat Phumin devient piétonne le temps de quelques heures, et vous y trouverez un large choix de nourriture, de desserts et de produits artisanaux.
Le concept est d’autant plus sympa ici que la grande place qui jouxte le Wat Phumin, que vous pourrez admirer au passage avec ses éclairages nocturnes, est transformée en vaste espace de pique-nique, ainsi qu’un autre carré d’herbe de l’autre côté de la rue.


Vous prenez ce que vous voulez auprès des marchands dans la rue, puis vous pouvez vous installer sur les tapis avec tables en osier que tout un chacun peut utiliser pour manger là, à l’air libre.
Même si ce ne sera pas le même cadre et un concept plus « classique », pas d’inquiétude si vous êtes à Nan en semaine : vous avez aussi un night market (placé sur ma carte), ouvert tous les jours, tout près du Wat Suan Tan.





Comment se rendre à Nan
Nan n’est pas desservie par le train, mais si vous privilégiez ce mode de transport, la gare la plus proche est celle de Den Chai, à environ 2 h 30 de Nan. Depuis Den Chai, vous avez des bus réguliers pour rejoindre la ville :
Sinon, les principales options pour y accéder sont l’avion depuis Bangkok ou les bus depuis les grandes villes des environs comme Chiang Mai, Chiang Rai ou Phitsanulok. Voici quelques infos utiles pour planifier votre arrivée :
Avion (Bangkok ⇆ Nan)
Il existe des liaisons aériennes régulières entre Bangkok (aéroport Don Mueang – DMK) et Nan (Nakhon Airport – NNT).
- Compagnies : Thai AirAsia, Nok Air
- Durée du vol : environ 1 h 15
- Tarifs indicatifs : ~1 200 à 2 000 THB aller simple (env. 30–55 €) selon la période et l’achat anticipé
- Remarques : arrivée à l’aéroport de Nan à ~15 min du centre-ville en voiture/taxi
Les vols au départ de Bangkok sont souvent matinaux ou en début d’après-midi. Les horaires changent selon la saison, donc il est utile de vérifier directement sur les sites des compagnies ou des agences de vols low cost.
Bus (depuis grandes villes proches)
Les bus sont l’option la plus fréquente pour relier Nan depuis le reste de la Thaïlande. Les départs se font depuis les gares routières principales et, pour l’arrivée, vérifiez bien que le terminus soit la ville de Nan (voir illustration ci-dessous), car parfois la destination finale est soit avant (Wiang Sa), soit après la ville (Thung Chang).

- Chiang Mai → Nan :
- Compagnies : GreenBus
- Durée : ~6 h à 7 h
- Tarif : ~600 THB (env. 16 €)
- Confort : sièges standard ou VIP selon le bus
- Bangkok → Nan :
- Compagnies : Nakhonchai Air, Sombat Tour, Bangkok Busline
- Durée : ~10 h
- Tarif : ~700–800 THB (env. 19–22 €)
- Phitsanulok → Nan :
- Compagnies : Sukhothai Thani
- Durée : ~4 h
- Tarif : ~400 THB (env. 10 €)
Alternatives et combinaisons
Minivans fonctionnent parfois entre Nan et d’autres villes intermédiaires, surtout pour les trajets plus courts ou depuis certains points interurbains, mais les horaires sont souvent moins réguliers et il faut vérifier sur place ou via les guesthouses locales.
Vous aurez ainsi des liaisons depuis Lampang, Phayao ou encore Phrae, par exemple. Ces villes serviront généralement de passage lorsque vous poursuivrez votre séjour après Nan.
Où dormir à Nan
À vrai dire, ce n’est pas tant une rubrique pour vous indiquer « où » dormir, dans le sens de tel ou tel quartier, puisque Nan étant petite, il n’y a pas vraiment d’intérêt à cibler ailleurs que le centre… Avant de vous donner mon pied-à-terre habituel, voici quelques bonnes références en alternative :
- Khum Muang Min Boutique Hotel : un hôtel à deux pas du Wat Phumin, pile dans l’esprit « vieille maison » de Nan.
- Huen Rim Nan : une guesthouse familiale située le long des berges de la rivière Nan.
- Villa Mahaphrom Hotel : à 500 m du musée national, très bel hôtel, moderne et tout confort.
L’hôtel où je suis resté était le même que lors de ma précédente visite à Nan. Cela m’a permis de constater l’évolution des prix, mais aussi l’évidente montée en gamme qui se généralise en Thaïlande.
À titre de référence, la première fois j’avais pris deux chambres pour trois nuits, ce qui m’avait coûté 76 $. Lors de ce dernier séjour, pour trois nuits également mais UNE seule chambre, cela m’a coûté 100 $ !
Srinual Lodge
Note : 8,6/10
Budget : à partir de 28€
Situé légèrement à l’écart des principaux points d »intérêts à Nan (1 km), c’est un hôtel qui a su rester à la page et garder un accueil chaleureux. Si la première fois, son côté rustique lui donnait un air presque sinistre, sa renaissance après rénovation lui fait assumer son côté vintage tout en restant moderne.
Je l’avais choisi pour son tarif restant attractif, mais aussi pour les vélos mis à disposition, et point important dans mon cas, le fait d’avoir un parking !





